C’est un rendez-vous d’une portée inédite qu’a accueilli le Maroc, du 6 au 8 mai 2025, pour l’ensemble des acteurs de la mobilité mondiale. Marrakech a été l’hôte du FIA Spring Meeting, une rencontre de haut niveau organisée par la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) sous l’impulsion du Mobilité Club Maroc (MCM). Étaient présents des délégations de 250 clubs membres, venus d’Afrique, d’Europe, du Moyen-Orient, ainsi que des représentants des branches Mobilité et Sport de la FIA. Au cœur des discussions : la mobilité durable, la sécurité routière, la gouvernance, les technologies de rupture et l’avenir du sport automobile.
Si le Maroc a été retenu pour organiser ce sommet annuel, ce n’était pas par hasard. Marrakech a su s’imposer face à plusieurs candidatures internationales grâce à l’engagement du MCM, à la mobilisation des institutions marocaines, et à l’appui du président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem. Cette reconnaissance confirme la position du Royaume comme un modèle régional de gestion des enjeux liés à la mobilité, qu’il s’agisse de développement durable, de sport automobile ou de politiques publiques intégrées.
Le programme du sommet s’est révélé à la hauteur des attentes. Pendant trois jours, les participants ont pris part à des réunions techniques et stratégiques autour de sujets tels que l’électrification du transport, les carburants alternatifs, les systèmes de transport intelligents, l’intelligence artificielle, les véhicules autonomes ou encore la gestion des données massives. Des thématiques que le MCM considère comme fondatrices d’une mobilité plus sûre, inclusive et efficiente.
Le sommet a également été une tribune pour porter la voix du continent africain. Pour le MCM, qui a formé près de 3.000 élèves à la sécurité routière dans les écoles publiques marocaines cette année, la dimension éducative a été centrale. La mobilité, a rappelé Jalil Nekmouche, président du MCM, est un levier de transformation sociétale. Elle participe à l’innovation industrielle, à l’éducation des jeunes talents et à la valorisation des territoires.
La gouvernance mondiale de la FIA en mutation
Le FIA Spring Meeting 2025 a aussi été marqué par un important volet institutionnel. Plusieurs élections ont eu lieu à Marrakech : celles du président de la Région I (Europe-Afrique-MENA), du président de la Région Afrique, des membres du Conseil mondial de la mobilité, ainsi que les préparatifs de l’élection du prochain président de la FIA prévue en décembre 2025. Cette recomposition des instances traduit une volonté de renforcer l’ancrage régional de la FIA et d’en moderniser les modes de gouvernance.
La tenue de ces scrutins au Maroc exprime l’ambition de faire du continent africain un acteur plus influent dans les grandes orientations stratégiques de la Fédération. La participation exceptionnelle de clubs relevant à la fois de la mobilité et du sport, rarement réunis dans un même cadre, donne à cette édition une portée inédite.
Sport automobile : entre tradition et modernité
Le FIA Spring Meeting de Marrakech a également permis d’examiner les mutations du sport automobile à l’heure de la transition énergétique. Les échanges ont porté sur l’avenir du rallye historique, le déploiement des rallyes de régularité à moins de 60 km/h soutenus par la FIA, le possible retour du V12 en Formule 1, ou encore les débats sur l’attrait limité des championnats 100% électriques.
Jalil Nekmouche a profité de l’événement pour confirmer l’organisation, en octobre prochain, du premier rallye de régularité labellisé FIA au Maroc. Il reliera Casablanca à Agadir en passant par le désert et Ouarzazate. Un format en cohérence avec les nouvelles lignes directrices de la FIA sur le tourisme automobile et la mobilité patrimoniale. Le MCM a également annoncé la prochaine édition du concours d’élégance « Legendary Morocco », qui devrait se tenir au Parc d’Anfa à Casablanca.
La stratégie d’influence du Maroc
Au-delà des contenus techniques, ce sommet s’inscrit dans une stratégie de diplomatie d’influence. Le Maroc mise sur des événements de haut niveau pour se positionner comme terre d’accueil stratégique et acteur central de la mobilité mondiale, à l’instar de la prochaine Coupe du Monde FIFA 2030.
Jalil Nekmouche n’a pas caché ses ambitions : organiser dans les années à venir l’Assemblée générale de la FIA et sa remise des prix, voire un Grand Prix de Formule 1. Des projets qui nécessitent une coordination étatique, mais que le président du MCM juge réalisables, notamment grâce aux infrastructures prévues à Benslimane pour la Coupe du Monde.
En évoquant les exemples d’Abu Dhabi ou Kigali, Jalil Nekmouche inscrit clairement le sport automobile comme levier d’attractivité, de soft power et d’industrialisation. Marrakech dispose déjà d’un circuit homologué FIA. Il ne reste qu’à passer à la vitesse supérieure.
Une édition à fort potentiel
Le FIA Spring Meeting 2025 s’est imposé comme un sommet de transition, tant pour la FIA que pour le Royaume. Les échanges ont mis en lumière l’envie de décentraliser la gouvernance, d’accroître la représentativité des pays africains, et de promouvoir des formats compétitifs plus durables.
Pour le Maroc, il s’agit désormais de capitaliser sur cette réussite. Le MCM, sous l’impulsion de Jalil Nekmouche, entend inscrire durablement le Royaume dans le calendrier des grandes décisions internationales. L’objectif : devenir un acteur structurant de la mobilité et du sport automobile, par l’organisation régulière d’événements, la création de passerelles éducatives et l’implantation d’initiatives à fort impact technologique et sociétal.
Abdellah Khalil






