Maroc : En avant toute !

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Entre 2021 et 2020, les exportations marocaines ont affiché une véritable dynamique que l’on devrait voir se poursuivre au cours de l’année 2022, puisque, face au 24,3 % de croissance en 2021 par rapport à 2020, on compte déjà sur le premier trimestre une hausse de 23 %. La même tendance va se poursuivre et avec elle une augmentation des volumes. Notons que l’automobile a été le fer de lance de cette forte augmentation avec + 15 % entre 2020 et 2021, sachant que l’électrique et l’électronique drainés par l’automobile ont aussi témoigné d’une hausse de 10 %. Autant de faits qui ont poussé la chaîne de télévision marocaine 2M TV à interviewer Adil Zaidi, Vice-Président de l’ASMEX (Association Marocaine des Exportateurs) interview dont nous prélevons de larges extraits.

Comment expliquez-vous cette montée en puissance des exportations ?

L’économie marocaine a su montrer sa résilience et son inventivité face à la pandémie qui a affecté toutes les économies mondiales. On se rappelle tous l’épisode des masques et des respirateurs où le Maroc a été particulièrement performant. 2021 s’est révélée comme une année de rebond pour les exportations avec une hausse globale de plus de 24 %, mais aussi, avec une hausse de 15 % par rapport à 2019 ; Ce n’est donc pas un effet d’aubaine mais bien une progression de fond. Le montant des exportations s’élève à 326 milliards de dirhams, une réussite qui provient premièrement d’une restructuration de l’économie marocaine.

Qu’entendez-vous par restructuration ?

Nous parlons d’une restructuration de l’économie marocaine, notamment sa partie industrielle telle que voulue par sa majesté le Roi, Mohamed VI, Que Dieu l’assiste. En effet, l’essor du plan d’accélération industriel a donné une structuration et une complexité du produit marocain. Ce qui augmente l’offre exportable, sa qualité, et aussi la promotion du label « Made in Morocco » à l’extérieur. Il ne faut pas oublier non plus l’impact du changement de comportement de la communauté internationale du fait de la pandémie. Les acheteurs internationaux veulent se rapprocher de leurs fournisseurs, veulent diversifier leurs sources d’approvisionnement, afin de ne plus subir les blocages tels qu’on les a connus.

Le Maroc a été longtemps considéré comme un pays à produits low-cost, qu’en pensez-vous ? 

C’est une image qui perdure alors que le Maroc a subi une véritable métamorphose. Pour illustrer ce propos, précisons que 66 % des exportations sont des produits ouvrés en provenance de l’industrie marocaine, 24 % proviennent des phosphates et dérivés, 10 % des produits naturels (mines, agriculture, sylviculture…). Ce qui signifie que le Maroc exporte de plus en plus de produits à valeur ajoutée. Et dans ce cadre, l’automobile s’affirme comme le premier secteur d’exportation avec 85 milliards de dirhams.

La crise, puis la guerre en Ukraine bloquent-ils les marocains dans leurs ambitions de croissance à l’exportation pour l’année en cours ?

Il est difficile de porter un jugement définitif sur une situation qui se joue actuellement. Ce que l’on peut affirmer, c’est que le Maroc a montré sa résilience, a su s’adapter et témoigné de sa force et de sa réactivité face à la crise. Le « Made in Morocco » a été donné en exemple. Néanmoins, il ne faut pas négliger les effets des hausses des matières premières, des ruptures d’approvisionnement ou encore des augmentations permanentes des coûts de l’énergie et de transport. 

Quels sont les relais de croissance aujourd’hui, pour les exportations marocaines ?

Le Maroc peut se révéler un partenaire important pour de nombreux opérateurs internationaux. En effet, si le Maroc s’avère très bien placé sur l ’échiquier mondial, tant en positionnement produit qu’en image, il est au contraire très mal placé sur le plan chiffres avec une position de 0,74 % du commerce international. Ce qui signifie que l’on ne peut qu’être meilleur en 2022 ! Le Maroc a une position géostratégique privilégiée et est devenu un hub pour tout le continent sur le plan financier, des télécommunications, aérien, culturel, reste à utiliser ces atouts pour transformer notre faiblesse en commerce international en une opportunité de croissance.

D’une certaine manière, l’augmentation des produits d’énergie va nous être bénéfique car sous l’impulsion de sa Majesté le Roi Mohamed VI, la diversification des sources d’énergies a été colossale de même que la priorité qui a été donnée aux énergies renouvelables vont nous être profitable sur le plan international. Le différentiel de prix va venir en notre faveur puisque l’augmentation des coûts de l’énergie rendra plus attractive l’offre de l’éolien et du solaire. Et dans le cadre de la politique de décarbonation imposée par tous les pays, nous aurons un avantage. 

Le Maroc bénéficie certes d’atouts majeurs, mais est-ce suffisant pour faire la différence au niveau mondial ? 

Cependant, la route est longue, il est vrai ! Il faut avoir une vraie stratégie export déclarée pour une implication de l’ensemble des entreprises industrielles. L’export vient d’abord d’une volonté et cette volonté doit être mobilisée et encouragée. A un tel niveau des perturbations actuelles, des hausses de prix, nous devons nous préparer à ce que j’appelle une position de devises. En réalité, nous risquons de payer beaucoup plus cher ce que nous sommes obligés d’acheter et par conséquent il faut vendre plus cher, il faut qu’on vende plus et qu’on diversifie plus.

Propos issus de l’interview d’Adil Zaidi sur 2M TV Info Soir

Hervé Daigueperce
Hervé Daiguepercehttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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