GAFC : un fabricant qui vise la normalisation du marché des liquides de refroidissement au Maroc

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Global Automotive Fluids Company (GAFC), fabricant marocain de liquides de refroidissement, rappelle l’importance d’équiper son véhicule d’antigel de qualité pour éviter la surchauffe du moteur et autres conséquences mettant en danger le véhicule. 

Créée en 2017 dans la zone industrielle de Ain Jemaa, en bordure de Bouskoura, l’usine GAFC fabrique principalement des liquides antigel et lave-glaces. La qualité des produits joue un rôle essentiel dans sa notoriété, étant donné qu’elle se positionne sur le marché du premium et qu’elle est sous-traitante de grandes marques internationales. D’ailleurs, pour le moment, GAFC se contente de livrer les pétroliers qui sont ses principaux clients, mais a récemment collaboré avec quelques distributeurs de pièces détachées en leur fabriquant leur propre marque. De surcroît, la manufacture de liquides de refroidissement veut poursuivre son développement en enrichissant sa gamme de produits et en donnant naissance à sa propre marque.

Avec une capacité de production de 15 tonnes par jour pour les petits emballages de 5 litres et 30 tonnes pour les citernes, GAFC dessert les pétroliers au niveau national mais dispose également de quelques clients à l’international. Fidèle à ses valeurs, l’entreprise défend la qualité des liquides de refroidissement, en insistant sur les dommages que peuvent provoquer les produits de bas de gamme qui se vendent sur le marché marocain en ce moment. « Un liquide de refroidissement, ce n’est pas que de l’eau, c’est bien plus que cela. Il se compose d’environ 70% d’eau ’’déminéralisée’’ et de 30% de matières chimiques qui empêchent la corrosion et bien d’autres choses plus complexes. Les produits bas de gamme utilisent jusqu’à 90% d’eau. Vous savez l’eau elle-même peut être pleine de calcaire et peut causer l’oxydation voire la rouille du circuit de refroidissement, le calcaire peut empêcher le bon refroidissement, il devient un isolant qui automatiquement cause la surchauffe du moteur et beaucoup d’autres pannes. Statistiquement jusqu’à 50% des pannes moteur sont liées au refroidissement », explique Amine Belemlih, directeur général de GAFC. Il ajoute : « les consommateurs marocains sont plus poussés par le prix et la majorité d’entre eux n’ont pas encore l’esprit qualité. Et parfois même quand des gens cherchent un liquide de refroidissement de qualité, ils ne le trouvent généralement pas sur le marché puisque le domaine est entaché par le produit de bas de gamme ».

GAFC : la normalisation du secteur 

L’antigel contribue de trois façons au bon fonctionnement du système de refroidissement. En premier lieu, il dissipe la chaleur résultant du fonctionnement du moteur. Ensuite, il augmente le point d’ébullition de l’eau et abaisse son point de congélation. Enfin, et ce rôle est moins connu, l’antigel prévient la formation de corrosion pouvant causer des dommages au moteur. Souvent, les automobilistes négligent de le remplacer aux intervalles prescrits par le constructeur ou le remplacent par un liquide de mauvaise qualité. Les conséquences de cette négligence peuvent être coûteuses. 

Dans ce sens, afin de protéger le consommateur, GAFC travaille en collaboration avec le Centre Technique Des Industries Des Equipements Pour Véhicules (CETIEV) et l’Institut Marocain de Normalisation (IMANOR) sur la mise en place d’une norme afin de régulariser le marché des liquides de refroidissement au Maroc. « L’objectif principal de la norme que nous essayons d’instaurer est d’empêcher les importateurs de ramener des produits de mauvaise qualité et d’exiger une certaine qualité aux fabricants locaux. Ensuite, il faut que l’Etat fasse le suivi de l’application de la norme pour protéger le consommateur qui ignore la différence entre les produits et ce qui est bien pour le moteur de son véhicule », explique Amine. 

Une gamme plus large et une marque propre à GAFC

GAFC est une jeune usine de 1.500 mètres carrés et avec une équipe d’environ 15 ouvriers et qui a pour ambition de produire de nouveaux articles en 2022. Il s’agit des additifs de carburant ainsi que des produits de nettoyage de voitures. « Notre objectif est d’élargir notre gamme en produisant tout ce qui est en rapport avec l’entretien automobile. Nous allons essayer de fabriquer des produits qui sont traditionnellement importés de l’étranger, par exemple les additifs de carburant, jusqu’à présent personne ne les fabrique localement, à part un acteur qui n’a presque aucune notoriété sur le marché, il produit du bas de gamme alors que nous, nous maintiendrons notre principe de produit premium. Nous allons également nous attaquer aux produits de nettoyage de voitures, comme par exemple les nettoyants de tableaux de bord, de jantes, etc. Ceci se fabrique déjà au Maroc, mais nous comptons produire quelque chose de plus structuré », indique Amine.

Dans le même sens de développement de son activité, GAFC envisage de lancer sa propre marque de liquides de refroidissement et de produits de nettoyage de voitures. « Actuellement, nous sommes à 100% sur du BtoB et nous comptons passer également au BtoC en produisant notre marque. Nous ne comptons pas nous battre sur le marché des produits low-costs sur lequel beaucoup de marques se positionnent, nous allons opérer dans le marché du premium pour nous distinguer et pour garder notre image de marque », annonce Amine en insistant sur le fait que pour mettre en œuvre ce projet, le marché doit être normalisé et bien structuré, « nous ne serons pas très compétitifs si nous faisons les choses dans la norme alors que le marché n’est pas encore réglementé à ce niveau », indique-t-il. 

AdBlue : de l’importation à la production ?

En plus des produits qu’il fabrique, GAFC importe en parallèle l’AdBlue depuis l’Union Européenne et la Turquie, en le revendant à ses clients en BtoB. Cependant, il étudie la possibilité de le produire en interne. « Il y a actuellement deux fabricants au Maroc dont un qui est très récent. Le produit a pris beaucoup de valeur du fait que la matière première a explosé en matière de prix. Pour le moment son importation est bien sûr plus chère mais moins risquée, nous l’importons avec prudence parce que le prix a pratiquement doublé, le temps d’étudier la possibilité de le produire ici dans notre usine », indique Amine. 

Ainsi, Amine nous explique que cette idée de produire de l’AdBlue participe à cette idée de compléter sa gamme de produits. Il nous a même fait part, lors de notre entretien, de l’état du marché de l’AdBlue au Maroc : « Le marché marocain est un marché potentiel pour l’AdBlue, mais la potentialité est réduite par le fait qu’il y a beaucoup de propriétaires de camions qui désactivent le filtre à particules. C’est très mauvais pour l’environnement, mais ils ont leurs raisons, cela coûte très cher en plus du carburant qui est de plus en plus cher, cela constitue beaucoup de contraintes, nous les comprenons. L’Etat ne réagit pas pour l’instant puisqu’il n’y a pas de loi qui oblige les gens à maintenir le système du filtre à particules et à consommer de l’AdBlue. Par contre, pour ceux qui font du transport international, ils n’ont pas trop le choix, dès qu’ils traversent la frontière, ils sont obligés d’avoir un système de filtre à particules actif et de l’AdBlue, sinon ils reçoivent des contraventions de 3.000 à 5.000 euros. Au Maroc, on arrive à contourner le système des camions Euro 5, mais actuellement il y a des Euro 6 et à ma connaissance on n’a pas encore pu contourner leur système, c’est là que la consommation d’AdBlue a augmenté. Ensuite, viennent les véhicules légers qui ont tout juste commencé à consommer ce produit ces dernières années. Le potentiel est là, il faut juste qu’il y ait une normalisation à ce niveau et que le produit retrouve son prix normal ». 

Un ingénieur électricien à la tête d’une industrie de liquide de refroidissement

Amine Belemlih est un ingénieur électricien qui s’est retrouvé par hasard dans la fabrication des liquides de refroidissement après qu’il a travaillé aux Etats-Unis dans la micromécanique. « J’ai fait mes études à l’INSA de Lyon, ensuite j’ai travaillé en Californie dans la micromécanique, quelques années plus tard, j’ai fait un MBA. Ensuite, je suis rentré au Maroc pour des raisons familiales. Une fois au Maroc, j’ai intégré la multinationale américaine de produits de nettoyage PLG, en sortant de chez eux, j’ai rejoint la première équipe fondatrice de la chaîne de supermarché BIM STORES, en tant que directeur commercial et marketing pendant 8 ans, après j’ai évolué en tant que directeur général régional pour la moitié nord du Maroc. Actuellement, je me suis tourné vers l’industrie, c’est un ami qui travaille dans une entreprise pétrolière qui m’avait proposé ce projet, puisqu’ils cherchaient un sous-traitant pour produire leurs marques et celles qu’ils représentent, c’est là où j’ai fondé GAFC ».

Les expériences acquises lors de son parcours ont été au profit de sa jeune usine, dans le sens où « être ingénieur électricien m’a permis de ne pas me faire avoir lors de la construction de l’usine, cela m’a permis d’être à cheval sur la qualité des installations. Aussi au niveau de la technologie, en tant qu’ingénieur qui a une base assez polyvalente, je peux me reconvertir dans plusieurs domaines. Par exemple ici nous parlons de chimie, je peux comprendre ce langage et développer un peu la spécialité qui est la nôtre, cette base technique m’a permis de bien maîtriser le métier. Le fait d’avoir assisté à un développement de projet depuis son démarrage comme BIM STORES, m’a un peu donné la fibre de start-up, cela m’a beaucoup éclairé les choses et m’a donné une vision de savoir-faire quant à la gestion des start-ups », conclut-il.

Haytam Boussaid

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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