Daniel Berreby, Directeur général France Delphi Technologies

Daniel Berreby, Directeur général France Delphi Technologies

« Le DS Nano est l’outil de diagnostic idéal en premier achat comme en complément du DS 150e »

Solutions concrètes et personnalisées par marché et par pays, les offres de service de Delphi Technologies tentent de cibler les réparateurs au plus près de leurs besoins, avec l’aide des distributeurs. Tour d’horizon avec Daniel Berreby, en prolongement de la conférence de Jean-François Bouveyron.

Comment se porte le marché en France, et au Maghreb pour Delphi Technologies ?

Pour mémoire, rappelons que la France plus le Maghreb et les pays francophones d’Afrique constituent le deuxième marché après-vente en Europe. Projets et développements vont souvent de pair entre la France et le Maghreb et nous disposons des bonnes personnes sur le Maghreb, ce qui nous assure de bons résultats.

Entre l’Europe et le Maghreb, les besoins ne sont pas les mêmes ?

Les temps de lancement entre les véhicules en Europe et le Maghreb sont de plus en plus courts, car les constructeurs rationalisent les productions. Les véhicules pour l’export sont traités à part et leurs options se standardisent de plus en plus vite. Aujourd’hui, les véhicules qui arrivent au Maroc, sont les mêmes, et sont très récents, ce qui amène les professionnels de la maintenance et de la réparation à être équipés plus rapidement pour pouvoir intervenir sur ces nouveaux véhicules. Certes, les parcs dans les pays du Maghreb sont plus anciens, mais ils sont aussi très diversifiés et un mécanicien doit pouvoir intervenir sur les véhicules les plus anciens comme les plus récents.

Un outil comme le DS Nano constitue-t-il une alternative adaptée aux marchés d’Afrique ?

L’outil de diagnostic Nano répond à plusieurs besoins exprimés par les clients et nous sommes très fiers de lancer, les premiers, cet outil particulièrement attendu. Dans les marchés au pouvoir d’achat plus faible, l’outil de diagnostic DS Nano peut constituer un premier équipement pour un atelier qui se crée, ou pour un mécanicien qui décide de ne pas traiter que des véhicules trop anciens. Son prix est très attractif, mais cela reste un produit haut de gamme, en ce sens que ses fonctions sont très importantes pour un petit appareil. Par exemple, il peut remettre les codes défaut à zéro, et réinitialiser des témoins d’entretien pour des systèmes clés tels que l’alimentation en carburant, l’allumage, le diesel, le freinage et la climatisation. Des fonctions essentielles et qu’on ne trouvait que sur des appareils assez chers. Déjà, on voit des demandes arriver sur le DS Nano comme deuxième équipement pour quelqu’un équipé d’un DS 150, et qui peut en doter un à un compagnon dans l’atelier. L’un des grands intérêts du Nano réside dans ses fonctionnalités qui sont les mêmes que sur le DS 150. Vous pouvez commencer par un Nano, puis vous doter d’un 150, sans avoir à vous adapter à un nouvel appareil. De la même façon, le détenteur d’un DS 150 peut facilement expliquer le mode de fonctionnement du Nano à son collaborateur. Le Nano a vraiment été étudié pour pénétrer là où les outils de diagnostic n’étaient pas à la portée de toutes les bourses, c’est pourquoi, il est aussi facile d’accès et très complet. Pour les marchés du Maghreb, c’est l’outil idéal.

Comment soutenez-vous la distribution au Maghreb ?

Nous sommes « support » sur les fonctions communication, en supports techniques, marketing, en respectant les spécificités marché. Nous nous occupons, par exemple, de la gestion des droits de douane, des problématiques des conditions de paiement, les contraintes du grand export… En outre, nous tenons compte des spécificités de marché local par une gestion spécifique. Nous avons redistribué nos ressources humaines de manière à être encore plus proches de nos clients et de répondre avec plus de réactivité encore à leurs demandes. Cela dit, comme je l’évoquais, les parcs se rapprochent de plus en plus et nos services sont davantage mutualisés. Il existe encore, bien sûr, des véhicules circulant en Afrique, qu’on ne trouve plus en Europe, mais nous continuons de mettre à disposition des pièces et des informations techniques correspondant à cette part du parc.

Le Diesel qui correspond à l’une des familles chères à Delphi Technologies devient un vrai problème en Europe, comment réagit-on au Maghreb ?

Chaque réponse au marché s’établit en fonction de son évolution, de ses contraintes propres ou de ses opportunités. Aujourd’hui, en France, la demande, concernant le Diesel, se porte pour des bancs plus petits, alors qu’en Algérie ou au Maroc, ce sont les bancs Diesel plus importants qui constituent le gros des demandes, et les ventes de ces bancs sont plus grandes qu’en Europe. Cela correspond à une évolution du parc, de la demande, et de la nécessité d’un équipement plus performant. Et qu’on ne se trompe pas, les exigences sont très fortes, et les bancs commandés sont ceux de dernière génération, haut de gamme. Un investissement lourd, mais dont le retour sur investissement, justement, s’avère beaucoup plus probant et plus ancré dans le long terme. Parallèlement, le banc de seconde main continue sa vie, il y en a toujours eu, cela fait partie de la gestion des équipements de garage.

Plus de complexité, de technologie, comment répondez-vous en matière de formations ?

Nous avons toujours mis l’accent sur la formation sous toutes ses formes et nous continuerons parce que nous envisageons la complexité des technologies bien en amont, grâce à la première monte, notamment. Aujourd’hui, nous accélérons le programme de « train the trainers », qui permet de démultiplier les formations dans chaque pays, chez tous les distributeurs. Nous formons les collaborateurs des distributeurs qui, eux-mêmes, effectuent des formations auprès des clients. L’un des intérêts de ce système porte sur la langue. Même si le français est bien compris dans le secteur de la pièce technique, beaucoup de mécaniciens apprécient que les formateurs leur expliquent en arabe et comprennent les questions en arabe. Il faut cependant ajouter que le succès de nos démarches en termes de formation dépend de la volonté de nos distributeurs et de la prise de conscience de la nécessité de former leurs équipes afin de pérenniser leurs activités. Ceux qui comprennent cela bénéficieront d’un avantage concurrentiel dans l’avenir, et c’est vrai dans le Maghreb comme en France.

Les réparateurs sont inquiets par rapport aux véhicules hybrides et électriques, qu’en pensez-vous ?

Les deux technologies, aussi importantes soient-elles, n’ont pas la même incidence sur le marché. On estime à 10 % la part que représenterons les véhicules électriques en 2030, ce qui ne constitue pas un danger imminent et surtout au Maghreb, où l’on ne compte pas réellement de flottes de véhicules électriques. En revanche, les réparateurs doivent se former pour intervenir sur les véhicules hybrides dès maintenant, parce qu’ils vont prendre une place de plus en plus importante, c’est pourquoi nous avons des modules conçus pour cela et le programme Train the Trainers (former les formateurs). Notons que le full hybride va aller de plus en plus vite et que le 48 volts va vite être dépassé…

Propos recueillis par Hervé Daigueperce

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