Valeo en super-performance

Valeo en super-performance

Valeo a dévoilé, ce mois-ci, des résultats exceptionnels qui traduisent selon son président, Jacques Aschenbroich, une validation optimale d’une stratégie et d’un business model. Basée sur l’innovation et l’investissement en R&D. Leçon de choses.

Lorsqu’il s’agit d’un grand patron, qui dirige pas loin de 90 000 personnes dans le monde entier, et dont les résultats viennent conforter une politique mise en place par lui, on se plaît à écouter ce qu’il a à dire. L’exemple pouvant, nous en sommes convaincus, représenter une source d’inspiration bienvenue, quelle que soit la taille de l’entreprise. En ouvrant la traditionnelle conférence de presse dédiée aux résultats financiers, Jacques Aschenbroich a reconnu qu’il était difficile de commenter sans enthousiasme les résultats tels que ceux de 2016. Excusez du peu, le groupe Valeo a affiché une augmentation de 14 % de son chiffre d’affaires à 16,5 milliards d’euros, tout en observant une hausse de 20 % de la marge opérationnelle, (1,3 milliard d’euros), soit 8,1 % du chiffre d’affaires, et une hausse du résultat net de 27 % (925 millions d’euros), soit 5,6 % du chiffre d’affaires. Bien. Mais ce qui nous intéresse encore plus, c’est son commentaire. Annonçant que le groupe était très en avance sur le plan de marche, le président directeur général a rappelé combien les résultats validaient un business model qui n’avait pas, à son origine, reçu une totale adhésion, plus exactement, dont l’audace avait inquiété plus d’un analyste.

En plein cœur de la crise, en 2009, Jacques Aschenbroich avait, ainsi, fait le pari d’investir massivement en Recherche et Développement, et aussi à l’international, en Chine, notamment. « N’investissons-nous pas trop en R&D » lui soufflait-on, en trahissant une angoisse face à une telle prise de risques. Aujourd’hui, c’est ce portefeuille de produits, né de ces investissements, et axé sur les deux grands pôles que sont la réduction des émissions de CO², et la conduite intuitive (voiture connectée et autonome), de même que l’état d’esprit créé autour de cette dynamique qui porte le groupe… à de tels sommets. Et Jacques Aschenbroich d’annoncer une prise de commandes de 23,6 milliards d’euros, soit une hausse de 17 %, qui n’est pas prête de s’arrêter, puisque le patron de Valeo a aussi confirmé une augmentation des dépenses de R&D… Pour mémoire, Jacques Aschenbroich a précisé que 50 %
des prises de commandes portaient sur des produits qui n’existaient pas auparavant, autrement dit, de pures innovations. La leçon de choses s’énonce donc simplement : investissement en recherche et développement, création d’innovations à forte valeur ajoutée, accroissement des prises de commandes, augmentation du chiffre d’affaires et du résultat net, donc investissement en R&D…. A méditer !

Afrique, un continent fascinant…

A l’annonce de tels résultats et de la montée en puissance sur toutes les régions du monde, difficile de ne pas poser la question des ambitions du président en Afrique. Et elles sont réelles, même si nous devons nous contenter de beaucoup d’interrogations : « Nous sommes forcément fascinés par ce qui va se passer en Afrique, même s’il apparait difficile de déterminer quel pays d’Afrique verra une densité de clients suffisante, nécessaire pour s’implanter, quel pays aura cette capacité ? » Jacques Aschenbroich, qui a mentionné que son groupe était de plus en plus présent au Maroc et reconnu une petite présence en Afrique du sud, n’a pas manqué de noter l’implantation des constructeurs français au Maghreb, tout en soulignant que les usines étaient, pour l’instant, surtout, des sites de montage en CKD. Des usines de production complète de constructeurs seraient plus à même d’attirer des équipementiers première monte comme Valeo, doit-on en conclure. En attendant, Valeo surperforme par rapport au marché, partout où le groupe est présent, et Jacques Aschenbroich « reste très optimiste pour 2017 quant à l’augmentation des résultats du groupe et à la croissance du marché chinois ». Lorsque les analystes annoncent une croissance en Chine de 1 %, le président de Valeo croit davantage en 5 % : « Valeo se fixe pour objectifs en 2017, une croissance de son chiffre d’affaires supérieure de plus de 5 points à celle du marché et une légère hausse de la marge opérationnelle (en % du chiffre d’affaires et avant acquisitions) ». On ne manquera pas de rappeler le sens de son introduction en communiquant ce petit mot de conclusion : « Enfin, nous sommes heureux d’avoir accueilli en 2016, au sein de la famille Valeo, les équipes de Peiker, Spheros et de la co-entreprise Valeo Siemens eAutomotive et en janvier de cette année, celles d’Ichikoh. Grâce à ces différentes opérations et conformément à notre plan stratégique, nos 4 Pôles d’activité accélèrent leur développement avec pour principaux objectifs, la diversification de notre portefeuille clients, le renforcement du positionnement technologique de nos produits et l’équilibre géographique de notre chiffre d’affaires. » Fin de la leçon.  

Hervé Daigueperce.

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