Brigh Sud à la recherche de nouveaux clients à l’export

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Présent sur Automechanika Istanbul dans le cadre de leur développement international, Youssef Demni nous a évoqué les difficultés rencontrées sur le marché marocain pour les fabricants, pendant qu’Abdelaziz Brighach recevait clients et prospects sans discontinuer.

Produire au Maroc n’est pas toujours très facile comme nous l’explique Youssef Demni, consultant industriel pour le fabricant de plaquettes de frein : « Nous voyons sur le salon toutes sortes d’acteurs de l’automobile, de très nombreux pays. C’est très intéressant même si nous avons préféré la précédente édition qui a eu lieu juste après le Covid. Cependant, cela nous permet d’aller chercher de la croissance ailleurs qu’au Maroc où le marché a plutôt tendance à stagner. J’ajouterais qu’il y a un climat de méfiance qui ne facilite pas le business. La pièce de rechange et la réparation passent après dans les dépenses et l’on ne compte pas les problèmes de paiement. Il y a clairement un problème de pouvoir d’achat et de paiement au Maroc actuellement. Lorsque, dans beaucoup de pays, la moyenne des règlements tourne autour de 35 j, chez nous, il faut compter 180 jours. Et les nouvelles réglementations sur les importations de filtres et de plaquettes n’ont pas encore eu d’effets ». Et quand on lui demande si, justement, la situation qui a entraîné des hausses de prix partout ne serait pas profitable à un pays comme le Maroc qui pourrait se substituer à un tout petit bout de l’approvisionnement asiatique, voici ce qu’il nous répond : « Le Maroc peut bien sûr représenter une bonne alternative à la Chine, mais nous n’avons pas beaucoup fait d’efforts en ce sens, notamment en ce qui concerne les matières premières comme l’acier ou le plastique. Si on avait des matières premières dans le pays, le Maroc jouerait un très grand rôle dans l’industrie automobile ». 

De la certification comme laisser-passer 

Evoquant l’avenir de Brigh Sud, Youssef Demni nous révèle comment Brigh Sud a pris un nouveau tournant vers l’export en misant sur les certifications qualité : « Nous avons beaucoup travaillé sur les certifications obligatoires en Europe pour pouvoir vendre sur ces marchés et partout ailleurs. Avec ces certifications, nous pouvons vendre des plaquettes de frein en Europe en toute sérénité. Nous avons intégré des laboratoires, et des procès de qualité, et quand nous avons obtenu les certifications, nous nous sommes lancés dans l’export. Cependant, nous n’avons pas eu de chance car c’était au commencement de la crise sanitaire du Covid. Heureusement, nous recevons plusieurs commandes d’Europe et nous démarchons via les salons nombre de pays. Il faut regretter que notre gouvernement qui ne cesse de promouvoir l’export n’aille pas jusqu’au bout de la démarche qui consisterait à mettre l’accent sur le degré de certification et de normalisation des entreprises productrices et exportatrices marocaines. D’ailleurs, Salamatouna n’a pas été suivi d’une communication étatique forte. Cela aurait pourtant convaincu bien des investisseurs étrangers à venir s’implanter et à des acheteurs internationaux à s’intéresser aux produits marocains. » Néanmoins Youssef Demni reconnaîtra que sur le sujet de la contrefaçon, le gouvernement a tenu son rôle, la contrefaçon a reculé nettement : « Il y avait plusieurs portes qui laissaient passer les produits de contrefaçon et elles ont toutes été fermées. Seule la malfaçon continue de venir ici. C’est également très embêtant parce que ce sont des produits pas chers que privilégie l’automobiliste. Parallèlement, nous sommes confrontés aux hausses des matières première, de l’énergie, des transports et il nous est encore plus difficile d’être compétitifs ».  Hervé DaiguepercE

Hervé Daigueperce
Hervé Daiguepercehttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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