Un label de qualité partout dans le monde

Un label de qualité partout dans le monde

A l’occasion de la nomination de Bashar Al Taweel au poste de directeur UTAC CERAM Maroc, Algérie Rechange a voulu en savoir plus sur le nouveau centre d’essais que UTAC CERAM construit à Oued Zem.
Laurent Benoit, président de UTAC CERAM a bien voulu répondre à nos questions.

Comment se définissent les missions de UTAC CERAM ?

Pour simplifier, je dirais que trois entités constituent l’entreprise UTAC CERAM. UTAC s’occupe principalement de l’homologation, de la certification et du contrôle technique, quand CERAM a la responsabilité de tous les laboratoires et essais sur véhicules (pris au sens de véhicule routier : cela va du 2 roues au tracteur/bus/camion avec une part automobile importante bien sûr). La troisième entité porte sur l’événementiel et la formation, à laquelle sont affiliés nos deux sites français, le circuit de Mortefontaine et celui de Linas-Montlhéry. 

Toutes vos activités sont-elles concernées par la filiale marocaine ?

Historiquement, nous devions implanter les activités essais (CERAM) et évènementiel. Et depuis peu, nous avons décidé d’offrir, également, des prestations d’homologation au Maroc, que nous souhaitons faire au travers du centre essais que nous ouvrons à Oued Zem. Mais, nous souhaiterions offrir au Royaume du Maroc toute notre offre de services dans le domaine automobile : c’est une offre très riche qui va du plus amont avec les essais pour développer les véhicules (évoqué précédemment) au plus aval avec la surveillance du marché, le contrôle technique ou encore la formation à la conduite sure. Par exemple, nous pouvons aider le Royaume à la fiabilisation du réseau des centres de contrôle technique, comme nous le faisons, déjà, en France en tant qu’organisme central technique. Dans ce cadre, nous ne gérons pas de centres, mais nous centralisons l’ensemble des données, nous vérifions que les centres suivent les consignes d’usage, etc. Nous intervenons aussi bien en amont, en mettant en place des processus de contrôle technique, un cahier des charges, en quelque sorte, lorsque le gouvernement a décidé de sévériser le contrôle sur un point précis comme la pollution, le freinage… Nous apportons notre expertise à la mise en œuvre des décisions de l’Etat. A noter que nous répondons actuellement à des appels d’offres du gouvernement marocain dans ce domaine. 

Nous avons également proposé au Ministère différentes actions dans d’autres domaines comme la sécurisation des pièces de rechange dans les réseaux. Mais la vocation de notre centre d’essais porte davantage sur l’homologation, le testing et l’événementiel.

Vous intervenez déjà au Maroc, semble-t-il ?

Dans le domaine de la validation et de l’homologation, nous avons déjà un client, en l’occurrence PSA Aujourd’hui, PSA peut d’ores et déjà concevoir un véhicule au Maroc mais ne peut pas le valider sur place, ce qui nuit à l’efficacité du projet de R&D dans sa globalité. Disposer d’un centre d’essai sur place sera donc un plus important. Parallèlement, de plus en plus d’ingénieristes (Altran, Segula, Alten ) et d’équipementiers s’installent ou sont déjà installés au Maroc. Ils seront eux aussi intéressés par notre centre d’essais. Pour le Maroc, c’est également une opportunité d’attirer de nouveaux équipementiers et constructeurs. 

Avez-vous besoin d’une certification du gouvernement marocain ?

Nos travaux consistent à établir des homologations, des validations, de répondre à des demandes spécifiques de constructeurs, cela ne nécessite pas de certification gouvernemental à proprement parler. Ce que nous envisageons d’obtenir, en revanche, c’est la même certification que nous avons en France, la certification 17025, une norme ISO qui qualifie la qualité des résultats d’essais, la performance, plus prosaïquement, ce qui signifie que lorsque nous mesurons, nous savons ce que nous mesurons. Cela fiabilise les résultats que l’on donne à nos clients. La plupart des autres laboratoires n’ont pas cette norme et les constructeurs ne l’ont pas non plus. 

Par ailleurs, UTAC CERAM est reconnu en Europe et au niveau mondial pour tout ce qui est expertise et est devenu un « label » de qualité partout dans le monde. Un label que nous apporterons au Maroc et qui garantira la qualité du travail effectués.

Votre arrivée au Maroc relève-t-elle d’une demande émanant des constructeurs français déjà présents dans ce pays ou d’une stratégie de UTAC CERAM de s’implanter sur le continent africain, à l’instar de ce qu’elle a fait sur d’autres continents, asiatique et américain, par exemple ?

La première des raisons qui ont présidé à ce choix s’avère d’ordre pratique. Nous recherchions un emplacement plus au sud de manière à pouvoir bénéficier d’un centre d’essais opérationnel toute l’année ou presque. Nous avons besoin de pistes sèches disponibles et, au Maroc, il nous est plus facile d’y parvenir que dans la région parisienne ! C’est une garantie offerte à nos clients de pouvoir travailler toute l’année. Nous étions, jusque-là, concurrencés par des laboratoires mieux situés que les nôtres. La seconde raison relève d’une réflexion sur les coûts que nous voulions plus attractifs qu’en France ou qu’en Espagne, par exemple. L’appel d’offres marocain, alors que nous nous réfléchissions à ce projet depuis trois ans, s’est présenté au bon moment et a répondu à nos attentes : nous étions faits pour nous entendre. Par ailleurs, nous sommes très intéressés par les développements du continent africain pour nos trois domaines d’expertise, nos trois branches à des degrés différents selon les besoins et les structures des pays. Nous sommes en discussion, par exemple, à comment améliorer le processus du contrôle technique en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le Maroc nous a séduits, par ailleurs, par sa très bonne stabilité politique, un élément important pour la validation de notre projet par notre actionnaire. Il faut ajouter, aussi, que la qualité de la formation des étudiants marocains étant reconnue, nous partons d’une bonne base, et c’est important pour nous car l’expertise est dans notre ADN.

Un projet de cette envergure représente-t-il un budget très important ? 

Un centre d’essais représente effectivement un investissement important, et la structuration proposée par le Ministère a permis de trouver une solution originale et efficace. Tout d’abord, nous nous installons sur un site appartenant à l’Office Chérifien des Phosphates (Groupe OCP), qui devait le réhabiliter. l’OCP investira dans les pistes et les bâtiments (nous serons locataire), tandis que notre partenaire FEV Group (un groupe d’ingénierie réputé dans le monde entier) et nous, installerons dans les bâtiments les bancs et les machines pour faire des essais de fiabilité, de pollution, etc. Ce centre va permettre la création d’une centaine d’emplois dans ce bassin d’emplois de Khouribga. 

Que représente ce centre d’essais dans la galaxie UTAC CERAM ?

Très clairement, c’est notre premier développement à l’étranger de cette envergure. Jusqu’à présent, nous avions des bureaux à l’étranger pour de l’homologation, de la certification sans moyens d’essais en propre. Au Maroc, nous disposerons de notre propre centre d’essais complet, ce qui est une première en dehors de France. Il sera totalement opérationnel à l’été 2021.

Avez-vous déjà des contrats signés en portefeuille ?

Comme je l’évoquais plus tôt, nous avons des engagements de PSA sur un certain volume et nous devons aller chercher de nouveaux clients ! Nos principaux prospects étant les centres de R&D, plus que les usines à proprement parler, si ce n’est dans le cadre du COP (Conformité à la production). Nous sommes donc en train de nous rapprocher de tous les industriels qui seraient intéressés par cette prestation pour déterminer les besoins qu’ils auraient et comment y répondre. Par exemple, un industriel spécialisé dans la production de sièges de voitures, qui est obligé de faire réaliser des tests par « catapulte » préfèrerait peut-être sous-traiter cette partie à un centre comme le nôtre, qui centraliserait les demandes et réaliserait les essais en conformité en production et en développement pour les clients en R&D. Cela éviterait que chaque site de production investisse dans une catapulte. 

Le Royaume du Maroc s’implique beaucoup dans la protection de l’environnement – en témoigne l’organisation de la COP 22 -, votre centre d’essais peut-il proposer des services et des solutions adaptés à ses besoins ?

Via notre partenaire FEV Group, nous savons faire tous les essais de pollution. Pour notre part, nous réaliserons aurons aussi des mesures de polluants et de CO² en conditions réelles de roulage sur route ouverte avec des PEMS (boîtier de mesure rajouté à l’arrière du véhicule). Par ailleurs, toujours dans le domaine environnemental, nous disposerons d’une piste « Coast Down » de 4 km de long, unique en Europe, une piste qui mesure précisément la résistance à l’avancement d’un véhicule. Cette mesure permet ensuite de caler le véhicule lors des essais officiels de mesure de CO2. Cette piste de 4 km va intéresser beaucoup de clients européens et au-delà pour réaliser des essais afin d’aller chercher des valeurs optimisées de CO² et d’émissions. Ce sera un plus pour le Maroc !

Vous évoquiez le pôle événementiel, pouvez-vous nous en dire plus ? 

L’une des prestations les plus classiques que nous proposons consiste à accueillir des entreprises qui veulent mettre en avant un produit sur nos pistes. Un exemple simple, le lancement d’un véhicule par un constructeur qui souhaite le faire dans des conditions de confidentialité et de sécurité optimales. Nos pistes seront adaptées à la demande. Mais cela peut aussi sortir de l’automobile et se traduire par un séminaire se terminant par un côté ludique ou pédagogique dans l’automobile. Une piste fermée et gérée par des spécialistes est un outil formidable de communication ou de formation pour les entreprises, quelles qu’elles soient.

Dans le cadre de la pédagogie, vous consacrez une part importante à la formation ?

Nous avons des écoles de formation à la conduite pour apprendre à conduire, à piloter, avec des spécificités pour les réseaux de pneumaticiens, par exemple, sur une problématique technique du pneumatique (et ses effets sur la dynamique du véhicule). Bien évidemment, nous avons des modules de formation à la conduite préventive, c’est-à-dire, les bons gestes, le téléphone, la conduite sûre, la conduite économe… Nous pouvons apporter toute notre expertise sur le sujet, grâce aux années d’expérience dans ce domaine sur nos circuits de Linas-Montlhéry et de Mortefontaine. Nous allons d’ailleurs faire reconnaître cette école, dès que possible, par les instances gouvernementales marocaines et de sécurité routière. 

Bashar Al Taweel qui va diriger le centre marocain est une perle rare à en lire le CV !

Bashar Al Taweel a travaillé pour PSA où il a eu l’habitude d’implanter des équipes à l’international, en Chine, au Maroc, et en Inde. Il dispose d’un savoir-faire très important qu’il partagera avec les personnes recrutées au Maroc, qu’il pourra faire monter en compétences afin qu’ils puissent œuvrer sur l’ensemble de nos moyens au Maroc. De la compétence des équipes naît la qualité des dossiers, le choix de Bashar Al Taweel était donc capital pour nous. Propos recueillis par

Hervé Daigueperce

Réagir

Your email address will not be published.