Plastic and Plating Maroc porte les couleurs du traitement de surface made in Morocco

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Dans les allées d’Automechanika Istanbul 2026, les regards se tournent souvent vers les grands équipementiers internationaux. Pourtant, cette année, certaines des histoires les plus intéressantes se racontent aussi sur le pavillon marocain, porté par l’AMDIE et l’AMICA. Entre les rendez-vous d’affaires qui s’enchaînent et les visiteurs venus découvrir les capacités industrielles du Royaume, un nom revient régulièrement dans les discussions : Plastic and Plating Maroc.

L’entreprise n’a que trois ans d’existence. Un détail qui surprend souvent ses interlocuteurs lorsqu’ils découvrent l’ampleur du projet développé à Kénitra. Car derrière cette jeune société se cache une ambition industrielle bien plus grande que son âge pourrait le laisser penser : bâtir au Maroc une activité de traitement de surface automobile capable de répondre aux standards des plus grands constructeurs mondiaux.

Assise sur son stand, Zinabe Baqloul, responsable commerciale de Plastic and Plating Maroc, enchaîne les échanges avec des visiteurs venus d’Europe, de Turquie ou encore du Moyen-Orient. Pour l’entreprise, cette première participation à Automechanika Istanbul constitue une étape importante dans une stratégie d’ouverture internationale déjà bien engagée.

Une jeune entreprise née au cœur de l’écosystème automobile marocain

L’histoire de Plastic and Plating Maroc commence en 2022. Cette année-là, l’entreprise lance la construction de son usine dans la zone franche de Kénitra, l’un des pôles les plus dynamiques de l’industrie automobile nationale.

Le choix de l’emplacement n’a rien d’un hasard. À quelques kilomètres seulement se trouvent Stellantis et tout un réseau d’équipementiers qui ont progressivement transformé la région en véritable hub industriel.

« Nous sommes une entreprise 100% marocaine créée en 2022. Nous avons lancé la construction d’une usine dans la zone franche de Kénitra où se trouve aujourd’hui tout l’écosystème automobile marocain, avec notamment la présence de Stellantis à Kénitra et de Renault à Tanger », explique Zinabe Baqloul.

Mais dès le départ, le projet ne se limite pas au seul marché local. « En étant installés en zone franche, nous sommes naturellement tournés vers l’export, tout en restant capables de servir les besoins du marché marocain », poursuit-elle.

Cette double vocation résume parfaitement la trajectoire actuelle de l’industrie automobile marocaine : s’appuyer sur un écosystème local devenu mature tout en visant les marchés internationaux.

Le pari d’un métier encore rare au Maroc

Si Plastic and Plating Maroc attire aujourd’hui l’attention, c’est aussi parce que son cœur de métier reste encore peu représenté dans le paysage industriel national.

L’entreprise s’est spécialisée dans l’injection plastique et surtout dans le traitement de surface, une activité à forte valeur ajoutée qui intervient sur de nombreux composants automobiles visibles par le client final.

Chromage, électroplating, finitions décoratives ou revêtements techniques font partie des savoir-faire développés sur le site de Kénitra.

« Nous disposons déjà d’une ligne de traitement de surface, de chromage et d’électroplating qui est aujourd’hui opérationnelle », explique la responsable commerciale.

Ces procédés sont présents sur de nombreuses pièces automobiles : éléments de calandre, inserts décoratifs, habillages intérieurs ou composants extérieurs. Ils participent directement à la qualité perçue d’un véhicule et figurent parmi les opérations les plus exigeantes de la chaîne industrielle.

La jeune entreprise a d’ailleurs rapidement franchi une étape décisive.

« Nous avons déjà été nommés directement par Stellantis et nous travaillons également avec plusieurs équipementiers en rang 2 et rang 3 », souligne Zinabe Baqloul.

Dans l’automobile, où les processus de qualification peuvent s’étaler sur plusieurs années, obtenir aussi rapidement la confiance d’acteurs de premier plan constitue un signal fort. Et Plastic and Plating Maroc ne compte pas s’arrêter là. L’entreprise prépare déjà l’intégration de nouvelles technologies destinées à compléter son offre industrielle.

« Nous prévoyons également d’intégrer la peinture technique, notamment les finitions high gloss et les surfaces de type piano black qui sont aujourd’hui très demandées par les constructeurs », précise-t-elle.

Une évolution logique dans un secteur où les exigences esthétiques prennent une importance croissante et où les constructeurs recherchent des partenaires capables de maîtriser plusieurs technologies au sein d’un même site industriel.

Construire une usine de nouvelle génération

Dans l’industrie automobile, le traitement de surface ne bénéficie pas toujours de la meilleure réputation environnementale. Consommation d’eau, utilisation de produits chimiques, gestion des émissions : le sujet est devenu l’un des principaux défis du secteur au cours des dernières années.

Chez Plastic and Plating Maroc, cette contrainte a été intégrée dès la conception du projet. L’avantage d’une entreprise créée récemment est justement de pouvoir repartir d’une feuille blanche. « Nous avons construit notre usine en 2022 alors que beaucoup de nos concurrents en Europe ou ailleurs disposent d’installations beaucoup plus anciennes. Nous avons essayé de tirer profit de cette situation pour concevoir un site qui soit réellement écologique », explique Zinabe Baqloul.

Cette réflexion se retrouve dans l’ensemble des équipements installés sur le site de Kénitra. L’usine dispose notamment de stations de traitement des eaux capables de récupérer les effluents issus des procédés industriels avant leur traitement et leur filtration. « Toute l’eau issue du process est traitée et filtrée avant son rejet dans le circuit local », précise la responsable commerciale.

Même logique du côté des émissions atmosphériques. La ligne de production est équipée de systèmes de filtration permettant de capter et de traiter les rejets avant leur évacuation. « Nous avons installé des scrubbers qui permettent notamment de traiter les émissions et de retenir les métaux lourds avant le rejet des gaz », explique-t-elle.

Dans un secteur où les exigences environnementales deviennent chaque année plus strictes, ces investissements constituent aujourd’hui un véritable argument de compétitivité auprès des constructeurs et des équipementiers.

Quand les noyaux d’olive remplacent le gaz

Mais l’élément le plus surprenant du projet se trouve ailleurs. Pour chauffer les bains utilisés dans le traitement de surface, la plupart des industriels du secteur continuent de recourir au gaz. Plastic and Plating Maroc a choisi une autre voie. Une voie qui commence dans les vergers marocains. « Notre process est chauffé à 100% par de la biomasse », affirme Zinabe Baqloul.

Concrètement, l’entreprise utilise différents résidus agricoles comme source d’énergie. « Nous utilisons notamment des résidus d’olive concassés, mais aussi d’autres matières biomasse qui nous permettent aujourd’hui de chauffer l’ensemble de nos bains », explique-t-elle. Le choix peut sembler anecdotique. Il montre pourtant la volonté de l’entreprise de limiter son empreinte environnementale tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles.

À cela s’ajoutent d’autres initiatives mises en œuvre sur le site industriel, notamment l’exploitation des surfaces de toiture pour l’installation de panneaux photovoltaïques destinés à renforcer l’autonomie énergétique de l’usine.

Pour une société encore jeune, le message est clair : la compétitivité industrielle de demain ne se construira plus uniquement sur les coûts ou les capacités de production, mais aussi sur la capacité à répondre aux nouvelles exigences environnementales des donneurs d’ordre internationaux.

Istanbul pour accélérer l’ouverture internationale

C’est précisément cette ambition que Plastic and Plating Maroc est venue défendre à Automechanika Istanbul 2026. Pour l’entreprise, le salon constitue bien plus qu’une simple vitrine commerciale. Il représente une occasion de présenter son savoir-faire à des industriels venus de plusieurs dizaines de pays et d’identifier de nouvelles opportunités de collaboration. « C’est notre première participation à Automechanika Istanbul, mais nous avons déjà participé à d’autres salons professionnels, notamment Automechanika Johannesburg », rappelle Zinabe Baqloul.

L’objectif est simple : accélérer la visibilité internationale de l’entreprise et se rapprocher de nouveaux clients potentiels. D’autant que les marchés visés dépassent largement les frontières régionales. « Pour nous, les opportunités sont mondiales. Le Maroc bénéficie d’une proximité importante avec l’Europe, mais également d’une grande réactivité industrielle », souligne-t-elle.

Cette ambition accompagne la transformation de la filière automobile marocaine, désormais tournée vers des métiers plus spécialisés et des procédés industriels plus complexes.

L’AMICA et l’AMDIE comme accélérateurs de croissance

Dans cette démarche, Plastic and Plating Maroc peut compter sur le soutien des organisations qui accompagnent le développement du secteur. À Istanbul comme sur d’autres salons internationaux, l’entreprise bénéficie de l’accompagnement de l’AMICA et de l’AMDIE, deux acteurs devenus incontournables dans la promotion de l’industrie automobile marocaine. « L’AMICA et l’AMDIE sont d’un très grand soutien. Ce sont eux qui nous accompagnent dans les différentes participations à des salons internationaux », souligne Zinabe Baqloul.

Au-delà de l’organisation logistique, leur rôle consiste également à faciliter les mises en relation avec de potentiels clients ou partenaires industriels. « Ils arrivent à nous mettre en contact avec différents clients et fournisseurs. Nous recevons également des délégations qu’ils accueillent au Maroc afin de présenter notre usine et, plus largement, le potentiel industriel du Royaume », ajoute-t-elle.

Le premier mouvement d’une filière en construction

Aujourd’hui, Plastic and Plating Maroc emploie une centaine de collaborateurs. Une équipe appelée à grandir rapidement au fur et à mesure de la montée en cadence de l’usine. « Notre objectif est d’atteindre entre 150 et 200 collaborateurs dans les prochaines années », indique Zinabe Baqloul. Mais au-delà des effectifs, l’entreprise revendique surtout une position particulière sur le marché marocain. « Nous sommes aujourd’hui les premiers à avoir développé cette technologie au Maroc », affirme-t-elle.

Une avance qui pourrait lui permettre de jouer un rôle important dans la prochaine phase de développement de l’industrie automobile nationale. Car derrière l’histoire de Plastic and Plating Maroc se dessine une réalité plus large. Celle d’un secteur automobile marocain qui ne se contente plus d’assembler ou de produire des composants standards, mais qui cherche désormais à intégrer des métiers de plus en plus spécialisés et à forte valeur technologique.

À Automechanika Istanbul, au milieu des grands équipementiers internationaux, cette jeune entreprise marocaine est venue présenter bien plus qu’une usine ou une technologie. Elle est venue montrer jusqu’où les ambitions industrielles du Royaume peuvent désormais aller.

Abdellah Khalil

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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