Sodirep : l’alliance des anciens et des modernes

Sodirep : l’alliance des anciens et des modernes

Conscient des nouveaux enjeux de l’automobile et de ses répercussions sur la rechange, Mahmoud Thaifa instaure de nouveaux modes de fonctionnement, non pas en opposant une jeunesse plus techno, et donc plus moderne à une organisation traditionnelle, conçue par le fondateur de l’entreprise, son père, mais en mixant les atouts des deux mondes, autour d’une disposition naturelle au changement et à l’innovation. Retour sur une anticipation.

Lorsqu’une catastrophe du calibre de la Covid 19 vous assaille, mieux vaut être puissamment armé pour l’affronter, et suffisamment engagé dans une politique de dynamisation permanente de l’entreprise, via une veille technologique sur les nouveaux outils. C’est ce qui réunit Mahmoud et Abdesselam Thaifa au sein de Sodirep. La fameuse bataille des anciens et des modernes n’aura pas lieu chez les Thaifa, bien au contraire, même si l’enthousiasme du plus jeune au sortir de ses études, aurait pu faire croire au schisme. C’est ainsi que Mahmoud reconnaît bénéficier d’une oreille très attentive au progrès par le changement bien pensé : « Mon père se montre très ouvert aux nouvelles technologies et ce bien avant que j’arrive dans l’entreprise. C’est le premier ou parmi les premiers, par exemple, à avoir renoncé au catalogue papier et avoir compris l’importance de l’utilisation des tablettes par les commerciaux sur le terrain. Nous avons même commencé avec les Apple qui n’étaient pas les plus abordables à ce moment-là, mais nous étions conscients de la nécessité de les doter très rapidement de ces outils. Parallèlement, nous avons été les premiers à nous équiper de systèmes d’information sophistiqués », commente Mahmoud, directeur général adjoint de Sodirep, avant de prendre quelques précautions d’usage : « Nous sommes en train de travailler sur des projets plus structurels ». Nous n’en saurons pas plus, juste que la prise de conscience d’un nouvel environnement dans lequel s’adapter et prendre sa place n’est pas née de la crise mais bien d’une réflexion stratégique rendue plus prégnante aujourd’hui. Des projets sont donc en cours de planification et de réalisation, projets dont nous reparlerons le temps voulu. En attendant, la question de l’adaptabilité de l’entreprise aux challenges du monde a présidé à toutes les actions de Sodirep.

Tenir grâce à une organisation forte

Lorsqu’on demande à Mahmoud comment Sodirep a accusé le coup de la crise, il se montre plutôt positif et en explique les raisons : « Dire que l’on n’a pas été désarçonné par la crise ne serait pas honnête. Comme tout le monde, nous nous sommes posé beaucoup de questions et avons fermé un mois, ainsi que le gouvernement l’a recommandé dans ses consignes sanitaires. Puis, nous avons rouvert petit à petit comme la plupart de nos confrères, avons mis une partie du personnel administratif en télétravail, et organisé le travail par équipe, venant une semaine sur deux pour travailler dans des conditions de sécurité optimales. Nous avons vécu deux mois plus difficiles en termes de chiffre d’affaires en avril et mai, puis deux très bons mois dont un historique. Ces résultats ont témoigné de la justesse des choix que nous avons faits : les nouvelles technologies nous ont permis d’adapter les conditions de travail, tandis que notre politique de stock a su générer une reprise très opérationnelle. Surtout, nous avons continué à nous approvisionner pour consolider les stocks et cela a fait toute la différence. Dès que la reprise s’est annoncée, les fournisseurs ont remis en route la fabrication de toutes les références, mais évidemment les unes après les autres, cela a pris du temps et généré des manques qui ont posé des problèmes à certains confrères. De notre côté, non seulement, nous avons pu répondre aux demandes immédiates de nos clients, grâce à la disponibilité des produits, mais nous avons également, grâce à cela, fidéliser davantage encore notre clientèle. Au final, nous nous en sortons plutôt bien et l’année se termine avec une légère baisse du chiffre d’affaires. Au regard de nombreux secteurs d’activité, nous sommes plutôt satisfaits de nos résultats annuels et contents d’avoir fait le pari des commandes de stock ».

Pas de report sur la production nationale

La crise a-t-elle généré de grands bouleversements dans les politiques d’achats des pièces entre approvisionnement national ou international ? Sur cette question, Mahmoud Thaifa estime qu’il n’y a pas eu, à proprement parler, de report sur les productions nationales. Il s’en explique ainsi : « Tout d’abord, sur le plan des approvisionnements internationaux, nous n’avons pas vécu de catastrophes, toutes les commandes, au début, ont été honorées parce que les équipementiers avaient du stock. Il y a eu des retards par la suite, pour les raisons que nous avons évoquées en préambule, mais qui ne nous ont pas mis en danger. Par ailleurs, il faut savoir que les producteurs nationaux fabriquent surtout des références pour des véhicules plus anciens ou pour des références de grande vente avec des bons rapports qualité prix. Nous nous approvisionnons chez eux pour des compléments de gamme, et aussi parce que c’est plus rapide. Mais globalement, nous le faisions avant la crise, et devions tout de même nous approvisionner chez les grands équipementiers internationaux pour la fourniture des pièces pour les véhicules récents. C’est valable pour tous les marchés, y compris pour ceux qui disposent des sites de production des grands fabricants internationaux. Aucun ne peut assurer la production de toutes les pièces pour toutes les voitures et plus encore pour toutes les versions de chaque modèle. Ce qui nous a posé problème porte davantage sur les nouvelles réglementations destinées à nous protéger, mais dont la mise en place en pleine période de crise a été délicate ».

De l’étiquetage et de la certification…

Dans le prolongement de Salamatouna, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures destinées à tracer les pièces et à en valider la conformité. Une initiative saluée par l’ensemble des acteurs travaillant dans l’importation de produits d’origine ou de qualité d’origine. Mais un casse-tête également. En effet, il a fallu créer des étiquettes en arabe, en amont, et les fournisseurs n’étaient pas tous équipés pour répondre tout de suite à cette nouvelle norme. « Par ailleurs, les pièces doivent désormais être certifiées conformes par des laboratoires indépendants, des organismes de certification internationaux comme Dekra, SGS …Cela a pris du temps même si les tests effectués ainsi ont demandé moins de temps que les tests que nous devions faire au Maroc. Globalement, reprend Mahmoud Thaifa, ces mesures ont pris du temps pour leur mise en place, et on compte encore quelques dérogations, mais tout se régularise et le plus dur a été fait »

Beaucoup de standby mais toujours de l’enthousiasme

Comme on l’a vu, entre crise sanitaire, ralentissement de l’économie, mise en place de nouvelles réglementations, l’année 2020 a mis les nerfs des professionnels à rude épreuve et a, a contrario, validé les orientations stratégiques des entreprises comme Sodirep. Paradoxalement, cela a également donné du temps au temps et changé l’ordre de certaines priorités, en privilégiant des projets, dont la mise en place occupe bien les dirigeants de Sodirep. Un constat un peu différent est porté sur le salon M.A.T. comme Mahmoud nous l’explique : « Nous avons dû reporter notre édition du salon 2020 pour des raisons évidentes, et nous l’avons décidé très tôt alors que nous avions bien avancé dans sa préparation et dans la participation des intervenants. Cette décision a été sage et nous permet aujourd’hui de travailler sereinement sur la prochaine édition sur laquelle nous portons nos efforts et beaucoup d’espoir »

Hervé Daigueperce

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