Peugeot part à la reconquête de l’Afrique grâce au Pick-Up

Peugeot part à la reconquête de l’Afrique grâce au Pick-Up

Entretien exclusif avec Jean-Philippe Imparato, Directeur Général de la marque Peugeot

Le lion a une ambition : celle de se développer à l’international. Et il ne s’en cache pas ! Il faut dire que Peugeot a préféré déserter cette année les dédales du salon de Francfort de l’automobile pour se consacrer à un dessein encore plus stratégique : celui de la reconquête du marché africain avec le lancement de son tout nouveau Peugeot Pick Up ! Jean-Philippe Imparato, Directeur Général de la marque Peugeot, a accordé un entretien exclusif à Rechange Magazine, où il explique tout sur le lancement de cet utilitaire léger.

Vous êtes un ex habitant de Rabat, vous devez donc connaître un peu les spécificités du marché marocain ?

Connaître toutes les spécificités du marché marocain, je n’aurais pas une telle prétention ni une telle arrogance (rires) ! Mais ce que je sais, c’est que les marocains sont friands de belles voitures. Je me suis rendu à Tétouan cet été et j’ai été frappé par le nombre de voitures de sports, de grosses berlines et de SUV qui circulaient là bas. Les marocains veulent du niveau 2 et 3 et c’est très rassurant pour Peugeot et pour ce qu’elle compte bientôt accomplir au Maroc avec l’ouverture très prochaine de l’usine PSA à Kénitra. Notre projet industriel aura certainement un avenir radieux sous vos latitudes !

Le Peugeot Pick Up a été conçu pour devenir le digne successeur de l’ancienne 504 à benne. Qu’est ce qui vous a décidé à revenir sur un tel segment ?

Avant de répondre à votre question, je voudrais signaler que cette année fut celle des ventes « record »
pour Peugeot. Le constructeur a réalisé les plus grosses ventes de son histoire et nous pouvons être fiers d’être la génération qui y a contribué. Pour réussir un tel challenge, il a fallu revenir vers les marchés où Peugeot avait été en retrait durant de nombreuses années, dont notamment l’Afrique et l’Asie. Si l’on prend le segment des pick-up, il s’en vend environ 6 millions dans le monde chaque année. Les Etats Unis, le Mexique et le Canada totalisent, à eux seuls, 3 millions de pick-up par an. Les 3 millions restants se trouvent entre l’Afrique et l’Asie essentiellement (l’Europe étant un très petit marché pour ce segment). Il faut donc se tourner indéniablement vers les autres régions pour réaliser des ventes encore plus intéressantes. Saviez-vous, par exemple, que les anciens pick-up de Peugeot (404, 504 et 403) avaient totalisé pas moins de 1,4 million de ventes dans le monde ? Nous avons donc été bons dans le segment des pick-up, alors il faut revenir aux pick-up !

Qu’est ce qu’il faut pour bien vendre un pick-up ?

Ce n’est pas compliqué : il faut de la robustesse, de la fiabilité et un réseau très costaud. Nous avons décidé de créer ce réseau in situ et d’assembler le nouveau Peugeot Pick Up en Tunisie, une sorte de projet industriel annexe à celui de PSA au Maroc, qui viendra soutenir ce dernier mais uniquement sur le segment des pick-up. Notre idée est très simple : nous allons commencer à produire localement ce que l’on consomme localement.

Quand débutera ce projet industriel d’assemblage des pick-up Peugeot en Tunisie et pour quels taux d’intégration ?

Il débutera mi 2018, vers juin prochain. Le taux d’intégration locale atteindra, quant à lui, les 40 %. On commencera dans un premier temps à vendre la voiture en Tunisie, avant de commencer à l’exporter. A chaque pays où l’on exportera, nous prévoyons un plan produits spécifique et adapté. Le centre d’assemblage tunisien aura une capacité de production de 4000 véhicules par an. Il sera implanté pas très loin du port de Tunis pour faciliter toute la partie logistique.

Pensez vous que le Peugeot Pick Up trouvera sa clientèle au Maroc et saura-t-il concurrencer efficacement les cadors nippons en la matière ?

Le Peugeot Pick Up est un véhicule de 5,08 mètres, costaud, doté de 5 années de garantie. Nous offrons au Maroc un réseau important pour le SAV et les pièces de rechange pour ce véhicule. En tant que directeur de marque de Peugeot, je peux vous certifier que lorsque je me lève chaque matin c’est pour me battre contre la terre entière pour vendre Peugeot ! Je n’ai donc peur de personne et je reste confiant ! Peugeot a accompli ces dernières années une évolution remarquable en termes de changement de ses produits et d’amélioration de leur design et de leur équipement. Le Maroc et les marocains s’en sont rendu compte et font désormais confiance à notre nouvelle gamme. De plus, Peugeot est une marque très présente dans les esprits au Maroc qui a un historique important.

Saviez-vous que dans des pays comme le Maroc ou le Nigéria, la commercialisation du Peugeot 504 pick-up ne s’est achevée qu’à partir du début des années 2000 ?

Oui et c’est d’ailleurs extraordinaire la façon dont un véhicule peut marquer l’esprit des gens dans un pays donné. Une relation particulière s’est établie, non seulement entre ce véhicule et le Maroc, mais pratiquement entre ce véhicule et le continent. Au Maroc, en Algérie et même en Tunisie, nous sommes très fiers de cette relation affective et particulière qui existe entre la marque et ces pays.

« Peugeot Pick Up », pourquoi une appellation aussi sobre ?

Si les pick-up de Peugeot d’avant s’appelaient par exemple 504, 404 ou 403, c’est parce qu’ils étaient déclinés à partir d’une berline. Or le nouveau Peugeot Pick Up n’est pas une déclinaison d’une berline : il s’agit d’un produit à part et spécifique qui ne sera pas commercialisé en Europe. N’oublions pas que le pick-up est un engin fiable, polyvalent et maintenable et qu’il existe deux types de pick-up : celui qui a été conçu pour les « surfeurs » et l’autre qui est un véritable outil de travail. Par l’appellation « Pick Up », nous avons voulu souligner cet aspect « outil de travail » par excellence. Notre pick-up Peugeot possède également une capacité de chargement et de franchissement particulièrement intéressante qu’il fallait rappeler directement dans la dénomination.

  Propos recueillis par Mohamed Mounadi

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