Hassan Mahrez, directeur général NTN-SNR Maroc

Hassan Mahrez, directeur général NTN-SNR Maroc

Vous venez de recevoir le label Salamatouna, l’un des tout premiers en tant qu’équipementier, que pouvez-vous nous en dire ?

L’un des objectifs du label Salamatouna consiste à lutter contre la contrefaçon, un sujet qui nous touche tout particulièrement. En effet, nous connaissons bien le marché et nos produits ne sont pas exempts de tentatives de contrefaçon. Nous trouvons sur certains rayons de vente de pièces, des produits contrefaits, mais aussi des produits bas de gamme, qu’on qualifie de malfaçon, qui sont parfois aussi dangereux que les contrefaits. Et on les trouve aisément, car il n’est pas difficile d’importer des produits au Maroc. C’est la rançon de l’ouverture vers plus de marché, vers plus d’échanges internationaux. En tant qu’équipementier, nous sommes labellisés Salamatouna, parce qu’il est de notre métier, de notre responsabilité, d’apporter de l’assistance aux professionnels, de l’assistance technique, des formations éventuelles, du SAV… nous sommes également partenaires des associations de garage, pour lesquels nous proposons des séances de formation. Tout ce qui va dans le sens de la défense de la qualité et de la protection du consommateur et du professionnel nous concerne. Et lorsque nous disposons d’un système en règle, si les marques sont connues, il nous est plus facile de soutenir nos clients. C’est justement l’un des bienfaits de Salamatouna : lorsque les règles sont bien établies, les procédures formelles et la gestion pour les opérateurs officiels ne posent pas de problèmes, au contraire des contrefacteurs qui n’arrivent plus à « camoufler » leurs pratiques, surtout ceux qui mélangeaient les produits contrefaits avec les bons !

En quoi consistent les prochaines étapes ?

La prochaine étape, essentielle, concerne l’étiquetage des pièces. Il existe dans les textes mais pas dans les faits, et tant qu’il n’y aura pas d’étiquetage, il n’y aura pas de communication possible vers le grand public et même les pros. Il nous faut un sticker, un hologramme « Salamatouna » pour mettre à l’abri notre profession en prouvant sa mise en conformité à Salamatouna. C’est à l’étude. Cela exige un audit de traçabilité, qui va prendre un peu de temps mais qui se fera et sera le prélude à l’étiquetage officiel.

L’Etat vous aide bien dans cette démarche ?

L’Etat n’a pas toutes les ressources qu’il faut pour pouvoir lutter sur tous les fronts, il faut que cela soit le fruit des efforts de tous. Et le label Salamatouna est un bon exemple d’un partenariat public-privé. Il faut savoir que le chiffre d’affaires pièces de rechange au Maroc avoisine un milliard d’euros (dont 20 % en heures de main d’œuvre avec, comme première famille, les pneumatiques, puis la vidange).

Que pensez-vous du lancement de M.A.T. ?

Il était temps d’avoir un salon pareil et nous en sommes très heureux. Il faudrait le développer pour la prochaine édition, le faire grossir pour qu’il devienne un hub vers les pays africains. Déjà, on voit que les opérateurs les plus sérieux sont ici et c’est encourageant pour l’avenir. Ceux qui ne sont pas venus vont prendre conscience qu’ils perdent quelque chose, parce que le secteur de l’automobile évolue tellement vite qu’il devient capital de s’informer, d’échanger avec les fournisseurs internationaux, avec les fabricants. Même les petites voitures de base ont besoin des diagnostics et d’outils spécifiques, de formations. Le salon est fait pour connaître tous ces éléments et anticiper sur les défis à venir.

Vous exposez en propre, et non sur le stand de distributeurs, est-ce important ?

Nous pensons qu’il est important d’exposer pour pouvoir inviter beaucoup de gens comme les associations de mécaniciens. Nous sommes là pour apporter de l’information technique, mais aussi pour promouvoir nos actions et celles des institutionnels, pour amener des auditeurs aux tables rondes afin qu’ils se rendent compte des évolutions de l’automobile. Par ailleurs, notre mission consiste aussi à vanter notre marque et surtout à communiquer sur les nombreuses gammes que nous proposons. Nous ne sommes connus souvent que pour le roulement traditionnel, alors que nous avons un portefeuille d’une dizaine de familles de produits. Certaines familles ne sont pas travaillées à fond, faute, souvent d’être suffisamment déployées. Nous proposons, en effet, les roulements de roue, de boîtes de vitesse, de butées d’embrayages, mais aussi les kits de frein avec roulements intégrés, les kits de suspension, les joints homocinétiques, ou encore les capteurs de vitesse de roues, sans compter les pièces de transmission pour véhicules utilitaires et PL. Autant de produits qui seront, désormais, livrés directement, de notre entrepôt central en France pour plus d’efficacité et, bien sûr, de disponibilité des pièces. Sur le stand, nous mettons en avant une belle sélection des produits et notamment les kits et nos courroies.

Vous avez beaucoup communiqué en Europe, sur les CVJ, est-ce que c’est un produit demandé au Maroc ?

Nous sommes convaincus que cette famille de produits NTN-SNR va bien fonctionner sur le marché marocain parce que nous vendons des pièces neuves. Sur le marché, on ne trouve que du rénové, or le neuf est réclamé par les professionnels. Et notamment dans le cadre de l’accidentologie. Les experts préconisent le remplacement par une pièce neuve et ce marché correspond à 20 % environ de l’ensemble.

   Propos recueillis par Hervé Daigueperce

Réagir

Your email address will not be published.