Alain Monserand, Responsable des ventes pour le Maghreb de NTN-SNR

Alain Monserand, Responsable des ventes pour le Maghreb de NTN-SNR

« La butée de suspension est une pièce un peu oubliée et galvaudée »

Quelle importance revêt la butée de suspension dans l’ensemble des pièces de liaison au sol ?

C’est une pièce qui a un rôle extrêmement important. Certes, la partie inférieure du véhicule est importante, mais la partie supérieure l’est tout autant car c’est là que s’accrochent tous les organes de suspension, où se trouve l’amortisseur. Mais c’est une pièce un peu oubliée et galvaudée. Le taux de changement n’est pas au niveau où il devrait être, notamment par rapport au taux de changement des amortisseurs. Par exemple, en Europe, nous sommes autour de 1 butée pour 3, voire 4 amortisseurs. En Algérie, il en va de même. Cela rajoute à la facture donc il n’y a pas de prévention mais seulement de la réparation. Ceci étant, le marché se spécialise de plus en plus, et ces spécialistes essaient de véhiculer des messages sur ces pièces, de faire de la pédagogie en disant que cela ne sert à rien de changer les amortisseurs si on ne change pas les butées. Mais le ratio de changement n’est pas encore celui de l’Europe…qui y est déjà bas. La prise de conscience a pourtant doucement lieu, d’autant que l’Algérie connaît une très forte accidentologie. De fait, les automobilistes prennent conscience de la nécessité des amortisseurs et de tout leur environnement.

De quelle manière incitez-vous justement les garagistes à intervenir davantage sur cette pièce ?

Pour atteindre le garagiste en Algérie ce n’est pas simple, donc nous touchons davantage l’importateur qui, de plus en plus, a un bon relais sur le terrain, des commerciaux techniques sur place, et un discours de plus en plus spécialisé. Nous mettons également à la disposition des professionnels notre site Internet très complet, ainsi que Tech Info et TechScaN’R. Les professionnels sont assez friands de ces outils et cela fonctionne plutôt bien. Nous diffusons de plus un maximum de documentations techniques même si le relai est plus compliqué qu’en Europe car nous ne disposons pas, sur place, des mêmes équipes dédiées. Il y a donc forcément une perte d’information, d’où l’importance de travailler avec des partenaires qui savent relayer le mieux possible. D’ailleurs les garagistes algériens sont très réceptifs et savent performer assez vite, mieux, je pense, que la rechange constructeur locale. A contrario, au Maroc et en Tunisie, il est plus facile de s’adresser au client final car les intermédiaires y sont moins nombreux.

Quelles sont vos actualités, vos innovations en la matière ?

En réalité, pour nous, innover, ce serait sortir une gamme d’essuie-glace ! Autrement dit, nous ne réagissons pas en termes d’innovation, mais plutôt d’évolution. Or, notre gamme de produits est en évolution permanente puisque nous sommes en phase avec la première monte. Notre travail quotidien est davantage d’élargir nos gammes et de montrer que nous sommes capables d’être présent aussi bien sur d’anciens véhicules comme la 504, que sur des véhicules de dernière génération comme chez Jaguar qui est doté de la toute dernière technologie de billes de roulement en céramique. Et toujours avec une fabrication 100 % française de nos produits, et 40 millions de pièces qui sortent tous les ans de nos usines pour la première monte et la rechange.

   Propos recueillis par Ambre Delage

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