Adil Rais, Président de Siprof SA, de Plastex Maroc, de la CGEM de Tanger Tetouan al Hoceima

Adil Rais, Président de Siprof SA, de Plastex  Maroc, de la CGEM de Tanger Tetouan al Hoceima

« L’entreprenariat n’est pas valorisé à sa juste mesure au Maroc. Il faut une réelle révolution des cultures pour changer la situation »

Très connue aujourd’hui par les professionnels de l’automobile au Maroc, et à l’international Siprof prend ses racines dans quelle région ?

SIPROF a été créée en 1980 par le groupe ABEX (Un groupe repris juste après par Federal-Mogul). L’objectif initial de l’entreprise consistait à couvrir le marché marocain et plus généralement maghrébin.

Quelles ont été les grandes étapes de Siprof ?

A partir de 2010, Siprof s’est déployé en Europe, en Afrique et au Moyen Orient. Elle fournit toujours ses produits non seulement à la rechange mais aussi à la première monte.

Peut-on choisir de ne produire que pour la seconde monte ou pour la première monte ?

Les 2 sont indispensables pour un industriel des composants comme nous.

Quelle est votre stratégie d’entreprise ?

Notre stratégie s’énonce aisément : elle consiste à fournir des produits de freinage (pour le tourisme et le poids-lourd) à hautes prestations aux plus grands donneurs d’ordre mondiaux.

Quels types de produits, propose Siprof à ces donneurs d’ordre ?

L’entreprise fabrique toutes les gammes de produits de freinage (plaquettes de freins, garniture de friction, mâchoires de freins) pour les voitures de tourisme et les poids-lourds.

Comment êtes-vous organisés en termes de matières premières ?

L’ensemble des matières premières sont importés presque exclusivement d’Europe. Non que ce soit un choix, au contraire, nous préfèrerions nous approvisionner au Maroc, cependant l’indisponibilité des matières premières de qualité au Maroc s’avère une réelle contrainte en termes de coûts et de temps.

Dans les pays du Maghreb, il est souvent question de la difficulté pour les industriels de trouver de la main d’oeuvre qualifiée, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Le niveau de l’encadrement intermédiaire et sa disponibilité constitue effectivement une autre contrainte pour l’industrie de haut niveau. Chez Siprof, nous avons la chance de nous appuyer sur un management de très haut niveau, constitué d’ingénieurs en mécanique, en chimie, en procédés industriels, etc… Qui nous permet de garantir à nos clients la qualité de nos produits.

Comment définiriez-vous les atouts de votre entreprise ?

L’usine est équipée des moyens de fabrication les plus modernes (lignes intégrées, automatisation des process, gestion par SI…). Les qualités sont toutes homologuées ECER90 par les meilleurs organismes d’homologation européens.

Dans le même esprit, quelles sont les valeurs que vous développez au sein de l’entreprise

Les valeurs de l’entreprise que nous prônons sont : Qualité, qualité et qualité.

A quel type de concurrence êtes-vous confrontés ?

Tous nos concurrents se trouvent à l’étranger, de l’équipementier de très haut niveau à l’usine bon marché en Inde ou Chine. Nous sommes concurrencés à tous les niveaux.

Comment qualifieriez-vous la formation initiale des jeunes au Maroc ?

Nous devons reconnaître qu’elle laisse beaucoup à désirer. Nous comprenons parfaitement la colère royale.

Appartenez-vous à des groupements professionnels ?

Nous adhérons à l’AMICA, au GIPAM, à la Fédération automobile.

On voit souvent les mêmes entrepreneurs œuvrer dans le secteur automobile, il semble qu’il n’y ait pas de réel renouvellement ou développement de l’entrepreneuriat ?

L’entreprenariat n’est pas valorisé à sa juste mesure au Maroc. Il faut une réelle révolution des cultures pour changer la situation.

Pour vous, la sous-traitance s’apparente-t-elle à un atout ou à un handicap ?

Très clairement, la sous-traitance apparaît plutôt comme un handicap. L’entreprise sous-traitante est toujours à la merci des demandeurs d’ordre.

L’export doit-il être considéré comme une nécessité ou un plus ?

L’export est bien plus qu’une nécessité. Pour un industriel installé sur un petit marché comme le marché marocain, ne pas exporter est une condamnation à mort.

Comment qualifieriez-vous les écosystèmes, plutôt porteurs de valeurs ou de contraintes ?

Les écosystèmes sont vecteurs de valeur bien évidemment, mais on les met à toutes les sauces.

Le Made in Morocco est-il suffisamment exploité ?

Le Made in Morocco est peu valorisé. Nous sommes « habités » par un immense complexe d’infériorité.

Misez-vous sur les partenariats entre entreprises marocaines ?

Les partenariats entre entreprises au Maroc sont difficiles à envisager, et à mettre en place.

Quel est votre avis sur l’exclusivité ?

Une notion dangereuse …

A quels salons internationaux participez-vous ?

Nous participons aux Equip, Auto (Paris et Alger) et à plusieurs Automechanika, notamment.

Quelle est la position de Siprof dans le Maghreb ?

Nous sommes leaders sur le Maghreb. 

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