Moroccan Automotive Technologies : entretien avec Mohamed El Housni

Moroccan Automotive Technologies : entretien avec Mohamed El Housni

« Le thème central de ce salon, sera la sécurité et la lutte contre la contrefaçon »

A quelques semaines à peine du premier salon de la pièce et de l’équipement M.A.T., le président du Gipam et co-fondateur du M.A.T. Mohamed El Housni répond sans filtre ni langue de bois aux questions de Rechange Maroc.

En tant que co-fondateur du salon M.A.T., qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’aventure d’un salon de l’après-vente automobile ?

Tout d’abord, je dois dire qu’un réel et profond besoin s’est fait sentir auprès des distributeurs et des importateurs de pièces au Maroc. C’est surtout un besoin de communication car, il faut le dire, le marché a pris une telle importance qu’une réelle visibilité et une clarté sont devenues indispensables : surtout quant au volet de la contrefaçon : l’ensemble des clients doivent être bien informés. De plus, le domaine des pièces détachées est un milieu en perpétuel changement, dans un pays qui produira prochainement 500.000 voitures…De ce fait, un vrai salon professionnel s’imposait.

Qu’en attendez-vous ?

Difficile à dire… en 2018 pour une première édition… nous sommes, dans tous les cas, déterminés à le réussir, surtout que le marché et l’administration nous ont incités à le réaliser. En fait, en tant que professionnels responsables, nous n’avions presque pas le choix.

Quelles sont vos ambitions ? Quelle surface avez-vous réservée et comment l’avez-vous organisée ?

Pour faire un bon salon, organisé de manière professionnelle j’entends, nous avons fait appel à Global Event, une véritable référence dans le secteur, et quant à l’emplacement… malheureusement à Casablanca, nous n’avons malheureusement presque pas le choix, mis à part l’OFEC (Office des Foires et Expositions de Casablanca). Cela se tiendra sur une surface convenable de 4 000 mètres carré, pour 200 exposants. Nous attendons environ 15.000 visiteurs pour cette première. Quant à l’agencement intérieur, il n’est pas encore figé à 100 % et c’est normal à ce stade des préparatifs.

Je tiens à préciser que contrairement à la plupart des autres salons organisés, le MAT n’a pas pour but premier de gagner de l’argent : ce qui fait une différence essentielle !

Que présentez-vous sur le salon, en priorité votre société, des produits et des services de vos partenaires ? Que privilégiez-vous ?

Nous tenons à faire un focus particulier sur les produits fabriqués au Maroc. Ce pays devient de plus en plus une terre automobile sur laquelle on produit des pièces de qualité… Je pense que c’est important de donner une dimension marocaine ET africaine à cette exposition. Bien entendu, tous les fournisseurs étrangers, italiens, français, allemands et asiatiques seront présents… mais je ne vous cache pas que la majorité d’entre eux est européenne.

Comment vos partenaires ont-ils réagi à l’annonce de ce salon et comment vous soutiennent-ils ? 

Tout le monde a applaudi des deux mains ! … Car l’initiative est 100 % bénéfique pour tous et tout le monde. Que ce soient les administrations concernées, ou les intervenants du secteur. Cette réaction positive a d’ailleurs éliminé toute hésitation quant à la tenue de cette première édition.

Quelles typologies de visiteurs attendez-vous ?

Ne perdons pas de vue que le MAT est avant tout un salon B to B, c’est-à-dire que des importateurs ou des fournisseurs demanderont avant toute chose à vouloir parler avec les revendeurs, et les prescripteurs. C’est le plus important à mon sens. Par exemple, les mécaniciens sont d’excellents exemples de prescripteurs. Mais bien évidemment, nous ne sommes pas sectaires, les portes sont ouvertes à tous, comme par exemple aux étudiants de l’OFPPT (Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail) et de l’IFMIA (Institut De Formation Aux Métiers De l’Industrie Automobile) qui sont invités à venir voir de plus près les pièces automobiles dont ils étudient le fonctionnement. Les curieux et les passionnés d’automobile sont eux-aussi les bienvenus.

Quelles actions avez-vous mises en place pour les inciter à venir vous voir ?

Notre secteur étant assez particulier au Maroc, nous avons choisi une stratégie conçue en 3 étapes : dans un premier temps c’est le porte-à-porte qui prévaut, pour ensuite embrayer sur une distribution de flyers et une sensibilisation des commerciaux des entreprises concernées. Et pour finir, un spot radio va être diffusé entre dans la quinzaine de jours précédant l’événement.

Une autre action incitant un maximum de visiteurs à se déplacer est en cours de mise en place : des autocars seront déployés dans un rayon de 150 à 200 km autour de la capitale économique, sur des axes principaux tels que Kenitra-Rabat, ou encore Settat-Berrechid voire Marrakech pour rassembler et amener à bon port… un pack avec le déjeuner sur place est à l’étude.

Quelles promotions (ou innovations) avez-vous initiées sur le salon ? Que recherchez-vous surtout, de nouveaux clients, de nouveaux partenaires, une plus grande visibilité ?

Chaque exposant va faire en sorte d’attirer de nouveaux clients… Ce qui est somme toute logique et normal… des promos spéciales et/ou des remises vont, je pense, être accordées … ce n’est pas tant un salon commercial étant donné que l’accent a surtout été mis sur la communication.

Un salon est un lieu de rencontres et d’échanges. Qu’attendez-vous en termes de conférences, d’informations, de débats. Mais aussi des institutions ? Est-ce l’endroit pour passer des messages ? Quels sont les sujets que vous souhaiteriez aborder ?

Le thème central de ce salon, sera la sécurité et la lutte contre la contrefaçon. Autour de ce sujet des séminaires et des tables rondes seront organisés. En termes de présence des institutions, ce sera fourni, car il faut noter la présence du Ministère de l’Industrie et du Commerce, de l’OMPIC (Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale) de l’IMANOR (l’Institut Marocain de Normalisation) ainsi que de la CONPIAC qui est en charge de la lutte contre les pièces contrefaites à l’aide de la police, de la gendarmerie et des services de douanes.

Où en êtes-vous sur « Salamatouna » ?

« Salamatouna » est un très grand chantier dont on vient de poser la première pierre. C’est notre vitrine, celle qui proclame la clarté et la transparence. La route est encore longue mais nous avançons. A ce sujet, en ce moment, nous collaborons pour la mise en place d’une application smartphone répertoriant les points de vente « Salamatouna » pour la tranquillité des consommateurs à la recherche de produits qui ne puissent pas être mis en doute quant à leur traçabilité et qualité.

Êtes-vous partisan d’un rapprochement avec l’AMICA ?

Nous considérons que l’AMICA (Association Marocaine pour l’Industrie et le Commerce de l’Automobile) est l’association mère qui a plus ou moins engendré le GPLC (Le groupement du poids lourd et de la carrosserie), la désormais très célèbre AIVAM (Association des Importateurs de Véhicules Automobiles Montés) mais aussi le GIPAM (Groupement interprofessionnel de l’Automobile au Maroc). Elle est réellement tournée sur le marché de la première monte, alors que nous sommes plus orientés sur le marché de l’Aftermarket.

Sa présence lors du salon est à étudier mais dans tous les cas, elle est invitée à nous joindre à cet évènement dans le but de débattre d’une stratégie commune et d’en dégager des points de convergence quant au marché de notre pays.  

Propos recueillis par Ahmed Darouiche

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