Du côté des ateliers

Du côté des ateliers

Pas toujours très bien équipés, parfois plus débrouillards que véritablement spécialistes, les garagistes qui interviennent sur les pièces moteur sont pourtant ultra friands en formations et en accompagnements techniques. Explications.

Sans tomber dans la caricature, force est de reconnaître que les interventions techniques sur un moteur se font encore, au Maroc, sur un bout d’établi un peu crasseux, alors que l’on investit en Europe plusieurs millions d’euros dans des salles blanches dépourvues de la moindre particule de poussière. Certes, cela n’empêche pas les véhicules de rouler. Mais un constat s’impose : les ateliers marocains sont loin d’avoir le matériel ad hoc nécessaire, en théorie, pour ce type d’interventions. Et pour cause, le matériel en question nécessite des investissements beaucoup trop lourds à supporter pour des garages indépendants.

Des garagistes avides de savoir

Et ce n’est pourtant pas par manque d’envie. Car de l’avis de l’ensemble des équipementiers présents sur le marché, les garagistes ont une véritable appétence pour les formations, le training, les explications. Ils savent mieux que personne que sans connaissances techniques, les interventions sur les moteurs sont quasi impossibles…et que la rénovation a ses limites. « Il y a une vraie volonté d’apprendre, c’est très studieux, parfois plus qu’en France et c’est enrichissant pour nous », constate Régis Serrano, directeur général de MS Motorservice. De fait, les équipementiers ont bien compris que leur rôle ne consistait pas seulement à vendre de la pièce, mais qu’un véritable accompagnement technique, marketing, informatique, s’avérait essentiel. Du soutien en somme. « Nous ne devons pas perdre de vue que le marché marocain représente un énorme potentiel.

Qu’il s’apparente, en matière de réparations sur le moteur, à la France d’il y a 15 ou 20 ans. Et pour que ce potentiel soit réellement exploité, je pense qu’il faut investir plus en termes de support, de marketing, de valorisation de la marque et faire des sessions de formation pour demain », insiste Eric Coquet, directeur général de VEGE France. D’autant que face à la complexité croissante des composants du véhicule et au grand nombre de modèles, les professionnels de la réparation sont aujourd’hui continuellement confrontés à des dysfonctionnements et pannes difficiles à maîtriser. Certains équipementiers s’emploient donc à fournir de l’accompagnement. A l’instar de Schaeffler qui, sous la marque Repxpert, propose des services exhaustifs autour de ses produits et solutions de réparation. Qu’il s’agisse du portail en ligne, de la hotline technique, des instructions de montage imprimées ou vidéo, de formations – les garagistes profitent d’une expérience de quarante ans dans l’Aftermarket automobile.

« En plus de ses propres services, Schaeffler a initié, en coopération avec les acteurs de la branche, d’importants concepts de service et contribué largement à l’information des garagistes et des distributeurs », précise Adèle Belloche, responsable marketing Moyen-Orient, Afrique et Turquie.

Juste une mise au point

Seulement voilà, la formation ne fait pas tout, car tout débrouillards qu’ils soient, les garagistes marocains en oublient parfois quelques règles fondamentales liées à la réparation des blocs moteurs. La liste des exemples peut être longue : un seul piston changé alors que le moteur compte 4 cylindres, des boutons de culasse systématiquement oubliés alors qu’il est vivement conseillé de les changer à chaque révision de moteur… « Bref, tranche Régis Serrano, mieux vaut leur rappeler régulièrement que lorsque l’on commence à vouloir changer quelque chose dans un moteur, il faut généralement changer les pièces qui sont autour ». Des petites mises au point à faire à intervalle régulier, certes, mais l’arrivée, en Afrique du Nord, des enseignes telles que Speedy ou Midas devraient rapidement importer un certain savoir-faire sur le marché algérien et, par ricochets, pousser les garagistes locaux à se développer, se professionnaliser, et faire des outils de diagnostic leurs nouveaux compagnons de route.

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