Interview Éric Coquet

Interview Éric Coquet

Éric Coquet, Directeur général de Vege France

« La vraie question est de savoir si l’on pourra rénover les turbos dans le futur… »

Leader en matière de moteurs essence et diesel rénovés, la société Vege est présente sur le marché algérien depuis plus de 10 ans. Son prochain défi, conquérir le marché avec, cette fois, une gamme de turbocompresseurs. Le point sur sa stratégie.

Quels sont, d’après vous, les volumes du turbo en rechange sur le marché Algérien ?

Je pense que le volume global, en Aftermarket, est d’environ 150 000 turbos, car les conditions d’utilisation et d’entretien sont favorables aux changements.

Quelle est la part de turbos neufs OE contre l’échange standard, la réparation partielle, l’importation de turbo adaptable ?

J’ai constaté, sur le marché, un changement de consommation de turbos depuis ces cinq dernières années. Jusque là, une grande part de turbos vendus était des turbos en échange standard et des importations massives de turbos chinois de très mauvaise qualité. Force est de constater qu’après de nombreux déboires techniques et de malfaçons, les distributeurs et les consommateurs s’en sont lassés !

Nous sommes revenus à une forte demande de qualité et une exigence sur la provenance des produits. Un nouveau phénomène émerge avec la réparation partielle, pour des raisons économiques sur les voitures de plus de 10 ans. Une nouvelle offre est née : les réparateurs ou petits spécialistes se mettent à réparer avec l’achat d’un SHRA !

Mais à mon avis, ce n’est pas forcément une bonne solution car les intervenants ne bénéficient pas de machine pour contrôler en amont l’équilibrage, ni le sourcing, souvent asiatique, ce qui donne une matière souvent défaillante ou avec une espérance d’utilisation réduite.

La réparation partielle avec uniquement le changement du SHRA est elle une vraie menace sur le plan commercial ?

Nous pensons que c’est la même chose qu’un mauvais turbo adaptable ou en échange standard : le phénomène finira par s’essouffler.

Quelles vont être les priorités de votre société sur le marché pour les années futures ?

De trouver un équilibre avec toutes ses solutions déjà existantes…

Quels sont aujourd’hui vos principaux clients ?

Nous sommes acteurs depuis plus de 10 ans sur le marché avec des produits techniques, mais pas encore sur le turbo, produit sur lequel nous nourrissons des ambitions pour le futur.

Que pouvez-vous mettre en place pour appréhender la connaissance technique, et la gestion des garanties ?

Nous avons des documents très explicites sur le sujet, à savoir des notices de montages et des préconisations. Nous souhaitons également former les équipes commerciales à vendre et conseiller leurs interlocuteurs. Car le turbo n’est pas simplement une boite avec une référence, c’est une pièce très technique !

Dans le but d’appréhender la connaissance technique, nous avons mis en place des notices de montage, et nous comptons également sur des supports comme le vôtre, pour véhiculer notre expérience, et diffuser de l’information sur nos produits et leurs technicités.

Comment contrecarrer l’importation chinoise, et les contrefaçons ?  

A mon sens, il faut informer et argumenter sur les conséquences. Le coût de la main d’œuvre et le rachat d’un deuxième turbo est couteûx, et je ne vous parle pas des risques de voir le moteur endommagé !

Que mettez-vous à disposition de vos clients en terme de recherche d’identification, d’outils, etc. ?

Nous sommes sur TecDoc pour ceux qui peuvent le consulter, et nous avons un site Internet dédié à cela ainsi que des supports papier.

Quels sont les moyens marketing mis à la disposition des professionnels ? 

Nous avons mis au point de nombreuses brochures, et bientôt des turbos en coupe pour comprendre mieux le fonctionnement d’un turbo.

Dans un pays à fort potentiel mais avec un salaire en moyenne de 300, comment vous positionnez-vous par rapport à l’Europe ? 

Nous avons une grande expérience avec les constructeurs pour lesquels nous devons nous adapter à leurs exigences techniques, de qualité et tarifaires.

Concernant notre positionnement sur le turbo, nous envisageons de nous adapter au marché avec une offre tarifaire à mi chemin entre l’OE et le produit en échange rénovation, mais avec un turbo de qualité.

Quels sont selon vous les trois défis technologiques que la profession devra relever d’ici 10 ans ? 

85 % des véhicules seront équipés de turbos pour pallier la baisse de cylindrées et aux normes antipollution. De fait, ces turbos seront de plus en plus pointus et seront gérés électroniquement. La vraie question est de savoir si l’on pourra rénover les turbos dans le futur…     

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