Une JV sino-saoudienne pour la construction d’une usine de pneus à Kenitra

Une JV sino-saoudienne  pour la construction d’une usine de pneus à Kenitra

Le groupe Chinois CAMC Engineering vient de signer un contrat avec le groupe saoudien Tijan Petroleum Co. Ltd, spécialisé dans la gestion de terminaux pétroliers et l’exploitation de navires et d’installations maritimes, pour construire une nouvelle usine de pneumatiques au Maroc, à Kenitra.

Pour les grands de l’industrie pneumatique, le Maroc reste un petit marché où il ne fait pas bon investir dans la production locale de ces indispensables pneus sans lesquels nos voitures ne rouleraient guère. Ils gardent sans doute en mémoire le feuilleton de General Tire Maroc, l’ex-filiale de Continental, mise en faillite en 2002 ou encore la liquidation de l’usine Goodyear qui a coûté plus de 230 millions de DH, il y a plus de 10 ans. Depuis, le marché national ne s’alimente que par les importations. Aujourd’hui, les deux groupes étrangers Tijan Petroleum et CAMC Engineering ont fait le pari de réussir, là où ces géants mondiaux ont échoué.

Selon l’estimation des Saoudiens, ce projet nécessitera un investissement de 2,5 milliards de DH (250 millions de dollars US). « L’usine devrait produire 3 millions de pneus radiaux semi-acier pour voitures et camions légers par an, au terme de ses 30 premiers mois d’activité », affirme les principaux intéressés. Une capacité de production colossale sachant que la capacité d’absorption du marché marocain, selon des sources professionnelles de l’AMICA (Association Marocaine pour l’Industrie et le Commerce Automobile), s’élève à un peu moins d’un million de pneus (850 000 unités). Mais avec l’entrée en fonction de l’usine Peugeot début 2019 et ses 90 000 voitures la première année, les pneus montés chez Renault Maroc, et les pneus neufs importés pour le remplacement de pneus usagés, l’objectif d’un million d’unités (minimum) pour le marché devrait être atteint.

Autrement dit, la future unité industrielle de Kenitra ne se contentera pas seulement de couvrir le marché local, elle compte également sur l’exportation et la montée en puissance du secteur automobile au Maroc pour rentabiliser son investissement.  « Le partenariat comprend le transfert de technologie, les services de conception et d’ingénierie, les travaux de génie civil, l’installation, l’acquisition de machines et de matériaux, la mise en service, les essais et la formation de personnel », a précisé l’entreprise chinoise dans un communiqué.

Quant au rôle qu’occupera l’entreprise saoudienne, il n’a pas été encore clairement défini. Tijan Petroleum alimentera probablement la future usine en matière première. Pour autant, la co-entreprise, dont l’usine devrait être opérationnelle au dernier trimestre 2019, devrait booster l’industrie locale du pneumatique en générant, d’après les premières estimations, un chiffre d’affaires annuel de 240 millions de dollars et la création de 950 emplois directs dans sa première phase.

  Yassine Ellabane

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