Maroc-Portugal : deux pays complémentaires dans le secteur automobile

Maroc-Portugal : deux pays complémentaires dans le secteur automobile

Après des années de collaboration dans le domaine automobile, les relations économiques commerciales entre le Maroc et le Portugal n’ont pas été à la hauteur de leur potentiel, jusqu’à dernièrement où cette tendance a commencé à s’inverser. C’est autour d’une réunion d’un représentant de l’AMICA et l’IFMA, et de l’Agence de l’Investissement et du Commerce Extérieur du Portugal (AICEP), que les nouvelles synergies ont été révélés, notamment dans l’industrie automobile.

Le secteur de l’automobile est un point en commun entre le Maroc et le Portugal, ce domaine a été leur premier poste exportateur pendant la dernière décennie. Joana Neves, conseillère à l’Ambassade du Portugal à Rabat et de l’agence de l’investissement et du commerce du Portugal, a justement mentionné que pendant la période allant de janvier à août 2021, le Maroc a figuré parmi les 10 premiers clients de son pays. À la même occasion, elle a révélé que plus de 180 entreprises portugaises sont installées au Maroc et exercent dans des activités diverses, telles que la métallurgie, l’automobile, la pharmacie, ou encore le textile. La conseillère de l’ambassade a loué des relations anciennes et cordiales que son pays va œuvrer à approfondir. 

De sa part, Rachid Machou, Vice-président de l’AMICA (Association Marocaine pour l’Industrie et le Commerce Automobile) et président de l’IFMIA (Institut de Formation aux Métiers de l’Automobile), a évoqué la crise des semi-conducteurs, déclarant que les experts prévoient une sortie de la crise au premier semestre 2022. Il ajoute à cela que pour les réalisations du secteur automobile « Made in Morocco », le constat a été d’un écart de 13% comparativement aux prévisions sur les ventes automobiles et des composants.

Une complémentarité structurelle 

La conseillère de l’Ambassade du Portugal, a loué la qualité de la formation au Maroc et a évoqué ce mouvement de plaques tectoniques dans le domaine des chaînes de valeur globales. Elle a mentionné que les entreprises portugaises présentes au Maroc pourraient profiter de l’Accord de libre-échange signé entre le Maroc et les États-Unis, mais aussi d’autres débouchés. Par ailleurs, ces entreprises portugaises sont présentes pour partager leur savoir-faire dans leurs secteurs respectifs. Quant à la recherche et développement, le Portugal qui a une expertise très pointue dans ce domaine, notamment dans la mobilité électrique, serait prêt à accompagner la formation, a-t-elle ajouté. 

Rachid Machou n’a pas manqué de se féliciter à l’occasion, de la formation et de la compétitivité de l’offre Maroc. Il mentionne : « qu’il y a une complémentarité structurelle entre les deux pays, et que si le Maroc est bon en matière de produits, le Portugal est bien positionné quand il s’agit de processus, d’outils et de machinerie ». Et d’ajouter que : « fort heureusement, des instituts de formation, tels que l’IFMIA ou le CFMA, entendent progresser dans l’ingénierie, les études et les mesures pour atténuer les écarts avec les techniciens formés en Europe. C’est d’autant plus judicieux que le secteur de l’automobile évolue très vite. Le secteur s’oriente vers l’automobile connectée et décarbonée ».

Secteur automobile : un partenariat qui ne date pas d’hier

Il est à rappeler que deux conventions ont été signées, le 22 novembre 2022, à Casablanca, entre l’AMICA, l’IFMIA et l’AICEP. Un partenariat sur plusieurs fronts, avec l’investissement et l’automobile en premier plan.  « Le socle du partenariat entre le Maroc et le Portugal dans le domaine automobile date de 2015 », avait souligné Hakim Abdelmoumen, président de l’AMICA, lors de la réunion. Pour le responsable, le monde de l’automobile est en train de basculer avec des challenges technologiques majeurs : « en effet, le secteur est en train de muter vers la durabilité et la connectivité sans oublier l’impératif de décarbonation auxquels font face aujourd’hui les industriels du monde entier. Des défis certes énormes, mais qui restent une opportunité à saisir aussi bien pour le Maroc que le Portugal. D’où l’intérêt de tisser des liens forts », avait révélé Hakim Abdelmoumen.

Abdellah Khalil

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