Renovatio, faire vivre le passé…

Renovatio, faire vivre le passé…

Organiser le marché de la pièce pour véhicules anciens et historiques, telle se veut la mission de Renovatio, créée par Benjamin Abitbol. Mais aussi le faire connaître aux professionnels, ainsi est né le partenariat avec Nexus International pour mener une voiture sur la compétition du Tour Auto. Une épreuve remportée par l’équipage de Gaël Escribe / Victor Fernandes et par les équipementiers fournisseurs des pièces de la voiture !

Jouant opportunément sur la vague de la course de véhicules anciens du Tour Auto, en France, Nexus et Renovatio en ont profité pour présenter le marché du classique, une aubaine pour tous les professionnels qui recherchent des pièces pour ces véhicules. En outre, la voiture, équipée de pièces d’équipementiers et rénovée comme il se doit, conduite par un équipage, dont Gaël Escribe, le patron de Nexus International et Victor Fernandes, DG de la carrosserie BSR, a remporté l’épreuve ! Une vraie occasion, donc ! Surtout, une démonstration de ce que Benjamin Abitbol souligne depuis quelques années : « Le marché de la pièce pour voitures anciennes ne bénéficie pas d’organisation structurée. Dès que les modèles sortent du « catalogue » des équipementiers, il devient très difficile pour les professionnels de dénicher les pièces pour réparer les voitures anciennes que veulent conserver leurs clients. En fondant Renovatio, une structure qui joue les intermédiaires entre les équipementiers d’origine et les pros, via Bakelit, notre offre multi-marque la plus complète d’Europe (Web Place communautaire, ndlr), nous avons voulu promouvoir les pièces d’origine. Cette participation au Tour Auto proposée par Gaël Escribe, le directeur de Nexus International, a mis en lumière le bienfondé de notre démarche. Lorsque l’idée est venue en 2018 de mette une voiture sur le Tour Auto, on a fait appel aux grands équipementiers que nous connaissons bien, pour préparer le véhicule et en changer tous les organes possibles. On a remplacé les amortisseurs, l’éclairage, les pièces de freinage, les roulements de roue et de boîtes, les balais, (etc.) en fait tout ce qu’on trouve en aftermarket. Quand on a vu la voiture franchir la ligne d’arrivée en tête, on a vraiment montré qu’équiper son véhicule ancien de pièces d’origine, lui permet de revivre et ce, en toute sécurité et performance. »

Un segment de marché porteur

A part l’engouement pour la voiture ancienne, qu’est ce qui a poussé Gaël Escribe du groupement Nexus International, à vouloir participer à cette épreuve ? Pour Benjamin Abitbol la démarche s’inscrit naturellement dan l’ADN de Nexus International, à savoir ne négliger aucun segment de marché, aucun canal de distribution, aucun territoire du marché de la pièce détachée. « Il manquait un maillon sur le marché, Nexus International en fait la promotion et soutient les initiatives qui vont dans le sens de la professionnalisation de ce segment de marché. C’est pourquoi, il a aussi fait appel à ses partenaires équipementiers pour s’impliquer dans la refonte de l’offre de pièces pour ces véhicules. »   Il faut dire aussi que lorsque Benjamin Abitbol avait créé le Garage Véhicules Classiques, il mettait jusqu’à 7 ou 8 jours pour obtenir une pièce et était souvent confronté à un manque, que tentaient de combler des fournisseurs de pièces en marque blanche, dont la qualité laissait souvent à désirer. « Or, rappelle-t-il, la clientèle est devenue de plus en plus exigeante et veut de la pièce issue des grands fabricants d’origine. La valeur des voitures anciennes croissant régulièrement, les propriétaires ne veulent pas dévaluer leurs voitures à cause de pièces de mauvaise qualité. Ils recherchent des garages spécialisés qui ont accès aux pièces d’origine ou refabriquées par eux. Nous avons, avec mon associé, entamé un vrai parcours du combattant pour rechercher les équipementiers qui avaient ces pièces, pour les classer, les identifier etc. Nous savons quels sont les véhicules qui ont plus de 20 ans et leur nombre, cela nous donne une idée des volumes et de la nécessité de s’occuper de ce « segment » de marché. Or qui est mieux placé pour répondre à ce challenge, sinon les équipementiers d’origine ! »

Renovatio vers les Clubs automobiles du Maghreb

Conscient que le Maghreb s’avère riche en véhicules anciens historiques et que les collectionneurs y sont nombreux, Benjamin Abitbol est prêt à bâtir les ponts nécessaires avec les Clubs des véhicules anciens, pour que ceux-ci aient accès aux pièces. Ils ont déjà des demandes de professionnels et de particuliers mais à la marge, alors que dans les Clubs, les collectionneurs ont souvent plusieurs voitures et recherchent en permanence des pièces de qualité. Certes, il existe un marché pour les vieux véhicules, mais de remplacement avec des pièces aussi anciennes ou peu fiables. « Il faut distinguer plusieurs segments au sein du véhicule ancien et ne pas se tromper de cible, commente Benjamin Abitbol. La catégorie reine porte sur les véhicules dits Old Timer, des années 50 et 60, des véhicules iconiques dont les propriétaires sont particulièrement exigeants et les véhicules très chers souvent. Pour ces véhicules dont il ne reste pas souvent beaucoup d’exemplaires, le volume des pièces s’avère très réduit ! En revanche, la catégorie qui devient la plus intéressante pour les professionnels est celle des Young Timers, des véhicules de 40 ans pour lesquels il reste de beaux volumes. Par exemple, une 205 GTI (iconique à l’époque) qui a été produite à 335 000 exemplaires, doit compter encore aujourd’hui 65 000 exemplaires, si on évalue à 20 % le nombre de voitures encore en circulation. Et des véhicules qu’on n’hésite pas à faire rouler, même beaucoup, à l’inverse des Old Timers. Il y a là un vrai marché, qui peut intéresser les équipementiers d’origine, qui les intéresse, parce que si ce sont des pièces de budget inférieur à celles des Old Timers, elles sont plus demandées, d’autant plus que leur pénurie est attestée ! Et puis, il y a la catégorie des véhicules de plus de 20 ans, usés, pour lesquels il n’y a pas vraiment de soutions. Rechercher des pièces d’origine pour des véhicules qui vont bientôt finir à la casse, cela n’a plus de sens. En outre, leurs propriétaires ne sont pas prescripteurs pour des pièces de marques, ils veulent seulement prolonger encore un peu la vie de la voiture, en dépensant le moins possible. » Au Maghreb, les voitures usées de plus de 20 ans sont légion, mais n’appellent pas de refabrication de pièces d’origine. D’où l’affinité de Renovatio avec les clubs de véhicules historiques. 

Un marché, une vocation aussi ! 

Pour Benjamin Abitbol, qui a quitté Nexus International et sa mission au Maghreb, pour se consacrer totalement au marché des véhicules anciens, son ambition va au-delà de répondre à une demande de marché, il s’agit de faire vivre un écosystème. « Ce que nous souhaitons avec Renovatio c’est travailler avec les équipementiers pour des solutions pérennes, c’est leur demander de ne pas tuer les références existantes (parce qu’un programme en remplace un autre, et qu’ils ne peuvent pas tout traiter), et de nous solliciter en premier en ce qui concerne les décisions portant sur les derniers lots de pièces au lieu de s’en débarrasser auprès de brokeurs qui cassent le marché en vendant à très bas prix. Nous sommes un relais entre les équipementiers, les distributeurs et les garagistes et nous voulons vraiment que dans un groupement de distributeurs, nous ayons affaire à des spécialistes. Nous agissons dans le prédictif sur le domaine du classique et voulons associer tous les équipementiers à notre démarche pour qu’ils se positionnent également sur de la refabrication. Nous allons même encore plus loin en référençant deux fabricants en impression 3D sur notre site. Il faut que les voitures roulent et dans les meilleures conditions, et comme nous avons tous les outils pour rendre cela possible, nous ne négligeons aucune piste. Cela s’avère aussi valable pour la transmission du savoir-faire. Pour les véhicules historiques, nous avons besoin de manuels ne serait-ce que pour avoir les couples de serrage. Après, il nous faut les spécialistes et la descendance ! Nous voulons impliquer les jeunes autour de la transmission du savoir-faire pour qu’on puisse toujours intervenir sur les véhicules d’époques plus anciennes. C’est un beau métier que nous encourageons là ! »

Hervé Daigueperce 

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