Des pièces pour navettes spatiales fabriquées par la Nasa au Maroc ? Pourquoi pas ?

Des pièces pour navettes spatiales fabriquées par la Nasa au Maroc ? Pourquoi pas ?

Interview avec G. Michael LESTER, gestionnaire du transfert des technologies et des partenariats au sein de l’Administration Nationale de l’Aéronautique et de l’Espace (NASA).

Vous travaillez à la Nasa, mais qu’est ce qui explique votre présence aujourd’hui au Maroc ?

Que ce soit aux Etats-Unis ou au Maroc, les gens sont très intéressés par tout ce qui touche à l’espace. De plus, aujourd’hui, la Nasa étend ses activités à d’autres domaines tels que le développement du bien-être des hommes par le biais de la technologie. Les innovations liées à l’espace peuvent souvent être transposées à notre quotidien pour le rendre meilleur. Mais pour que cela puisse se faire, nous avons besoin de lier des partenariats solides et durables avec des sociétés qui pourraient commercialiser certaines de nos innovations, et les développer pour les adapter au plus grand nombre. Ces partenariats ne se font plus, aujourd’hui, qu’aux Etats-Unis, mais doivent être étendus à de nouveaux pays. Si nous sommes ici, au Maroc, aujourd’hui, c’est bel et bien pour cette raison. Nous sommes entrain de prospecter sur place dans votre pays pour essayer de nouer des partenariats avec des firmes étrangères ou nationales.

Ces partenariats impliquent-ils également, par exemple, l’installation, au Maroc, d’usines de fabrication de pièces pour navettes spatiales pour le compte de la Nasa ?

Vous savez, la seule limite c’est le ciel ! Toutes les formes de collaboration demeurent possibles. On pourrait, par exemple, envisager l’ouverture d’une usine de fabrication d’éléments pour satellites, ou pour navettes spatiales, au Maroc, et pour le compte de la Nasa. Le Maroc possède déjà une expérience solide en matière de fabrication de pièces d’aéronautique. Alors oui, pourquoi pas ?

Vous savez que le Maroc vient, tout récemment encore, d’envoyer un satellite sur orbite… qu’en pensez-vous ?

Un satellite, en tant que concentré de différentes technologies plus incroyables les unes que les autres, est, en soi, une révolution à part entière, et pas seulement au Maroc mais dans les pays du monde ! De plus en plus de pays à travers toute la planète commencent à s’ouvrir à l’espace et l’accès vers ce dernier se démocratise peu à peu. Il y a quelques années encore, qui aurait cru que le Maroc s’intéresserait à pouvoir envoyer un satellite dans l’espace, ni s’il pourrait techniquement le faire. Aujourd’hui, ce rêve est devenu possible et ce n’est que le début…

C’est aussi un peu grâce à la Nasa, non ?

Oui ; la Nasa commence aujourd’hui à fabriquer des satellites commerciaux beaucoup plus accessibles, moins chers et nettement plus fiables. Le Maroc fait partie des pays qui intéressent la Nasa et dont elle essaie de se rapprocher, car il existe des formes de collaboration qui sont intéressantes, et qui mériteraient d’être développées entre nous, à l’instar de celles que j’ai citées.

Est-ce que, pour le moment, vous jugez que les relations entre le Maroc et la Nasa sont suffisantes ou bien gagneraient elles à être développées davantage ?

Qu’il s’agisse du Maroc ou des Etats-Unis, les deux pays ont beaucoup à gagner à coopérer ensemble dans le cadre des programmes liés à la Nasa. Beaucoup reste encore à faire et nous n’en sommes qu’au début. Par exemple, nous devrions fixer ensemble des objectifs communs en termes de switch vers les énergies vertes, mais aussi de généralisation des technologies de la Nasa à notre quotidien.

   Mohamed Mounadi

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