Spécial COP22 : Mobilité durable, transfert technologique, sensibilisation des équipementiers… de belles actions à pérenniser

Spécial COP22 : Mobilité durable, transfert technologique, sensibilisation des équipementiers… de belles actions à pérenniser

La COP22, conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, qui s’est tenue à Marrakech du 07 au 18 novembre dernier, a rassemblé différents acteurs engagés dans le respect de l’environnement et qui œuvrent, chacun de son côté, à émettre moins de CO2 pour préserver la planète. C’est le cas, d’ailleurs, des opérateurs qui œuvrent pour la mobilité durable. Ils étaient nombreux à faire valoir, lors de la CO22, leur expertise en la matière. Zoom sur des expériences réussies.

L’Alliance Renault-Nissan mobilisée pour la promotion du véhicule électrique

Lors de cette grand-messe, l’Alliance Renault-Nissan s’est distinguée en tant que partenaire officiel de l’évènement. Elle a mis à la disposition des délégations une flotte de 50 véhicules électriques qui ont assuré les déplacements des participants à la conférence. Le public a eu, également droit, à des tests drive, pour mieux connaître les modèles ZOE et Nissan Leaf. Interrogés par Rechange Maroc, les utilisateurs, ayant testé ces véhicules, à Marrakech, affichent des taux de satisfaction supérieurs aux taux de satisfaction des clients de véhicules thermiques. Ils mettent, toutefois, en avant, la cherté des prix et leur inquiétude pour le prix de revente. En revanche, tous les usagés ont apprécié le confort de conduite et bien sûr, le silence du moteur.

A noter que pour offrir de belles solutions, Renault et Nissan, au sein de l’Alliance, mettent en commun leur expertise de la mobilité électrique, tout en proposant deux gammes de véhicules différentes. Pour ce faire, l’Alliance ne lésine pas sur les moyens. Ainsi, elle a déjà investi plus de 4 milliards d’euros dans la Recherche & Développement du véhicule électrique. Par ailleurs, près de 2 000 collaborateurs des deux groupes travaillent en permanence pour mettre au point et déployer des solutions innovantes de mobilité électrique.

Dans sa quête de réduction des coûts, l’Alliance favorise la mise en commun de certains organes électriques et composants, par leur achat ou fabrication internalisée, afin de réaliser les économies d’échelle qui permettent de rendre leurs véhicules électriques accessibles à tous. De plus, l’Alliance est en pointe dans la mise en place de l’écosystème du véhicule électrique pour favoriser sa diffusion de masse. Les deux constructeurs sont, en permanence, en relation avec près de 500 partenaires dans le monde (gouvernements, collectivités locales, énergéticiens, opérateurs de réseaux routiers, de grande consommation…), notamment dans l’objectif d’accélérer le déploiement de l’infrastructure de charge accessible au public.

Renault veut faire du Maroc un champion africain en véhicule électrique

Pour Marc Nassif, Directeur Général du Groupe Renault: «Le Maroc est cher à Renault. Cette relation est liée à l’histoire, à la place de leader qu’occupe le groupe au Royaume et à notre confortable part de marché», a-t-il annoncé, à l’occasion d’une conférence organisée à Marrakech. Et d’ajouter : «nous sommes fiers de dire que plus de 10% des véhicules Renault vendus dans le monde sont fabriqués ici».

Par ailleurs, le groupe mise sur le Maroc, à long terme, pour devenir le champion africain en véhicule électrique. Pour ce faire, les responsables ont demandé la création d’un écosystème VE  afin de garantir toutes les conditions nécessaires pour mener à bien ce projet, si cher au groupe français. «Nous avons besoin que le gouvernement accompagne cette filière, à travers la mise en place d’incitations pour encourager l’achat des véhicules électriques», a souligné Marc Nassif, sachant que d’autres pays dont la Jordanie, ont accompagné ce processus, en offrant des réductions entre 5 000 à 7 000 euros par véhicule.  D’ailleurs, les principaux freins de développement des voitures hybrides et électriques, au Maroc, sont le coût (qui reste cher) et le manque d’infrastructures nécessaires pour la recharge du véhicule. Le projet de loi de finances 2017 contient des incitations fiscales pour booster ce segment qui sera le début de la mise en œuvre de la politique de l’Etat visant à convertir 10% du parc automobile, d’ici 2030, à l’électrique.

A noter, aussi, qu’au Maroc, le Groupe Renault est le seul à commercialiser une gamme 100 %
électrique depuis 2013. Il en a vendu, à ce jour, près de 160 véhicules seulement. Après la COP22, Renault mise sur les flottes d’entreprises qui vont se développer davantage, vu les demandes exprimées, ce qui ouvrira la voie à une nouvelle forme de mobilité. Les flottes publiques pourront également renforcer davantage l’élargissement de l’utilisation du véhicule électrique au Maroc.

Le remanufacturing, un modèle prônée par Renault

Les responsables de groupe Renault, venus, spécialement pour prendre part à la Cop 22, ont évoqué les bienfaits de l’économie circulaire à travers le remanufacturing, le recyclage, et la réutilisation des pièces de rechange issus des véhicules en fin de vie. Cela augure d’une révolution dans l’industrie automobile. Pour le moment, ce dispositif n’est pas appliqué par le groupe au Maroc mais cela ne saurait tarder, vu le développement de l’activité industrielle du mastodonte au Royaume et en s’appuyant sur les déclarations de ses responsables : «nous utilisons plus de 30% de matières recyclées dans les nouveaux véhicules Renault. Nous avons développé ce modèle en Europe et nous devrons l’exporter vers les autres pays». Le groupe dirigé par Carlos Ghosn est, ainsi, un des leaders de la récupération et de revalorisation du plastique de boucliers, du cuivre de faisceaux électriques, du textile des sièges, des batteries, etc.

L’usine de Tanger, une fierté pour le groupe

Lors de la COP22, le groupe français a mis en avant l’adoption des meilleures pratiques et des dernières avancées technologiques en matière environnementale, depuis la mise en place de l’usine de l’Alliance Renault-Nissan à Tanger qui a été inaugurée en 2012. Une approche cohérente avec l’engagement du Groupe Renault de réduire de 3 % par an son empreinte carbone Monde par véhicule vendu entre 2010 et 2016.

La conception « Zéro CO2 » de l’usine de Tanger bénéficie d’un process de peinture le plus frugal possible, en particulier pour les bains de traitement de surface et les cabines d’application, est-il précisé. En outre, Renault a mis en place des technologies, comme les échangeurs qui récupèrent la chaleur des incinérateurs, et une meilleure isolation des bains de traitement de surface. Il a également introduit à Tanger le recyclage d’air en cabine de peinture par l’utilisation de roues thermiques. Le bilan 2015, annoncé à cette occasion,est éloquent: -95,7% de CO2 émis par véhicule produit à fin 2015, en ligne par rapport aux -98% annoncés à pleine capacité. Ce résultat est obtenu grâce à une chaufferie biomasse et à une électricité issue d’énergie renouvelable (éolienne, hydraulique).  
Nadia Dref

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