Jean-François Bouveyron : Un DPSS ambitieux mais maîtrisé pour accompagner la filière

Jean-François Bouveyron : Un DPSS ambitieux mais maîtrisé pour accompagner la filière

Jean-François Bouveyron, Vice-Président EMEA, Delphi, Product & Service Solutions (DPSS)

Quelle a été votre première impression en découvrant de l’intérieur la grande maison Delphi (DPSS plus exactement) ?

Je connaissais bien Delphi et c’est, sans surprise, que j’ai trouvé une marque très présente sur le marché, des équipes très concernées et professionnelles sur les produits comme auprès des clients. A cela, il faut ajouter des potentiels de développement énormes, qui ne demandent qu’à être exploités.

Qu’entendez-vous par potentiels de développement ?

Delphi est très présent en première monte et sur des systèmes qui exigent beaucoup de savoir-faire en après-vente et en maintenance. Le portefeuille OE constitue un vrai bonheur pour nous, si l’on considère, ne serait-ce que le domaine de l’injection et de son équipement, avec un parc Diesel qui continue à être extrêmement important. Sans compter l’injection essence avec ce que nous venons de mettre au point, le concept GDi (le banc d’essai unitaire d’injecteurs essence basé sur la même plateforme que les autres bancs d’essai Delphi – Hartridge et qui a obtenu le prix « Coup de Cœur » du jury, ndlr). Et sans oublier tous les développements liés au 48 volts, ce qui revient, en maintenance, à un moteur plus le 48 volts ! Et qui dit multiplication des pièces, dit augmentation du chiffre d’affaires pour les distributeurs et les réparateurs. Outre les familles traditionnelles, comme le freinage, la direction suspension et le châssis, que nous continuons d’étoffer, nous voyons se profiler d’autres familles de produits en OE que nous verrons bientôt à la rechange. L’avenir se dessine bien pour DPSS.

L’avenir de la rechange indépendante est lié à l’acquisition de savoir-faire des professionnels de la rechange, êtes-vous confiant dans le domaine ?

Quand j’évoquais l’avenir de DPSS, je pensais à un avenir commun avec nos clients, parce que nous sommes loin de ne livrer que des produits. Nous développons en permanence de nouveaux supports techniques et concevons des formations adaptées et mises à jour, afin d’appréhender, dans les meilleures conditions les nouvelles technologies. Notre offre s’avère ainsi très crédible sur le marché.

Quels produits regroupe DPSS aujourd’hui ?

DPSS s’articule autour de notre triptyque Safe, Green, and Connected. Pour résumer, dans le Green, nous comptons l’injection, la gestion moteur, le Safe regroupe tout ce qui est « pièces de châssis » et le segment Connected comprend le diagnostic et les outils dédiés à la réparation. Le core business se porte bien à savoir la fonction châssis (frein, direction, suspension) et la fonction injection, bien sûr (Diesel et essence) et nous assistons à une envolée des familles de produits « sensoring » (les capteurs représentent un marché important pour la rechange) et la gestion moteur. La fonction diagnostic se veut également importante dans notre dispositif, dans le cadre de l’identification et de la correction des codes défaut et surtout des nouvelles générations pour le contrôle de la réparation d’injecteurs (où nous comptons beaucoup d’innovations). Pour être complet, l’autre famille qui continue de bien nous occuper, ce sont les compresseurs et les condenseurs de climatisation. Avec un seul interlocuteur, le distributeur bénéficie, ainsi, d’un catalogue produits très large et surtout à l’avant-garde de ce qui se fait en première monte.

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D’autres familles sont-elles à l’étude ?

Par définition, grâce à la première monte, des projets sont toujours à l’étude. Cependant, pour le portefeuille aftermarket, il faut qu’on amène une meilleure lisibilité sur ce que l’on va faire et se concentrer sur ce qu’on sait bien faire, sans chercher à démultiplier les produits. Par ailleurs, en rechange, il ne suffit pas de lancer un produit et de le commercialiser, il faut amener beaucoup plus de supports. Le produit en soi n’est pas suffisant. Nous devons, notamment sur les nouvelles technologies à venir, étudier l’arrivée des nouvelles pièces et leur environnement technique, les besoins qu’auront les réparateurs, comprendre exactement ce qui est en train de venir et les pièces qui vont découler des nouveaux systèmes. Nous ne pouvons pas livrer comme cela des pièces dont les technologies sont différentes de ce qu’on maîtrise, aujourd’hui, dans l’atelier. Et DPSS se renforce sur les produits maison, les produits Delphi OE.

Comment vous distinguez-vous aujourd’hui ?

En nous recentrant sur les produits de notre core business OE, nous assurons une couverture de gammes bien plus opérante, et nous bénéficions d’une avance sur la rapidité de la disponibilité des pièces sur le marché rechange. La qualité du catalogue associée à la qualité des services (disponibilité, rapidité de livraison et accompagnement), c’est ce que nous apportons en plus du produit. Il faut être capable d’apporter tout ce package, si nous éprouvons de l’ambition pour un produit, et c’est la stratégie que j’entends mener. Nombre de nos produits ne sont pas des « commodités » comme on dit, mais requièrent un accompagnement technique important des professionnels. Ce qui ne pose pas un problème pour l’équipementier que nous sommes et qui sait depuis des dizaines années apporter son concours permanent, aux Diésélistes, par exemple !

Quelles sont les actions que vous mettez en place, en termes de formation techniques ?

Elles revêtent plusieurs formes en fonction des besoins des professionnels. Bien évidemment, l’e-learning prend une place grandissante puisqu’il est souvent difficile pour les réparateurs, par l’éloignement, ou par le manque de temps, de se rendre dans un centre de formation. Mais nous avons beaucoup de succès également dans la collaboration que nous établissons avec les distributeurs dans le cadre d’initiatives locales, comme l’organisation de journées techniques. Nous essayons, par ailleurs, de multiplier les formations « généralistes », à savoir partir de « comment je fais un diagnostic », « comment je réussis à identifier le produit, la bonne référence », jusqu’à « comment je me prépare à accueillir ce qui va arriver, demain dans mon atelier », etc.

Est-ce que les indépendants doivent être inquiets face à l’avenir ?

Ce qui arrive maintenant en termes de nouvelles technologies fera son apparition dans les ateliers dans cinq ans. Il ne s’agit pas d’une révolution mais d’une évolution. Tout le monde évoque le 48 volts – et nous sommes très avancés sur ce sujet – il s’agit, cependant, en résumé, d’un moteur plus un moteur électrique. Il faut dédramatiser, mais être à l’écoute et se préparer en se formant au fur et à mesure. C’est la même question qui se posait vis-à-vis du diagnostic avant la prise OBD. Notre rôle consiste à apporter des solutions aux réparateurs, leur amener les informations le plus tôt possible et le plus près de leur atelier pour que la distance ne soit pas un problème de formation. Et nous sommes armés pour leur apporter les solutions dont ils ont besoin.

Comment envisagez-vous la distribution de vos produits et services, au Maghreb ?

Pour nous, ce qui est important c’est de bénéficier de bons relais locaux, de nous appuyer sur un certain nombre de distributeurs (je choisis le mot à dessein, car certains importateurs sont devenus d’excellents distributeurs), qui mettent en place les outils locaux d’aide à la vente. Rappelons que le parc automobile se transforme au Maghreb, les Dacia sont entrés en force, par exemple, et il faut mettre en place des supports techniques adéquats. En tout état de cause, nous sommes satisfaits du maillage que nous avons aujourd’hui. Si nous voulons faire du bon travail, nous devons tisser des liens de partenariat forts qui s’appuient sur un plan de développement à long terme, donc qui supposent une relation de confiance. Il faut que tous les distributeurs aient une vision claire, à moyen et long terme de ce que nous allons développer en commun.

Envisagez-vous de mettre en place des Delphi Service Center ?

Il existe beaucoup de concepts de garage sur le marché mais je crois beaucoup plus à la fidélisation du client par son distributeur. Je crois qu’il est plus intelligent d’avoir, dans nos domaines de compétences, une identification très forte sur les produits que le distributeur souhaite promouvoir. Je ne suis pas convaincu que le concept de garage soit la voie à suivre. En fait, nos distributeurs doivent construire le PC et nous sommes le Delphi Inside »..  

Propos recueillis par Hervé Daigueperce

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