Le réveil de la belle endormie

Le réveil de la belle endormie

Frédéric Chaussat, Directeur général branche Filtration OE/IAM, chez Sogefi Group, OE/IAM

Vous venez d’arriver chez Sogefi Group, qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans ce groupe par rapport aux grands concurrents premium du secteur ?

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les premières impressions, cependant deux lignes fondamentales sont à mentionner. Tout d’abord, le groupe Sogefi « avance sur ses deux jambes », la première monte et l’aftermarket, ce qui nous rend incontestablement plus stable. Les deux revêtent pour le groupe une grande importance, l’innovation technologique de la première apportant une plus-value essentielle à la seconde, et l’aftermarket offrant son savoir-faire issu des réalités du terrain, et communiquant les besoins des professionnels à la première. Parallèlement, Sogefi Group a bénéficié, depuis sa création par Carlo de Benedetti, de ce qu’on pourrait appeler « une stratégie pragmatique », qui demeure dans l’ADN du groupe et s’avère particulièrement efficace pour répondre aux besoins de la première monte comme de la rechange et de la réparation.

Le secteur de la filtration apparaît comme l’un des plus concurrencés, comment l’appréhendez-vous ?

Le monde de la filtration est effectivement très concurrencé, et compte une pléthore d’acteurs, mais il est en train de se transformer de telle manière que les cartes vont se redistribuer de manière très différente. En effet, les changements technologiques qui apparaissent sont tels, que la première monte va revenir sur le devant de la scène et que tout le monde ne pourra pas suivre. La filtration va redevenir quelque chose de spécial et de très technique, nécessitant de la recherche et développement à haut niveau. J’ajouterais que beaucoup de gens croyaient qu’avec le futur de l’automobile, tel qu’il se dessine, le filtre allait disparaître, alors qu’il va devenir aussi sinon plus essentiel encore. Ce ne seront pas les mêmes, il y en aura beaucoup plus et pas aux mêmes endroits, mais ce seront aux acteurs de la première monte, vecteurs d’innovation et de recherche, de répondre à ces nouveaux besoins.

Quelle mission vous êtes-vous fixée en, prenant la direction de Sogefi Filtration ?

Je répondrais sans hésiter « réveiller une belle endormie ». Le groupe détient des atouts énormes, des positions en première monte fortes, grâce à la qualité des produits et à sa capacité d’innovation, sans compter une largeur de gamme très importante et une présence mondiale établie depuis longtemps. Cependant, nous avons un déficit de communication et une discrétion qu’il devient nécessaire de combler. Qui sait que nous représentons plus de 50 % de parts de marché en première monte et chez des constructeurs comme Volkswagen, Peugeot ou Porsche ? C’est cette technologie qui nous permet d’être performant en aftermarket. Nous nous sommes trop reposés sur la notoriété de nos marques, et sur une identité qui a été italienne, puis française, alors que nous sommes, depuis longtemps, avant tout un groupe international, qui innove sur tous les marchés. Nous allons ouvrir, par exemple, au Maroc la première usine greenfield, pour alimenter les usines de Renault et de PSA, bien sûr, mais aussi la rechange indépendante au Maroc et, plus largement, en Afrique. Nous bénéficions d’un portefeuille très fort en OEM, dont doit bénéficier la rechange partout dans le monde.

L’aftermarket semble prendre une grande place dans Sogefi Group, ce qui n’est pas souvent le cas dans les multinationales de première monte ?

Sogefi Group reconnaît à l’après-vente une part entière dans le groupe, j’en veux pour preuve, comme exemple, le seul fait que Françoise Blais, notre Directeur Général de la Rechange Indépendante, en prenant ses nouvelles fonctions chez Sogefi, est entrée immédiatement au Comité Exécutif du Groupe Sogefi, comme ses prédécesseurs, d’ailleurs. L’aftermarket se veut le prolongement naturel de la première monte, il est aussi important. Il faut ajouter que Sogefi, non seulement fabrique les mêmes produits pour l’IAM que pour l’OEM, mais conçoit également des produits spécifiques et des services propres à la rechange, afin de simplifier la vie des distributeurs. Nous nous devons d’apporter beaucoup plus de service à la rechange, mais sans l’innovation OE, nous ne pourrions pas être aussi efficaces.

Sogefi Group possède un portefeuille de marques particulièrement riche, envisagez-vous de mettre en place une politique de marques, soit géographique, soit en termes de positionnement ?

Il est certain qu’avec un tel portefeuille de marques nous pouvons être très créatifs, et nous nous félicitons d’avoir cette chance. C’est effectivement à nous de les utiliser à bon escient. Aujourd’hui, les marques bénéficient chacune d’une forte notoriété dans des régions différentes. Pour l’heure, il est trop tôt pour évoquer une évolution de notre politique de marques mais nous saurons utiliser ce potentiel.

Vous évoquiez la création de l’usine de Tanger Med, pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet et vos positions au Maghreb ?

L’usine du Maroc, qui sera dédiée à la fois à la première monte et à la rechange, sera inaugurée début 2018. Elle s’étendra sur une surface de 25 000 m² et comptera 500 personnes à terme. Comme je le mentionnais, elle sera aussi tournée vers l’export, vers l’Afrique, continent pour lequel nous avons beaucoup d’ambitions, mais aussi vers l’Europe. Par ailleurs, cela renforcera nos positions en rechange, au Maroc même. Nous avons tissé avec nos clients des liens de fidélité importants, que nous tenons à préserver. Si notre usine nous permet d’augmenter nos parts de marché dans le Maghreb, ce sera un plus pour la distribution locale.

Quels sont projets pour 2018 ?

2017 n’est pas encore fini ! Mais ce que je peux dire, c’est que l’année 2018 sera riche en actions et nous aurons de belles choses à annoncer.    Propos recueillis par Hervé Daigueperce

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