Le filtre d’habitacle : parent pauvre de la filtration

Le filtre d’habitacle : parent pauvre de la filtration

Dans la famille filtre, certains produits fonctionnent parfois moins bien que les autres. C’est le cas du filtre d’habitacle. Ce grand incompris est encore trop souvent considéré comme un filtre sans intérêt réel pour le véhicule. Le point avec Corteco-Freudenberg, chantre du filtre d’habitacle.

Spécialisé dans le filtre d’habitacle, Corteco propose également, via Freudenberg et sa marque MicronAir, une vingtaine de filtres à air principalement positionnés sur des véhicules haut de gamme, filtres éminemment complexes qu’aucune autre marque ne fait. Concrètement, Corteco propose donc au catalogue 700 références de filtres VL et une centaine pour le PL… Mais si la filtration représente un excellent potentiel de marché en Algérie, ce n’est pas nécessairement sur le média « habitacle », plus saisonnier, qui connaît un pic, chaque année, au Printemps. « Et pour cause, en Algérie le filtre d’habitacle est encore appelé « filtre climatisation, c’est à dire que pour eux il est uniquement lié à la climatisation et pas au désembuage ou à la pollution de l’habitacle, etc. », explique Nazim Messamah, responsable Export de Corteco… De fait, ce dernier n’occupe pas une place gigantesque sur le marché de la filtration en Algérie.

Un marché de niche

Alors pour néanmoins y faire exister le filtre d’habitacle, l’équipementier s’est presque spécialisé dans les marchés de niche et travaille notamment avec des spécialistes des véhicules allemands, plus sensibles aux changements de filtres d’habitacle, ou encore avec les spécialistes du filtre PL, ou, pour le filtre à air, sur des technologies ultra pointues destinées à des véhicules tels que les Audi Q7 ou R8 ou la BMW X6. « Ensuite, le gros de notre travail consiste à sensibiliser les professionnels et les automobilistes au bien-fondé d’un remplacement régulier du filtre d’habitacle.

Mais même en France, nous sommes encore en-dessous des taux théoriques de remplacement… Les mentalités sont longues à changer », estime Nazim Messamah. Des mentalités d’autant plus longues à changer que les filtres d’habitacle se logent parfois dans des endroits particulièrement inaccessibles. Un obstacle supplémentaire qui ne favorise pas son renouvellement régulier. Corteco a donc trouvé un semblant de parade en vendant, avec chacune de ses références, l’outil de montage adéquat afin de faciliter la vie du réparateur. Las : « Pour eux, le plus important, c’est le filtre à carburant, au point qu’ils le changent même plus que les recommandations des constructeurs, c’est à dire avant 10 000 km alors que c’est théoriquement plus aux alentours des 15 000-20 000 km.

Evidemment cela est lié à la mauvaise qualité du carburant mais ce qui est paradoxal c’est qu’à côté de cela ils vont passer un coup d’aspirateur pour dépoussiérer un filtre à air et le remonter au lieu de le changer », constate de responsable export de Corteco.

Le pouvoir du nom

Alors, plus que du martèlement d’un discours de sensibilisation, Corteco profite surtout, pour engranger des parts de marché, de son nom. En Algérie en effet, Corteco bénéficie d’une véritable notoriété dans le domaine des joints de culasse. Une notoriété qu’il n’hésite pas à mettre au service de ses filtres d’habitacle en proposant, par exemple, des promotions conjointes sur les deux produits. « Corteco et Freudenberg sont deux marques qui bénéficient d’une aura de qualité, et de leur positionnement en 1ère monte. Cela nous est favorable et notre position sur le joint nous permet également de passer le message sur l’habitacle », reconnaît Nazim Messamah.

Et si demain, Corteco et Freudenberg se lançaient dans la production de nouveaux filtres, plus en phase avec les besoins du marché algérien et, plus largement, maghrébin ? Si l’équipementier profitait des nouvelles lois sur l’importation pour développer une chaîne de production de filtres ? « Il est vrai que travailler avec des producteurs locaux serait le moyen de développer d’autres types filtres en apportant notre savoir-faire en OE et sans partir d’une page blanche…Mais nous sommes là dans la pure spéculation ! Ceci dit, si l’on devait avoir une usine en local avec un partenaire, nous ne ferions probablement pas du filtre d’habitacle car cela ne serait pas rentable. Aujourd’hui, notre usine de production en Allemagne suffit à fournir le monde entier », imagine Nazim Messamah. Pour l’heure, c’est certain, aucun business de ce genre n’est en vue chez l’équipementier !

  Ambre Delage

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