Georges Mourad, responsable Moyen-Orient et Afrique de Mahle

Georges Mourad, responsable Moyen-Orient  et Afrique de Mahle

Leader de la pièce moteur en Algérie et au Royaume du Maroc, Mahle intervient tant en VL qu’en PL et doit faire face à une baisse sensible des pièces moteur, eu égard à la cure de jouvence entamée depuis 3 ans par le parc automobile marocain.

Quelles pièces sont-elles vendues sur le marché marocain ?

En premier lieu, nous sommes leaders sur ce marché en pièces moteurs pour les véhicules légers, poids lourds et les véhicules agricoles.

Globalement, au Maroc, nous sommes leader en filtres pour les véhicules légers. Ce développement de l’activité filtre a permis de compenser la baisse en pièces moteurs car les consommables restent et sont des produits d’avenir, et ceci pour l’ensemble du Maghreb.

Est-il facile d’y vendre de la pièce moteur ?

Nous sommes présents sur ce marché, en direct, depuis des décennies ce qui permet à Mahle d’asseoir sa présence et sa notoriété, d’autant que nous avons été l’un des pionniers dans la distribution au Maghreb.

Sur le marché marocain, nous constatons depuis 3 ans une baisse importante en pièces moteurs due essentiellement au rajeunissement du parc automobile (10 ans) et à l’impact du développement des casses en véhicules légers et poids lourds.

Quelles sont les grandes différences, sur ces pièces, entre le marché algérien et le marché marocain ?

Les importations de pièces d’occasion ne sont pas autorisées en Algérie. Néanmoins, l’Etat a décidé, à la fin du mois de septembre 2016, d’autoriser de nouveau l’importation de véhicules d’occasion, interdite depuis 2005.

Mais depuis le 4 octobre 2016, après avoir interdit l’importation de la pièce détachée contrefaite de véhicule sur instruction du Premier Ministre, l’État veut sévir davantage en durcissant la loi contre les importateurs de pièce de rechange d’occasion.

En plus de la confiscation de la marchandise importée (pièce détachée, parties et accessoires de véhicules, d’engins pour usage commercial), le code douanier prévoit des peines d’emprisonnement. Ainsi, après avoir procédé à la fermeture de plusieurs marchés de véhicules d’occasion, l’État s’attaque à la pièce de rechange d’occasion provenant de la « casse » souvent importées par des particuliers pour un usage privé, mais qui se retrouve finalement dans les différents quartiers – à l’est du pays – dédiés à la revente de la pièce de casse notamment.

Quant au Maroc, le parc automobile est beaucoup plus diversifié avec un profil plus proche de l’Europe. La qualité reste un critère déterminant en ce qui concerne l’acte d’achat marocain. Les pièces d’occasion sont accessibles très facilement via les casses pour véhicules légers et poids lourds. Cette pratique est rentrée définitivement dans les mœurs.

L’échange standard du moteur fonctionne-t-il au Maroc ?

Non, cela ne fonctionne pas au Maroc car l’importation de moteurs y est interdite !

Comment les pièces moteurs y sont-elles vendues ? Par qui ?

Au Maroc, la distribution se fait par des livraisons en containers avec des quantités moindres mais une gamme beaucoup plus large car les distributeurs marocains sont des généralistes, stockent moins et ont une organisation logistique et un business model différents.

Quelles sont les vraies contraintes liées aux interventions sur les pièces moteur ? Les ateliers peuvent ils y répondre ?

Une pièce détachée automobile est un élément essentiel dans la sécurité de l’automobiliste et celle du réparateur. La durée de vie des véhicules s’allongeant, la nécessité d’un entretien régulier et d’interventions de rechange est devenue une évidence, les deux marchés coexistant, parc ancien d’un côté et véhicules sophistiqués de l’autre. Bien que certains ateliers marocains se professionnalisent de nombreuses carences subsistent en matière de réparation et de diagnostique. En revanche, il est à noter que des réseaux se constituent tels que Motrio, Bosch, Speedy et Midas.

Quelles pièces les garagistes ne changent-ils pas alors qu’ils le devraient ?

Globalement, Les périodicités d’entretien sont loin d’être respectées. Certaines pièces moteur sont également un peu oubliées. Compte tenu du faible pouvoir d’achat, les garagistes changent principalement les segments, chemises, parfois coussinets et joints, mais réparent rarement un moteur complet.
Le filtre d’habitacle est peu remplacé aussi bien en Algérie qu’au Maroc bien que le Royaume investisse de plus en plus dans des campagnes d’environnement.

Les garagistes marocains sont-ils en mesure aujourd’hui de suivre techniquement les évolutions des moteurs ?

Dotés d’un appareil de diagnostic, les garages exigent désormais un savoir faire. Le mécano revient au centre des préoccupations de tout responsable d’entreprise un peu lucide, maintenant que cet instrument, bien utilisé, se veut plus vendeur et générateur de trafic que la vente de certains véhicules, surtout quand le produit devient plus rare. Il faudrait néanmoins pouvoir arriver à répondre à un besoin croissant en formation des ateliers algériens qualifiés sur le territoire. Le manque de ressources humaines reste également un problème crucial pour le pays.

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