Automotor en quête d’une nouvelle identité

Automotor en quête d’une nouvelle identité

Empruntant aux codes des groupements de distribution dont il est issu, Olivier Van Ruymbeke, président d’Automotor France, modifie en profondeur l’entreprise, autrefois familiale, en machine de guerre, dans un contexte de concentration massif.

Le commerce de la pièce détachée n’a jamais été aussi bousculé que ces toutes dernières années, faisant apparaître des groupes internationaux qui grossissent à vue d’œil à coups de rachats plus ou moins spectaculaires. Il a également assisté à une mutation des constructeurs automobiles qui mouillent la chemise de la rechange indépendante en devenant des grossistes, rengainant, au prix de communications fortes et massives, leur morgue de concepteur de véhicules très au-dessus des préoccupations des réparateurs et ouvrant leur portefeuilles de produits et de services à tous les véhicules, quels qu’ils soient. Parallèlement, l’internationalisation de ce commerce s’est affranchie de frontières convenues, franco-allemandes face au reste du monde, pour ouvrir de nouvelles voies auprès des pays émergents. En témoigne, l’exemple de Nexus Automotive International ayant bouleversé les comportements, facilitant les échanges entre les distributeurs du monde entier et surtout d’Afrique et du Moyen-Orient et les équipementiers internationaux.

Le virage d’Automotor vers ce nouveau modèle participe de cette mouvance que permet, sans nul doute, l’entrée au capital d’Automotor du fonds d’investissement Pechel Industries. Rappelons que dans le paysage des groupements internationaux d’aujourd’hui, l’appel aux fonds d’investissements (notamment américains) joue un rôle considérable dans les fusions acquisitions et la création de monstres capables de résister à ceux créés par les constructeurs, puis par les équipementiers première monte. Dans ce contexte terriblement disputé, Amerigo, le concept d’Automotor ne vient-il pas trop tard ? Pourra-t-il résister à la méfiance d’une distribution avisée qui risque voir en cette initiative bien marketée une doublure « low-cost » d’un Nexus Automotive International ? A moins qu’Amerigo n’apparaisse comme la société de services d’un Automotor à la peau neuve, dépassant son statut de fournisseur de pièces en promoteur de solutions ? Son historique plaide pour cette dernière hypothèse, alors même que son président a, par le passé, montré son appétence pour la construction de réseaux dédiés aux professionnels et pour l’offre de services aux adhérents.

Amerigo, un concept de conquistador

« AMERIGO International est un projet novateur de société internationale fonctionnant en réseau, a expliqué Olivier van Ruymbeke. Elle a pour vocation de se nourrir à la fois des attentes et des besoins de nos clients comme de l’expérience incomparable acquise par les équipes d’Automotor France qui les accompagnent depuis 40 ans sur les marchés émergents. Automotor France en sera l’actionnaire majoritaire, mais nous souhaitons ouvrir le capital d’AMERIGO International à nos partenaires distributeurs avec lesquels nous avons tissé des liens de confiance depuis tant d’années. (…) L’histoire ne fait que commencer. Avec nos clients et partenaires qui auront souhaité entrer au capital, les prochains mois seront consacrés à définir les axes et les moyens prioritaires ».

Avec Amerigo, Automotor se débarrasse du carcan historique de la société fondée par Joe Levy, en proposant de nouvelles solutions de business. Olivier Van Ruymbeke avait déjà dépoussiéré la société en créant AF, une marque plus haut de gamme, (et aux gammes plus étendues) et moins marquée par quelques dizaines d’années d’image de « simple » exportateur, tout en s’appuyant sur les deux atouts majeurs du groupe, la base de données et le réseau de clients internationaux. Peu de groupes disposent, ainsi, d’une expérience de la distribution dans plus de 50 pays et pas des plus accessibles ! Surtout avec Amerigo, Automotor se déclare comme beaucoup d’autres comme un fournisseur de services, dépassant la mise à disposition pure et simple de produits, comme le précise le communiqué : « AMERIGO International deviendra ainsi un véritable facilitateur de business au service de l’indissociable couple Distributeur / Equipementier.

Les distributeurs des pays émergents pourront accéder aux informations, pièces et services indispensables pour répondre à la complexification et à la diversification croissante du parc mondial comme à l’évolution rapide des attentes de leurs marchés. Les équipementiers bénéficieront d’un accès à des marchés qu’ils ne savent pas ou ne peuvent pas servir en direct, en pouvant s’appuyer à la fois sur une logistique adaptée et sur des équipes rompues aux contraintes logistiques, douanières, légales et financières propres à chaque territoire. « Les marchés émergents sont complexes et évoluent continuellement. L’implication actionnariale de nos clients, couplée aux compétences d’Automotor France, garantiront à AMERIGO International une réactivité et une efficacité inégalées, se félicite Olivier Van Ruymbeke. Par extension, AMERIGO International constituera ainsi la meilleure plateforme de référencement pour les équipementiers partenaires soucieux d’accompagner, dans les meilleures conditions possibles, les formidables potentiels que représentent ces marchés ». Comme nous l’évoquions, le concept ressemble très fort à celui de Nexus International. Néanmoins, le président d’Automotor a su montrer en moins de deux ans qu’il savait non seulement innover mais aussi relancer le chiffre d’affaires. En effet, l’année 2017 a affiché une croissance de 20 % de son chiffre d’affaires, de quoi investir sur l’avenir ! Ce qu’Olivier Van Rymbeke n’a pas hésité à faire en misant sur les ressources humaines, un pari vu également chez Nexus International, qui consiste à mettre des personnes réelles et opérationnelles en face des professionnels dans les régions et les pays.

Les nouveaux venus d’Automotor

Olivier Van Ruymbeke a fait ses emplettes chez les équipementiers et la distribution pour étoffer ses troupes et accroître son service de proximité. En voici les élus :

Yves Maillière est nommé Directeur Commercial Europe / Asie / Iran et Amérique Latine. Yves Maillière, 51 ans, a rejoint AUTOMOTOR France en 2016, après 12 ans passés au sein du Groupe PSA et 15 ans chez Autodistribution. Remplace Sébastien Forget, ex bras droit de Joe Levy, qui a fait valoir ses droits à la retraite. Sylvain Abergel est nommé Directeur Commercial Afrique / Proche-Orient / Turquie / Royaume-Uni et Benelux. Sylvain Abergel, 51 ans, a débuté chez Automotor France en 1989. Il a également occupé des responsabilités internationales au sein de Valeo Export durant 5 ans puis au sein du groupe Geodis. Yves Maillière reste par ailleurs Directeur des Achats d’Automotor France, en charge des relations avec les équipementiers et les fournisseurs. Les deux nouvelles Directions pourront s’appuyer sur l’arrivée au sein d’Automotor France de Fabien Moebs, responsable de la zone Asie et Océanie. Agé de 44 ans, Fabien Moebs a réalisé l’intégralité de sa carrière dans la rechange automobile, notamment en charge des ventes internationales chez les équipementiers Sogefi (Purflux) et Hutchinson. Hicham Adel, responsable du développement commercial. Agé de 37 ans, Hicham a débuté sa carrière chez Autodistribution, avant d’être en charge des Grands Comptes chez les équipementiers Delphi et Mann Filter.

En plus des directions commerciales, Automotor se dote de nouveaux bureaux commerciaux régionaux, à Tunis, sous la responsabilité de Makrem Belaid, pour piloter l’activité commerciale des pays du grand Maghreb. Makrem Belaid, 45 ans, évolue depuis 18 ans au sein de la rechange automobile en Tunisie, notamment en dirigeant la STEQ, la société Tunisienne d’Equipement. A Alger, sous la responsabilité de Zoubir Belkhiter, pour répondre aux demandes spécifiques du marché algérien, clé pour Automotor France. Zoubir Belhkhiter, 47 ans, va faire bénéficier Automotor France et ses clients de plus de 20 ans d’expérience de la rechange en Algérie. A Sao Paulo, AUTOMOTOR France se dote également d’un correspondant, Jean Paschalis, afin d’assurer le développement commercial d’AUTOMOTOR France dans toute l’Amérique Latine. Jean Paschalis, 65 ans.

   Hervé Daigueperce

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