Pneumatiques Goodyear : Du concept à la réalité, il n’y a qu’un pas !

Pneumatiques Goodyear : Du concept à la réalité, il n’y a qu’un pas !

Entretien avec Olivier Rousseau, VP Consumer Product Business Unit Goodyear

Comment développez-vous de nouveaux pneus ?

Aujourd’hui chez Goodyear, nos capacités d’innovation ne sont plus à prouver. Nos pneus concepts, avec notamment le Goodyear Eagle 360, nous servent chaque année à recueillir une foule d’informations sur les futurs pneus que nous allons développer. Si vous l’avez remarqué, Goodyear est présent dans différents salons internationaux, notamment dans les salons automobiles. Nous y dévoilons notre savoir faire avant d’ouvrir le débat sur nos innovations sur le plan technologique. Nous démontrons de quelle façon nous sommes capables d’évoluer de simples concepts vers des produits qui seront commercialisés à grande échelle et nous nous efforçons de rassembler des enseignements extrêmement utiles.

Lorsque vous partez d’un concept de pneu, ce dernier devient-il toujours une réalité ou reste-t-il le plus souvent sous la forme de concept ?

Certains concepts ne se transformeront jamais en réalité. Cependant, ce qui est sûr, c’est que les différentes idées et technologies qui sous-tendent la création de chaque concept peuvent être rapportées en partie sur des produits qui seront commercialisés en réalité. L’utilité des concepts est d’étudier leur impact sur les gens qu’il s’agisse de journalistes comme vous, d’autres industriels comme moi, ou simplement de chalands ou de curieux. Nous notons alors les remarques, critiques ou éloges formulés par ces gens autour des concepts que nous développons et nous en déduisons une série de données qui nous seront extrêmement utiles dans le développement de nos futurs produits.

Finalement, c’est un peu comme ces constructeurs automobiles qui développent des concept-cars que l’on ne verra peut-être jamais sur la route ?

Exactement ! Néanmoins certains éléments de ces concept-cars peuvent être utilisés sur certains modèles produits pour être vendus. C’est la même chose pour nous. Par exemple, il y a quelques années, nous avions implémenté des puces dans nos pneus concepts qui étaient destinées en théorie à détecter le manque de pression. Par la suite, ces monitorings de pression ont tellement séduit, que nous avons alors décidé de les commercialiser sur beaucoup de nos pneus. Aujourd’hui, on retrouve des puces qui calculent non seulement la pression des pneumatiques, mais aussi leur température ou encore la profondeur de leur sculpture. Et finalement, cela génère un certain nombre d’interactions entre l’information qui provient du pneumatique et celle que gère l’ordinateur de bord du véhicule.

Comment donc ?

Le pneu commence par exemple à influencer un certain nombre de paramètres sur certains véhicules tels que le réglage électronique de la suspension ou encore le pré chargement de l’ABS et ce en fonction des données transmises par le pneumatique selon si celui-ci est usé, sous gonflé ou détecte une chaussée glissante. De manière générale, le pneumatique va améliorer la sécurité du véhicule et donc des passagers. Toutes ces technologies sont bien évidemment développées par Goodyear en partenariat avec les constructeurs automobiles.

Vous avez évoqué tout à l’heure le pneumatique concept Eagle 360. Je sais que ce pneu concept est capable de se « réparer » tout seul à la manière d’un tissu musculaire ? S’agit-il d’une idée qui serait réalisable dans un avenir proche selon vous ?

Pourquoi pas ? Si vous vous intéressez de près à l’Eagle 360 vous constaterez que nous réfléchissons à développer dans un futur proche une véritable « peau bionique » sur nos pneumatiques. Cette technologie existe déjà aujourd’hui sur certains pneus prototypes que nous avons développés. Elle est à moitié chimique et à moitié physique, ce qui fait que si la peau est sectionnée, certains éléments de cette peau vont se ressouder ensemble. Par exemple, lorsqu’un être humain se coupe suite à la manipulation d’un couteau, sa peau se ressoude doucement en cicatrisant la plaie. C’est exactement le même concept. Aujourd’hui, cette réfection physique et chimique spontanée des tissus composant la peau du pneu est déjà en partie maitrisée par Goodyear et devrait voir le jour dans quelques années sur certains de nos produits.

Les pneus que l’on retrouve sur les véhicules électriques ne sont pas les mêmes que ceux qui équipent les voitures à moteurs thermiques… Goodyear opère-t-il massivement sur ce créneau ?

Nous sommes très présents à ce niveau. Les pneus développés pour les véhicules électriques sont moins lourds pour compenser le poids des batteries et donc alléger les voitures. Ces pneumatiques doivent également être capables de recevoir et de gérer ce poids additionnel. Les gommes utilisées sont également différentes pour être capables de présenter une résistance plus faible au roulement, mais aussi une longévité plus importante et un kilométrage plus élevé pour ce type de pneumatiques.

Parlons du Maroc ! Opérez vous des tractations afin de commencer à fournir en pneumatiques des usines telles que Renault à Tanger ou bientôt PSA à Kénitra ?

Oui absolument. Nous sommes déjà partenaires avec Renault-Nissan pour fournir en pneus certains des modèles que l’Alliance produit que ce soit à l’international, ou encore à Tanger ou à l’usine de Somaca à Casablanca. Nous sommes également très proches de PSA et nous sommes décidés à accompagner le plus possible l’expansion des constructeurs automobiles au sein de pays qui sont très importants pour nous de par leur potentiel. Accompagner nos clients dans leurs marchés de croissance ce sont des objectifs vitaux pour Goodyear.   

Propos recueillis par Mohamed Mounadi

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