Sogefi Group : un leader aux multiples talents

Sogefi Group : un leader aux multiples talents

Née en 1980, la société Sogefi S.P.A., italienne, est créée, ex nihilo, par Carlo de Benedetti, président du groupe CIR, afin de donner vie à « un acteur majeur parmi les équipementiers automobiles ». C’est le début d’une aventure qui nous plonge dans les arcanes des plus grands noms de l’industrie automobile.

Surtout connu pour ses filtres, Sogefi Group l’est tout autant par ses positions majeures dans le domaine de la suspension. Son troisième métier placé dans la division « Air et refroidissement » s’avère plus récent dans l’entreprise mais très réputé pour la fabrication de ses composants plastiques de haute technologie, pour les systèmes d’admission d’air et de refroidissement des moteurs à combustion interne. Les deux autres business units filtration et suspensions ont grandi côte à côte, à grands renforts d’acquisitions, de fusions et d’innovations technologiques, dont on voit, chaque année, la pertinence, dans les remises de prix des constructeurs automobiles.

Car, faut-il le mentionner, Sogefi Group se veut leader sur tous ses marchés, à commencer par les constructeurs automobiles, et ce, partout dans le monde. L’historique du groupe ne se lit pas seulement comme un arbre généalogique, il se construit autant sur une mappemonde, dans un esprit à la fois de conquête et d’accompagnement des grands industriels. Visionnaires, les dirigeants de Sogefi l’ont été à plus d’un titre, dans la composition d’un groupe hyper spécialisé, et leader sur ses marchés, d’une part, et global, d’autre part, en ouvrant très tôt en Chine et en Inde après avoir conquis les Amériques, Nord et Sud, et l’Europe. Il faudrait ajouter, à leur actif, un savant dosage d’implantations de sites industriels, de fusions acquisitions et de co-entreprises. Un retour en 1980 et en Italie s’impose pour découvrir cette ascension.

Fram et Fiamm, les deux premières pépites

Lorsque Carlo de Benedetti décide de devenir cet acteur majeur de l’équipement, il est déjà à la tête du groupe industriel CIR, Compagnie Industriali Riunite, depuis 1976, ce qui lui confère une grande connaissance des entreprises du secteur. Ce n’est donc pas un hasard s’il contracte, dès 1981, auprès d’Allied Signal, un accord de licence d’utilisation exclusive de la marque de filtres Fram, une marque reconnue internationalement. Et surtout aux États-Unis et au Canada. On raconte que le nom de FRAM vient des deux chimistes qui avaient mis au point, “le filtre à huile remplaçable facilement”. Il s’agissait de Frederick Franklin et de T. Edward Aldam, dont ils prirent les deux premières lettres du nom Franklin et les deux dernières d’Aldam, soit Fram. Nous parlons, là, des années 30, et plus précisément de 1934, lorsque naît “the Fram Corporation”. En 1967, cette société sera rachetée par the “Bendix Corporation”, puis par Allied Signal, qui fusionnera en 1999 avec Honeywell et en prendra le nom.

Fram Group était composée des deux entités Autolite et Fram Filtration. L’année suivante, en 1982, Sogefi acquiert FIAMM S.P.A., une entreprise italienne spécialisée dans la production d’une large gamme de filtres automobiles. Sa renommée, également, n’est plus à faire et si, aujourd’hui, le nom subsiste, ce n’est pas un hasard. On le retrouve accolé dans Coopers Fiamm, à la suite du rachat de l’entreprise britannique Coopers Filters LTD en 1988, ce qui en fait aujourd’hui un centenaire, au cumul des deux historiques, et une gamme complète, de l’industrie à l’automobile, toujours sous la houlette de Sogefi. On discerne nettement la stratégie des dirigeants qui construisent un groupe de marques, renommées par leur image de qualité et leur rayonnement dans le monde automobile ou industriel, ce qui en fera l’ADN du groupe. En 1984, grâce à une co-entreprise érigée avec l’américain Allied Signal, toujours, Sogefi se développe sur de nouveaux marchés européens, pour dépasser, en 1985, les 53 millions d’euros de chiffre d’affaires, et les 1 700 employés. L’année suivante, Sogefi est cotée à la bourse Milan à 76,3 millions d’euros, après avoir racheté l’équipementier Rejna S.P.A., produisant des pièces de suspension pour l’industrie des transports. La deuxième branche est née, Sogefi sera aussi un grand champion de la suspension (voir récapitulatif ci-contre)

Coopers, Afico et l’Amérique du sud

Poursuivant sa politique de développement et sa spécialisation, Sogefi achète le britannique Coopers Filters LTD en 1988, et la même année, prend des parts significatives chez l’Egyptien Afico Filters SAE. En 1990, le groupe approche des 300 millions d’euros de chiffre d’affaires (avec la suspension) et emploie 4 400 personnes. C’est à ce moment-là que l’aventure en Amérique du sud se déploie à grande vitesse. En 1991, en effet, le groupe s’empare de l’ancienne filiale brésilienne d’Allied Signal, Europarts Industria de Autopecas LTDA, bien sûr dans la filtration, société qu’elle baptise Sogefi Filtration do Brasil LTDA. Convaincus du potentiel du marché sud-américain, les dirigeants de Sogefi prennent, en 1994, 60 % d’un groupe argentin de filtration, puis implantent une nouvelle usine de filtration à Mateus Leme, au Brésil alors que de nouveaux bureaux sont ouverts à Buenos Aires, en Argentine. Le mouvement se poursuit, en 1997, avec la prise de participations majoritaires dans des entreprises de fabrication d’éléments filtrants en Argentine et au Brésil. Pendant ce temps-là, en Chine…

Le défi chinois

Présente en Europe et sur le continent américain, Sogefi discerne, très en avance, le potentiel que représente le marché chinois et n’hésite pas à s’y inviter dès l’année 95, en établissant une co-entreprise (Liaoyang KS Automotive Spring LTD) dans le domaine de la suspension, en association avec le groupe allemand Krupp Hoesch Automotive (30 % chacune). L’opérateur chinois, First Automotive Works conservant 40 % du capital. Cette entrée en Chine pour la suspension facilitera l’apparition de la partie filtration, 10 ans après, en 2006. En 95, le chiffre d’affaires global approche le demi-million d’euros à 471 600,000 euros pour 4 500 employés.

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Parallèlement, Sogefi poursuit son développement en Europe, en achetant, en Espagne, PBR SA, un fabricant de filtres de rechange pour véhicules motorisés en 1999, puis en 2001, Filtrauto SA, en France, qui possède des usines de filtration en France, en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Slovénie et en Argentine et des marques Rechange très réputées, comme Purflux, Tecnocar, Crosland…. Grâce à cette opération majeure, Sogefi acquiert une position, de leader de la filtration, aussi bien en première monte qu’en rechange. La solidité du groupe est attestée, alors, par le transfert de ses actions à la bourse de Milan, en 2004, au Segment Star, réservé aux entreprises de petite et moyenne capitalisation, capables de fournir l’excellence en termes de transparence, de communication, trésorerie et direction d’entreprise. Ce transfert s’accompagnera de celui du siège qui passe de Mantoue à Milan. L’année suivante, lors du passage de témoin entre Carlo de Benedetti et Rodolfo de Benedetti, le groupe peut s’enorgueillir de dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaires et de compter 6 100 salariés !

Et, en 2006, Sogefi met en place une co-entreprise dans le domaine de la filtration, en Chine. Son arrivée sur ce continent n’altère en rien ses efforts en Europe, puisque Sogefi achète une usine de pièces plastique, en France, pour favoriser l’intégration verticale des produits dans le domaine de la filtration.

En 2014, Sogefi ouvre deux nouveaux sites industriels à Wujiang, près de Shanghai, produisant des composants suspension et système moteur.

La globalisation passe aussi par l’Inde

Désireux de prendre position sur le marché indien tant industriel qu’au niveau des véhicules de 3 ou 4 roues, Sogefi prend, en 2008, une participation de 60 % dans une co-entreprise avec le groupe M.N. Ramarao Filters Private (MNR). La même démarche présidera à la suspension, en 2010.

C’est aussi, en 2010, que Sogefi crée une division aftermarket à part entière pour développer davantage son activité pièces de rechange. En 2011, Sogefi diversifie ses activités en procédant à l’acquisition des systèmes moteurs détenus par l’américain MARK IV et célèbre son trentième anniversaire en beauté, en atteignant un chiffre d’affaires de 1,158 million d’euros (pourtant, juste après la crise de 2008 qui avait durement impacté le groupe).

Toujours en Inde, Sogefi ouvre, en 2012, une usine de filtres dans la région de Bangalore, et récidive, par la création via la BU « Systèmes Moteurs », d’une usine de filtres à Pune, et une autre de composants à Monterrey, au Mexique, à destination des moteurs V8 des constructeurs américains.

En 2015, Monica Mondardini est nommée Présidente du Groupe Sogefi, et Laurent Hebenstreit Directeur Général et Administrateur. Il réorganise alors le groupe et intègre, alors, trois business units : Suspensions, Air & Refroidissement, et Filtration. Sa nouvelle politique de gestion des coûts et d’optimisation en matière de production, notamment, se traduit par un investissement de 17 millions dans un site de production au Mexique, fabriquant pour les trois activités. L’année suivante, Purflux fête ses 60 ans. Purflux, marque Premium de Filtrauto, rachetée en 2001, s’est rendue célèbre par son fameux « plissé chevron » et ses filtres compacts et légers, ne comprenant que très peu de composants métalliques. Ces dernières années, Sogefi a reçu nombre de prix décernés par les constructeurs comme Honda, General Motors, Toyota Motor Europe ou encore Caterpillar. Le nouveau module breveté Sogefi sera monté sur la nouvelle gamme diesel de Renault équipée de la performance « ultra-clean ». Aujourd’hui, le groupe ne cesse d’innover et assure, à la rechange, grâce à ses positions en première monte, un service optimal.

En 2017, enfin, Sogefi annonce la construction d’une usine au Maroc pour sa business unit Filtration, premier site industriel du groupe sur le continent africain.  

Hervé Daigueperce (sur base documents groupe Sogefi)

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