Corteco contre les contrefacteurs

Corteco contre les contrefacteurs

Soucieux de protéger les consommateurs des dangers des produits contrefaits, Corteco envoie un message fort au marché en traînant les responsables de ces actes devant les tribunaux. L’équipementier allemand, représenté par Corteco France, entend bien montrer à ses distributeurs partenaires qu’il est à leurs côtés et qu’il ne laissera rien passer. 

Ayant déjoué à plusieurs reprises des tentatives de copie, après avoir relevé des produits portant leurs codes couleurs mais changeant le nom en « Cortico » ou « Cortaco », le spécialiste des joints décide de frapper fort et passe à la vitesse supérieure. En cause, une nouvelle introduction en Algérie de produits copiés et surtout l’exaspération des distributeurs de la marque : « Nous avons vécu deux moments très désagréables ces derniers mois, pendant la pandémie, qui ont validé le bienfondé de notre politique plus agressive initiée dans le cadre plus global de notre réflexion sur la notoriété de la marque  (Brand Awareness) », explique  Nazim Messamah, Responsable Afrique chez Corteco, avant de poursuivre : « Nous avons reçu une demande d’informations de l’un de nos distributeurs déstabilisé devant un packaging qui avait semé le doute en son esprit. Le fait que l’un de nos distributeurs finisse par douter est très grave et nous a amenés à durcir notre réponse. Les contrefacteurs soignent de mieux en mieux les packagings et pour le mécanicien en bout de chaîne, la confusion est possible. Parallèlement, nous avons reçu l’appel d’un de nos distributeurs qui s’est retrouvé en concurrence sur nos produits face à des produits contrefaits. En possession des éléments concrets, nous avons décidé de traduire en justice les responsables en Algérie et ailleurs ». 

Sensibiliser les clients

Un procès même exemplaire n’abolira jamais totalement les tentatives de contrefaçon et c’est pourquoi Corteco compte sur la force de son partenariat avec ses distributeurs pour faire la chasse aux escrocs où qu’ils soient. Intervenir vite est essentiel dans ce domaine. C’est d’ailleurs en recevant un courrier d’un partenaire que Corteco a appris l’existence d’une copie au nom de « Cortico » – soit juste une lettre changée. Aussitôt, grâce aux systèmes d’étiquetage, l’équipementier et les services douaniers ont pu déterminer l’expéditeur et l’importateur qui font, aujourd’hui, l’objet de poursuites. « Certains revendeurs voyant des produits bien moins chers que les nôtres sur le marché ont su qu’il y avait un problème. Heureusement que nos distributeurs officiels sont bien identifiés, sinon, nous passerions pour des voleurs », s’exclame Nazim Messamah, très en colère face au procédé. « Que les produits contrefaits soient bien moins chers est évident et doit éveiller le doute ; tous les professionnels doivent se liguer contre la copie au risque de laisser passer des produits extrêmement dangereux. Les matériaux que nous utilisons, les contrôles de production, les recherches et l’adéquation au cahier des charges des constructeurs participent à la qualité du produit et à la fiabilité des éléments au cœur des systèmes du véhicule. Se tromper et acheter du « Cortico » par exemple, c’est risquer d’être tenu responsable d’un accident qui peut se révéler mortel. L’enjeu n’est pas uniquement financier, il relève de la sécurité des automobilistes et de la responsabilité de ceux qui mettent en danger la vie des automobilistes voire des professionnels de la réparation. C’est pour cela que nous mettrons tout en œuvre pour que les auteurs de ces copies et leurs revendeurs soient punis très sévèrement ».

Une surveillance accrue

Corteco compte multiplier les opérations de contrôle et de communication pour éradiquer les copies de ses produits. Déjà, grâce à l’étiquetage, qui implique l’expéditeur et l’importateur, les douanes algériennes agissent en amont, en bloquant les pièces. Parallèlement, sur le terrain les importateurs et distributeurs exercent une veille sur la circulation des produits veillant à identifier immédiatement les produits non conformes. Pour les aider, Corteco va multiplier les actions de communication avec eux et avec les revendeurs pour que les produits soient encore mieux identifiés par le client final, c’est-à-dire le mécanicien, le réparateur, le carrossier. Des supports leur seront fournis leur permettant de communiquer avec leurs clients sur leurs sites Internet et les réseaux sociaux. Nazim Messamah appelle de ses vœux la reconduction du groupe d’équipementiers qui s’était constitué pour lutter, ensemble, contre la contrefaçon lorsque le premier salon Equip Auto Alger leur avait donné une tribune en 2006. Le responsable Afrique ronge son frein en attendant la réouverture des frontières pour pouvoir aller sur le terrain soutenir ses distributeurs dont la liste complète apparaît dans le Guide de la Distribution au Maghreb.  

Hervé Daigueperce

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