Un Crédit Auto « Halal » ?

Un Crédit Auto « Halal » ?

C’est une première au Maroc. Dix ans après la Grande-Bretagne, cinq ans après la France ou encore deux ans après la Côte d’Ivoire, la banque centrale marocaine (Bank Al-Maghrib) autorise enfin le démarrage de l’activité des banques islamiques dites « participatives ».

Il y a quelques semaines, sur plus de dix opérateurs ayant déposé leur dossier, cinq banques participatives ont obtenu le feu vert de la banque centrale et seulement trois sont opérationnelles notamment Umnia Bank (filiale de CIH Bank et Qatar International Islamic Bank), Bank Assafa (filiale de Attijariwafa Bank) et Bank Al Yousr (filiale du groupe BCP et du Saoudien Guidance). Ces banques islamiques sont autorisées à commercialiser, selon le cadre législatif dédié à la finance participative, quatre produits principaux : Mourabaha, Ijara, Moucharaka, Moudaraba.

« Ijara », est le produit financier qui conviendrait le mieux au crédit auto « Halal ». Un système de financement qui se rapproche, dans la forme et dans l’esprit, du contrat de crédit-bail appelé encore « leasing » dans le langage financier moderne. Au terme de ce contrat, le créancier (la banque) achète le véhicule en question et en devient propriétaire. La banque transfère l’usufruit au client bénéficiaire qui le lui loue contre une redevance mensuelle. Cette dernière, contrairement au crédit-bail classique, n’est pas pénalisée en cas d’absence ou de retard de paiement du client. Les pénalités qui surviendraient pour ces motifs seraient considérées comme des intérêts, or la Finance Islamique réfute ce procédé. Par ailleurs, le bénéficiaire a le droit de rachat du véhicule au terme du contrat contre, à titre d’exemple, la somme modique de 1 MAD pour formaliser et légitimer la transaction.

Toutefois, même si les banques islamiques ont effectivement démarré leurs activités, il n’en reste pas moins que ces établissements ne tournent pas à plein régime. Tout ce qu’il est actuellement possible de faire est l’ouverture des comptes, le dépôt et le retrait. Les produits plus complexes n’étant pas encore disponibles, l’on considère que cet écosystème n’est pas encore complet. Mais jusqu’à quand ? Telle est la question !

  Yassine Ellabane

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