G.E.I.A. : une mutation réfléchie et structurée

G.E.I.A. : une mutation  réfléchie et structurée

En pleine crise du Coronavirus, Sébastien Chasseray, directeur général de G.E.I.A. a accepté de répondre aux questions de Rechange Maroc, pour mieux comprendre la situation que vivent les professionnels et la façon dont G.E.I.A. a géré cette période.

Il est des sociétés qui baissent les bras, quand la crise s’affiche trop rude, pendant que d’autres saisissent l’opportunité qui leur est offerte de se lancer à corps perdu dans une refonte de leurs acticités ou dans l’élaboration de nouveaux projets. Il existe une troisième voie, celle qui a présidé à la mutation de G.E.I.A. dont la direction générale a été confiée à Sébastien Chasseray. Cette voie se définit par un surcroît de réflexion et par là-même d’un affinement des décisions au cœur d’une structuration nouvelle de la société, entreprise en amont de la crise. Appelé par le fondateur pour insuffler un nouvel élan au sein de G.E.I.A. – une mission qu’il a, déjà, pratiquée ailleurs avec succès – Sébastien Chasseray avait initié une mutation globale du groupe avant même qu’il ne soit question de crise sanitaire et économique. Comme il le précise en ces termes : 

« La période de confinement a été particulièrement rude pour le secteur de l’automobile, parce que l’activité s’est pratiquement arrêtée pendant trois mois, les revendeurs ne pouvant exercer leur métier et ne passant pas de commandes. Cependant, on ne peut pas dire que les effets de la crise et du confinement ont constitué un booster pour le développement de G.E.I.A., puisque nous avions déjà engagé une profonde mutation des activités de l’entreprise, qui s’est traduite par un rééquilibrage des trois secteurs dont nous nous occupons, l’automobile, l’industrie et le pneumatique (celle-ci plus récente, quand l’automobile est historique), par l’élaboration d’une nouvelle stratégie omni canal et la création de nouveaux outils (système d’information, création d’un catalogue en ligne et possibilité pour les clients de bénéficier de la disponibilité de la pièce quel que soit son mode de commande), conception de nouveaux services améliorant le taux et la qualité de service jusqu’à la livraison du denier kilomètre, etc. Le fait d’être confinés nous a donné plus de temps pour réfléchir à ce que nous mettions en pace, à effectuer plus d’analyses, à affiner certaines opérations, d’aller plus loin en quelque sorte, tout en prenant le temps de peser chaque décision »

L’avenir plus porteur ? 

Fort de ce qui a été mis en place et qui continue d’être structuré (on peut également citer la création d’un nouveau point de vente, le déménagement des bureaux, un sourcing plus élaboré, etc.), Sébastien Chasseray se montre plus confiant quant à l’avenir de l’entreprise, puisque toutes les évolutions initiées concourent à une amélioration de la productivité, de la qualité du service client et d’une structuration plus opérationnelle, plus fonctionnelle et plus équilibrée de la société. Reconnaissant que les pouvoirs publics ont pris des décisions qui ont permis de mieux passer la crise comme le « Damane Oxygène » (mécanisme de garantie pour financer le besoin en fonds de roulement, report d’échéances de crédits et les découverts exceptionnels) ou le « Damane Relance » (crédit moyen terme d’une durée pouvant aller jusqu’à 7 ans garanti par la CCG (Caisse Centrale de Garantie), Sébastien Chasseray rappelle, cependant, que la crise étant mondiale, il faut se montrer prudent avant d’émettre des prévisions. Il émet aussi le souhait que le projet de lois de finances, au Maroc, définisse plus précisément ses orientations, apporte plus de clarté sur les lacunes de la filière comme, par exemple, « les délais de paiement qui nous pénalisent et entravent la filière complète ». Par ailleurs, il suggère que les capacités de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc, dont les actions se sont montrées fort utiles, soient étendues et ses commissions sectorielles plus nombreuses. En clair, le directeur général de G.E.I.A. montre par sa détermination que la réponse à une crise exige une mobilisation de chacun autour de projets communs, une union des forces, et une solidarité accrue, telle que celle qui a présidé aux échanges entre ses équipementiers fournisseurs et G.E.I.A. et entre G.E.I.A. et ses clients.

Hervé Daigueperce