Alex Mungiuri, Vice-Président MEA et Turquie, Schaeffler Automotive Aftermarket

Alex Mungiuri, Vice-Président MEA et Turquie, Schaeffler Automotive Aftermarket

Profitant de la présence d’Alex Mungiuri sur le salon d’Istanbul, nous lui avons demandé de nous livrer quelques réflexions sur l’équipement et la rechange automobile à l’heure des grandes mutations. Et aussi deux ou trois autres petites choses…

La diète pour tout le monde…

« Depuis la crise de 2008, le secteur automobile a grandi ces 10, 12 dernières années sans crise significative. Or, aujourd’hui, non seulement, nous ne grandissons plus aussi significativement, mais, surtout, nous ne sommes pas habitués à une telle situation et nous devons faire une diète. Pour ceux qui ont déjà subi la crise, cela présente un air de déjà vu, mais pour les jeunes d’aujourd’hui, c’est assurément plus anxiogène. »

La consolidation se poursuit…

« Ces dernières années, les consolidations se sont succédées, et vont continuer du côté des fournisseurs, et aussi chez les distributeurs. Les américains, des financiers comme LKQ et GPC, sont venus en Europe acheter des entreprises de distribution, et vont se tourner vers d’autres pays dès qu’ils auront « fini » l’Europe. Après, ils se présenteront dans les pays du Maghreb. Les distributeurs doivent se fédérer pour pouvoir rester indépendants, or cela nécessite de voir émerger de grands distributeurs dotés d’un réel savoir-faire pour engager cette démarche.

Les constructeurs se mobilisent…

L’après-vente automobile évolue rapidement et il n’est pas interdit de croire que les constructeurs automobiles ne vont pas se déployer davantage sur le secteur en achetant des groupements de distributeurs par exemple. Renault l’a fait en France, en Italie, et les constructeurs français s’entourent de professionnels du secteur. Ce n’est qu’un début.

Amazon, Alibaba, no frontiers…

L’Internet ne connaît pas de frontières. C’est pourquoi, on ne peut pas se positionner contre ces plateformes, mais on doit apprendre à vivre avec ces groupes, et voir comment on peut les utiliser positivement. Cela fera partie des canaux de ventes comme les autres, mais la vente stationnaire restera toujours, parce que les services qu’elle peut offrir, la vente par Internet ne peut pas le faire. Les gens ont besoin de know how, or les vendeurs comptoir sont de vrais « catalogues », ils connaissent les spécificités et peuvent diriger les clients. RepXpert a été fondé en ce sens, pour soutenir la vente au comptoir et aider ce canal, distributeur, réparateur, garagiste. Néanmoins, le canal des Amazon et Alibaba prendra une part de marché significative en pro, semi-pro et particuliers. Les fournisseurs comme nous devrons être prêts.

Accompagner le mouvement…

Nous travaillons aussi sur l’e-mobility, avons acquis des startups tandis que, parallèlement, nous avons optimisé les moteurs à combustion.

Schaeffler à Istanbul, pour épauler ses distributeurs …

Nous sommes ici avec nos distributeurs et n’exposons pas en propre, ce qui, si nous le faisions, pourrait être considéré comme une recherche de nouveaux distributeurs. On donnerait, à tout le moins, cette impression. A Istanbul, nous avons le réseau, nous sommes bien connus et nos distributeurs nous représentent parfaitement. Nous disposons d’un centre technique où nous organisons des séminaires. Nous utilisons aussi un atelier dans lequel nous délivrons des formations sur 8 ou 9 boîtes de DSG et ECT, nous effectuons des séminaires pour les garagistes. Nous disposons même de notre propre service de réclamation. Et 9 personnes animent l’activité en Turquie (également en Azerbaïdjan) ! Nos collègues effectuent le tour des garages, expliquent le produit et effectuent des séminaires sur place dans les garages des clients. Pour les DSG, nos techniciens sont venus aider le mécano à le faire au moment de la commande, cela nous a beaucoup aidés en retour d’expérience.

Prendre ses responsabilités …

Si un garagiste éprouve un problème, il peut suivre l’évolution de son dossier sur Internet. Nous recevons la pièce, effectuons le diagnostic, validons et gérons la garantie. Nos clients sont très heureux car c’est nous, à savoir l’équipementier, qui prenons la responsabilité de la décision et sa « négativité » si nous refusons la garantie, tandis que le distributeur peut continuer à entretenir de bonnes relations avec son client.

Du bonheur en Afrique du Nord…

Nous sommes très contents de notre équipe en Afrique du Nord qui jouit d’une excellente image. Ce que je fais, ici, en Turquie (et dont je viens d’évoquer quelques exemples), c’est ma vision pour l’Afrique du Nord. A savoir que le SAV s’avère le meilleur argument pour nous, car notre distributeur, notre garagiste va préférer les marques où il a « le plus petit mal à la tête ».

Du doute en toutes choses

Si un distributeur vient chez moi pour me dire que c’est bien, je commence à être nerveux, je me demande ce que je n’ai pas bien fait…

Propos recueillis par Hervé Daigueperce

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