Mohamed El Housni, directeur général de Copima et président du Gipam

Mohamed El Housni, directeur général de Copima et président du Gipam

Une première au Maroc, une première pour vous, en tant que président du Gipam et aussi en tant qu’exposant, avec l’une des plus grandes surfaces du salon… aujourd’hui, au bout de deux jours, êtes-vous un homme heureux ?

Le fait que le temps passe si vite est signe que l’on est heureux ! Lancer une première édition s’avère quand même angoissant, parce qu’on ne sait pas trop comment cela va se passer, si les visiteurs seront au rendez-vous, si …. Beaucoup de si et de comment nous hantent à la veille du salon, alors que tout le monde s’est vraiment mobilisé pour que cela réussisse. Mais, d’ores et déjà, nous pouvons nous montrer satisfaits de ce que nous avons réalisé, parce que les fournisseurs sont venus nombreux, comme les visiteurs, dont certains n’ont pas hésité à parcourir 700 ou 800 kilomètres pour assister au M.A.T. Cela a constitué une agréable surprise et je remercie toutes celles et tous ceux qui sont venus de très loin pour une première ! Du côté des fournisseurs, nous avons été touchés par leur soutien immédiat à notre projet, alors même que la période n’était pas favorable et qu’ils étaient déjà beaucoup sollicités par ailleurs.

Quelles ont été les actions et peut-être les arguments que vous avez utilisés pour convaincre les uns et les autres de venir ?

Chez Copima, nous avons communiqué sur les promotions « spécial salon » mais cela n’aurait pas été suffisant sans une communication de notre part sur la présence des équipementiers à nos côtés, et ce que cela pouvait apporter à la filière. Nous avons demandé, ainsi, à nos clients, de venir, afin qu’ils rencontrent nos fournisseurs, qu’ils comprennent comment ils réfléchissent, quels sont les besoins des uns et des autres, comment ils mettent en place une marque et envisagent l’avenir de leurs produits, etc. Les gens connaissent de plus en plus la réalité des salons et ce qu’apporte un salon professionnel comme celui-ci. Ils l’ont prouvé en venant nombreux et avec des questions, des demandes d’information, de documentations techniques, etc.

Quelques distributeurs manquaient toutefois à l’appel, même si les plus importants étaient là en nombre, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Nous nous réjouissons que la plupart des grands distributeurs aient participé au Salon, même si nous avons été déçus par quelques absents, dont nous ne comprenons pas la décision. En effet, un salon professionnel, dédié à notre métier, se veut la meilleure façon de communiquer sur ce qu’on vend, sur les gens qui travaillent dans notre profession, sur nos valeurs. On peut venir sur un salon pour communiquer sur notre marché, c’est même notre responsabilité à tous, de venir la main dans la main, pour pouvoir élever le niveau de notre marché sans, pour autant, se focaliser, sur sa propre entreprise. Mais ne boudons pas notre plaisir, la plupart sont là et nous sommes convaincus que la prochaine édition verra tous les acteurs rassemblés autour de la promotion de notre profession et aussi de sa défense.

La contrefaçon a été un sujet fort lors des tables rondes, un sujet sur lequel le consensus devrait prendre le pas sur toute autre préoccupation ?

Le sujet de la contrefaçon se révèle une bonne illustration de ce que nous pouvons faire ensemble. Chacun, dans son coin, s’insurge contre la contrefaçon, mais cela ne sert pas à grand-chose. En revanche, quand l’occasion nous est fournie de lutter, quand c’est le moment où l’on peut protester efficacement, il faut saisir cette opportunité. En exposant sur ce salon, on permet à tout le monde d’identifier les professionnels qui ne trichent pas, qui n’hésitent pas à se montrer et à prouver qu’ils font un travail de qualité avec des pièces de qualité. En exposant, avec nos fournisseurs, on révèle le lien qui nous unit avec les grands équipementiers mondiaux comme avec les fabricants nationaux qui respectent les normes, la qualité d’origine. Nous avons la chance d’avoir à nos côtés beaucoup de fournisseurs qui participent à notre combat, c’est extrêmement important pour notre notoriété, notre crédibilité et notre visibilité. Ne pas exposer, à l’inverse, c’est s’exposer à être mis en cause, à laisser planer le doute. C’est dommage de ne pas profiter d’être tous sur un même espace et de ne pas communiquer de concert. Il est vrai que nous n’avons pas la culture du salon et si notre action, avec M.A.T. a fait changer les mentalités, j’en serais content et très heureux d’y avoir apporté ma petite contribution.

Est-ce que le salon a, d’une certaine façon, offert ses lettres de noblesse au Gipam qui l’a initié ?

Depuis 18 mois que l’aventure du Gipam a commencé, nous avons travaillé très dur, non seulement pour s’imposer comme association, pour se faire connaître et reconnaître, et aussi pour construire un événement pareil. Une implication que nous ne regrettons pas, au contraire, parce que le fait de nous rencontrer tous, autour de la table, pour élaborer nos actions, nous a permis de mieux nous connaître entre professionnels. Par moments, nous avons parlé de tout et de rien, pour se découvrir, se connaître, et se rendre compte que nous avions des idées fausses les uns sur les autres. Aujourd’hui, et avec le succès du salon, la représentativité du Gipam va s’amplifier. Petit à petit, les pouvoirs publics nous écoutent davantage, et prennent en considération nos projets. Le Ministère du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles Technologies et globalement les pouvoirs publics sont focalisés sur l’industrialisation du Maroc et les investissements qui peuvent être réalisés. En clair, le Ministre nous dit qu’il nous aime bien, mais qu’il aime beaucoup plus les industriels qui créent de l’emploi. Notre discours consiste à dire que, nous aussi, nous pouvons ajouter notre plus-value, car en structurant un marché, en protégeant l’automobiliste, en réparant les véhicules proprement, en faisant attention à ce qui est importé, nous participons à rendre le Maroc attractif pour les investisseurs internationaux. Par ailleurs, nous avons de nombreux projets qui consistent à créer des échanges constructifs entre les industriels marocains, et les industriels de l’automobile qui sont nos interlocuteurs, pour montrer ce qui peut être fabriqué au Maroc, puis promouvoir ces produits. Nous devons également faire connaitre les fabricants nationaux auprès des acteurs de la distribution qui ne savent pas toujours qu’ils existent. Ce que nous apprend un salon comme celui-ci, c’est qu’ensemble, nous participons d’une même ambition, celle de professionnaliser nos métiers pour favoriser le développement de l’industrie et de la distribution. Nos fournisseurs équipementiers sont partenaires des distributeurs aujourd’hui et peuvent être des partenaires industriels en première monte comme en rechange.

La Douane s’est montrée très demandeuse de collaborations avec les professionnels, avec le Gipam, Qu’en pensez-vous ?

L’appel de la Douane pendant la table ronde a été impeccable et nous comptons bien aller les voir avec des choses claires et concrètes pour faciliter leur travail et protéger le nôtre. Cela fait vraiment plaisir de voir que notre administration ait une idée aussi claire des besoins de notre profession.    

  

Lors des tables rondes, on a assisté à une entente cordiale entre les associations et fédérations professionnelles dédiées à l’automobile et à son environnement, une union nouvelle ?

Lors des précédentes élections de l’Amica, Mohamed Lacham a été élu comme Président de l’Amica, un homme avec lequel les discussions apparaissent plus fluides, plus claires. Il a compris le message que nous avons véhiculé, qu’ensemble nous pouvions faire énormément de choses, que les choses qui nous réunissent sont beaucoup plus importantes que les détails qui nous séparent. Parallèlement, une nouvelle Fédération de l’automobile a vu le jour, présidée par Mohamed Abdelmoumen, une Fédération affiliée à la CGI, et qui a été créée pour fédérer toutes nos associations professionnelles, pour gérer tous les problèmes transversaux, pour qu’on puisse aller de l’avant, sans entrer dans le détail de la vie de ces mêmes associations. Les choses se structurent, se positionnent, et nos actions à tous portent leurs fruits. Et nous apprenons à nous respecter tandis que chacun, dans son secteur, va continuer à ce que le marché se structure et donne une image attractive auprès des investisseurs au Maroc.

Une annonce pour le prochain salon ?

Nous comptons rééditer l’opération dans deux ans pour laisser à tout le monde le temps de récupérer et de se rendre aussi dans les grandes manifestations internationales. Cela nous permettra aussi de peaufiner la prochaine édition. Je citerais un exemple. Federal-Mogul Motorparts a effectué sur le stand de Copima une présentation du « garage Gurus » et des démonstrations techniques. Nous l’avons accueilli sur notre stand, parce qu’il nous a semblé capital que la technique soit mise à l’honneur et nous lui avons demandé d’ouvrir son périple marocain sur le salon. En même temps, comme c’était une première, et que nous ne savions quel accueil le salon recueillerait, il était plus sûr d’accorder un espace sur le stand. Au vu des résultats, de l’engouement des professionnels pour les démonstrations techniques, l’année prochaine, nous allons consacrer un grand espace « atelier » au cœur du salon, où tous les fournisseurs pourront faire des démos, des présentations. Le salon n’est pas encore terminé que nous pensons déjà à la prochaine édition, à l’améliorer, à réfléchir à d’autres innovations… C’est enthousiasmant !

   Propos recueillis par Hervé Daigueperce

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