Frost & Sullivan dévoile les Méga tendances de l’industrie automobile.

Frost & Sullivan dévoile les Méga tendances de l’industrie automobile.

Frost & Sullivan – cabinet américain d’études et de conseil en stratégie depuis 1961, représenté par Franck Leveque, Vice-Président de la branche automobile & transport, Mourad Oubrich, Consultant Senior, et Vitali Bielsk, Principal Consultant de la branche Mobilité – et l’AIVAM, représentée par Adil Bennani, Président de l’AIVAM et Amine Cherkaoui, Directeur à l’AIVAM, en compagnie de Khalid Qalam, Consultant Senior de la branche automobile de l’AMDIE et Abdelouahed Rahal, Directeur de l’automobile au Ministère de l’industrie et du Commerce. Une vingtaine de professionnels ont été réunis autour d’un workshop, le Jeudi 28 Juin dernier, pour échanger autour des tendances majeures de la transformation digitale dans l’industrie automobile.

Une profonde transformation s’opère sur toute la chaîne de valeur de l’industrie automobile. Les évolutions technologiques comme l’Intelligence Artificielle, la 5G, ou encore le BlockChain, sont un parfait exemple de la transformation digitale des entreprises, qui s’opère tout doucement. En conséquence, les constructeurs n’ont désormais plus d’autres choix que de se convertir en opérateurs de mobilités. On passe d’un marché de possession à un marché d’usage des voitures. Les consultants de Frost & Sullivan, ont défini un « C.A.S.E », Convergence of Connectivity, Autonomous, Service Model and Electric, pour l’industrie automobile. Il s’agit de la connectivité, les services d’auto-partage, la mobilité électrique et la mobilité autonome.

La 5G favorise l’émergence du Vehicle-to-Vehicle (V2V) et du Vehicle-to-Infrastructure (V2I)

Contrairement aux générations précédentes, la technologie 5G, prévue pour 2020, ambitionne d’élargir le champ des usages, grâce à une faible latence et une capacité élevée. Ce sera un atout pour la communication entre les machines « M2M ». En plus de l’aide à la conduite, l’Internet des Objets (IoT) joue un rôle primordial dans la communication entre les véhicules, mais aussi avec le réseau. En conséquence, les véhicules se préviennent en cas d’accidents par exemple. C’est donc un instrument important non seulement pour la voiture autonome mais aussi pour les services de la mobilité au sens large.

La Data du véhicule connecté a de la valeur !

« Le Marché Total Adressable (TAM) est estimé à 2 milliards de dollars à horizon 2025, si tous les véhicules connectés pouvant capturer des données, étaient monétisés » explique Franck Leveque. Les usages de l’intelligence artificielle permettront aux constructeurs d’accéder à la donnée plus rapidement, des constructeurs qui pourront proposer de nouveaux services personnalisés. Ces derniers vont pouvoir monétiser (vendre) les données d’un véhicule connecté – conditions météo, vitesse etc – s’ils réussissent à les capturer, ou même les échanger contre des services utiles. Ils pourront également analyser l’usure des pièces et établir des recommandations de maintenance. « Prenons l’exemple de Tesla qui a pu tirer profit de la connectivité ; le constructeur a dû rappeler volontairement, grâce à la technologie OTA (Over-The-Air), les Model S et Model X pour un défaut en relation avec la suspension, ce qui lui a permis d’améliorer la sécurité du véhicule de 90 % » explique Vitali Bielski. De leur côté, les assureurs pourront ainsi affiner leurs contrats grâce au développement d’offres d’assurances automobiles basées sur l’usage (Usage-based Insurance ou UBI).

Ceci dit, un travail de fond attend de nouveaux constructeurs, car de nouvelles sources de revenus proviendront des services en aval, qui intègrent aussi bien les services de mobilité, que les services de financement des véhicules, les services de conduite, ainsi que les services relatifs à la pièce de rechange et à la réparation. La création de la valeur s’effectue tout au long du cycle de vie du véhicule. L’équipe Frost & Sullivan estime qu’il faut penser à l’Aftermarket de demain tout en intégrant la « Mobility as a service ».

La ville, au service de l’industrie !

« City as a Customer » s’ajoute à la Smart-City, et représente de nouveaux business modèles industriels. Chaque ville jouit d’une demande d’infrastructure unique, qui vient rompre avec les approches purement sectorielles. Par conséquent, de nouvelles opportunités apparaissent dans la mobilité, la santé, la logistique, la sécurité, les produits intelligents, etc.

Au Maroc, La ville de Casablanca est une puissance économique importante puisqu’à elle seule, elle contribue, à la création de 19 % à 22 % du PIB Marocain. Par ailleurs, le Maroc dispose de plus de 15 000 professionnels dans l’IT capables d’appuyer la croissance des start-ups. « SpotAngels, Solar E-Cycles, Digisoft ou encore Carmine, font partie des 4 % des start-ups marocaines ayant fait de la mobilité une Sucess-Story à l’échelle international.

La logistique 4.0 : 70 million de camions seront connectés d’ici 2025

Le domaine du transport des marchandises n’a pas échappé aux transformations propulsées par la Smart City. L’équipe Frost & Sullivan explique que le courtage de fret basé sur les applications mobiles (Uber camions notamment) peut réduire 8 à 15 % du parcours vide, en connectant les chauffeurs à vide, sachant qu’en moyenne les camions, habituellement, circulent à vide 30 % du temps. Les entrepôts serviront désormais pour les opérations de conditionnement et non de stockage, en raison du coût généré en amont.

Autre point d’achoppement, la logistique du dernier kilomètre, qui est une véritable problématique, vu le coût qu’elle génère. Un camion perd en moyenne dans la journée une heure et demie pour se garer à Casablanca, une heure à Rabat et deux heures à Tanger, selon les sources de l’AMDL. La livraison – étant portée de plus en plus par le e-commerce – se verra automatisée avec l’utilisation des drones, des robots de livraison etc. Des entreprises se sont déjà lancées dans ce défi, à l’instar de Starship, Teleretail, OTTO, ou encore UPS. D’ici 2030, diverses applications verront le jour : camions automatisés, convoi de camions (Truck Platooning), le courtage basé sur applications mobiles etc.

Quand la santé et le bien-être s’allient à la mobilité

L’ubiquité de l’automobile oblige les constructeurs à intégrer des services de santé à la mobilité. Certaines entreprises en ont déjà pris acte. IBM a lancé une solution de gestion de trafic avec une priorisation pour les véhicules d’urgences. Lyft, quant à lui, est venu avec un concept d’auto-partage en partenariat avec American Medical Response (AMR), concept destiné à assurer le transport des patients. Toujours dans le même sillage, la solution Uber App a été conçue pour permettre aux clients d’être transportés à leurs rendez-vous médicaux, à travers des échanges par messages et emails. Ceci étant, l’auto-partage semble être une meilleure alternative pour réduire le recours aux ambulances.

Près de 100 Véhicules connectés estimés pour le futur

Avant de se lancer dans les voitures complètement autonomes, les constructeurs vont de plus en plus vers les « semi-autonomes », notamment avec le fameux concept Chauffeur/ Guardian proposant deux modes de conduite ; le premier permet une autonomie totale, tandis que le second s’apparente à une prise en main en cas de situation critique. Autre tendance majeur, la technologie du « Blockchain » va accompagner la révolution des voitures autonomes à travers ses contrats dits intelligents « Smart Contracts ». A ce titre, la société « DocuSign & Visa » s’est basée sur la technologie du BlockChain pour assurer transparence et sécurité dans les transactions. Tandis que « Genesis Of Things », s’en est servi pour lutter contre la contrefaçon en donnant la possibilité de détecter les faux produits.

Pour conclure, les consultants de Frost & Sullivan ont souligné trois facteurs clés de réussite d’une stratégie digitale : L’augmentation des sources de revenu, l’optimisation des process, et la proximité avec les clients.

   Sara AIT TALEB

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