L’établissement de 180 nouveaux centres de contrôle technique au Maroc, dans le dessein de renforcer la sécurité routière, requiert un investissement considérable et impose des critères rigoureux pour assurer des normes élevées dans le secteur.
Le ministère du Transport et de la logistique au Maroc se prépare à lancer un appel d’offres ambitieux visant à créer 180 nouveaux centres de contrôle technique, augmentant ainsi leur nombre de 420 à 600. Cette initiative, bien qu’orientée vers l’amélioration du secteur du contrôle technique des véhicules, suscite des préoccupations parmi certains opérateurs existants, craignant que la concurrence accrue ne compromette la viabilité de nombreux centres et ne compromette la qualité des contrôles, un maillon essentiel de la chaîne de la sécurité routière.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 52-05 portant Code de la route et de ses textes d’application, le secteur du contrôle technique a enregistré des progrès significatifs. Cependant, plusieurs contraintes persistent, notamment l’absence d’outils efficaces de régulation, se traduisant par une offre inadéquate dans certaines régions du pays et des taux de remplissage parfois insuffisants.
Pour remédier à ces insuffisances, l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (Narsa) a récemment annoncé la conception d’un Schéma directeur visant à définir de nouvelles orientations stratégiques à court et moyen termes pour le secteur du contrôle technique des véhicules. L’objectif est de doter le secteur d’outils nécessaires à sa gestion et de définir des orientations permettant son développement harmonieux.
Les centres de visite technique, souvent constitués en réseaux tels que Dekra Automotive, SGS Maroc, Salama et Revitex, jouent un rôle central dans le paysage concurrentiel. Bien que l’affiliation à ces réseaux ne soit pas une condition sine qua non pour se lancer dans ce secteur, de nombreux experts estiment que cela peut être un choix judicieux. Cela permet aux opérateurs de bénéficier d’une expertise pointue et d’un accompagnement précieux, des atouts non négligeables pour réussir dans cette activité.
Normes et critères techniques du contrôle automobile
L’appel d’offres à venir définira un ensemble de critères techniques auxquels les porteurs de projet devront répondre. Ces critères incluront la qualification du personnel, les effectifs, les exigences financières, et d’autres normes essentielles définies par le cahier des charges. L’autorité de tutelle précisera également le nombre de centres de contrôle requis, ainsi que les types de lignes de contrôle nécessaires, couvrant à la fois les véhicules légers et les poids lourds.
La réglementation en vigueur exige au minimum deux lignes de contrôle par centre, avec une superficie d’au moins 300 mètres carrés. Généralement sous la forme d’un hangar abritant les deux lignes de contrôle, ce local doit être aménagé pour accueillir une partie administrative, des bureaux pour le personnel, un espace pour les archives, une salle d’attente pour les clients, ainsi que des installations sanitaires comprenant des vestiaires, selon des sources informées.
L’aménagement et l’équipement des centres de contrôle technique ne sont pas une tâche facile. Conformément à la loi 52-05 portant Code de la route, de nombreuses exigences doivent être respectées, notamment la distance minimale entre les lignes de contrôle, la mise en place de procédures conformes, et l’utilisation de matériels spécifiques pour garantir des contrôles de véhicules efficaces et conformes aux normes en vigueur.
La mise en place d’un centre de contrôle technique automobile représente un investissement conséquent, dépassant souvent un million de dirhams. Environ 60% de cet investissement est généralement destiné à l’acquisition des deux lignes de contrôle des véhicules, excluant les frais liés à l’acquisition ou à la location de l’espace abritant le centre.
En dépit des coûts élevés, cette initiative s’avère cruciale pour renforcer la sécurité routière au Maroc. La création de nouveaux centres permettra de répondre aux besoins croissants dans différentes zones du pays, offrant aux automobilistes un accès plus facile aux services de contrôle technique. Cette expansion vise également à réguler le secteur en comblant les lacunes actuelles, notamment l’absence d’outils efficaces de régulation et une offre inadéquate dans certaines régions.
L’appel d’offres à venir constitue une opportunité pour les entrepreneurs du secteur automobile au Maroc. Cependant, il est impératif que les nouveaux centres répondent aux critères rigoureux établis par l’autorité de tutelle pour garantir des normes de contrôle élevées et une contribution significative à la sécurité routière.
Abdellah Khalil







