Le Gipam en forum

Le Gipam en forum

Le mois dernier le GIPAM a organisé ses premières rencontres professionnelles. Faire le point, mais aussi traiter des sujets brûlants et définir le rôle de l’association, tels étaient les objectifs de ces rencontres. Nous vous avons sélectionné quelques questions diffusées dans le dossier
de presse qui donnent un éclairage sur l’après-vente automobile marocain aujourd’hui.

La libéralisation du secteur a-t-elle été bénéfique pour la profession et les consommateurs ?

Le secteur de la pièce de rechange était soumis à une réglementation caractérisée par la mise en place de prix de références fixant les valeurs minimum d’importation par typologie de pièces, des inspections de la commission des valeurs et enfin un coefficient maximum de prix de vente fixé à 1,8 % du prix d’importation. En 2000, la promulgation de la loi sur la concurrence a engendré la suppression de la commission des valeurs, libéralisant ainsi le secteur. En 2003 s’y est ajoutée la suppression des prix planchers d’importation suite aux accords signés entre le Maroc et l’OMC et ceux de l’Union Européenne. Or, cela a malheureusement favorisé les importations sauvages de pièces de rechange venues notamment de pays asiatiques

Comment vous décrivez, alors, l’informel au niveau de votre secteur ?

Sous ce seul mot, se cache une multitude de phénomènes aussi préoccupants les uns que les autres et faisant pourtant partie intégrante de la filière de distribution de la pièce de rechange au Maroc. Il s’agit de la contrebande, la sous-facturation en douane, la contrefaçon, les pièces usagées, les non déclarations fiscales, sociales… Ces pratiques génèrent une concurrence déloyale, qui est à l’origine des prix très bas au détriment de la rentabilité des entreprises du secteur formel, des recettes Etatiques, l’insécurité des automobilistes et de la pollution de l’environnement. La ferraille constitue le lieu indiqué où toutes ses pratiques se chevauchent à des degrés différents ! Ces Acteurs en tirent un grand profit vu l’importance des chiffres d’affaires qu’ils réalisent. Il faut bien souligner que la contrefaçon mine le secteur. Elle touche la quasi-totalité des pièces de rechange à condition qu’elles n’impliquent pas de gros développements techniques ou électroniques. Ce sont, en somme, des plaquettes de frein, joints de culasse ou autres courroies. C’est pourquoi les produits les plus touchés sont les produits de consommation courante qui peuvent ainsi entrer sur le territoire en plus grosse quantité. Les voies de transit de ces produits sont difficilement identifiables. Les écarts de prix constatés entre les produits de contrefaçon et ceux des grandes marques sont extrêmement importants : un filtre diesel : -40 %, une bougie : -50 %, un balai d’essuie-glace : -50 %, joint de culasse : -60 %., ….

Quid de l’application obligatoire des Normes Marocaines ? 

Notre Groupement est très favorable à l’application des normes obligatoires ; c’est l’une des voies efficaces pour assainir le marché et empêcher son inondation par des produits défectueux voir frauduleux. Seulement, il ne faudrait pas mettre tous les professionnels sur le même piédestal et les faire subir le même traitement : Il faudrait considérer différemment les importateurs sérieux qui importent des produits respectant les normes de ceux qui importent des produits douteux, au même titre que les Agents de marque des véhicules. Autre problème à soulever : la lourdeur de la réalisation des tests de conformité au niveau du CETIEV qui prend du temps et pénalise du fait l’importateur qui voit ses produits bloqués au port générant des surcoûts. En outre, le coût des essais est devenu, dans certains cas, exorbitant. Malheureusement, les pièces usagées importées par les ferrailleurs ne sont pas soumises par le Ministère du Commerce et de l’Industrie au contrôle de leur conformité par rapport aux Normes Marocaines rendues d’application obligatoire ! C’est une bourde qui pénalise fortement les importateurs des pièces neuves qui subissent ce contrôle avec toutes ses conséquences en termes de coûts et de délais ce qui fragilise davantage leur compétitivité.

Quelle est votre conclusion suite à cette lecture exhaustive des différents problèmes qui sévissent le secteur ?

Nous avons pris l’initiative de créer GIPAM pour prendre à bras le corps ces différents problèmes et examiner avec les différents Départements Ministériels concernés les mesures adéquates à prendre pour y remédier. Nous sommes conscients de l’importance que prend le parc automobile suite à sa croissance par les ventes des voitures qui augmentent à deux chiffres depuis des années. Répondre aux besoins de réparation et d’entretien dudit parc dans des conditions satisfaisantes est un défi auquel tous les acteurs, publics et privés, doivent lever. C’est aussi un marché grandissant créateur d’emplois tant au niveau de la fabrication et la distribution des pièces de rechange qu’au niveau de la réparation. En tant qu’acteurs indépendants, et au travers notre Groupement, nous tendons notre main à tous nos partenaires pour contribuer à lever ce défi et tirer profit de la croissance du parc automobile au Maroc pour créer plus d’emplois et de richesses.   

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