« Le marché du Maghreb ne peut que s’accroître »

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Lors d’Automechanika Dubaï, comme chaque année, nous avons profité de la présence d’Alex Mungiuri, le patron de – Vehicle Lifetime Solutions pour l’Afrique et le Moyen-Orient de Schaeffler afin qu’il nous présente sa vision des différents marchés de la rechange grâce à la politique qu’il mène dans les pays et la stratégie groupe globale. Ce qui ressort toujours de nos entretiens réguliers, c’est la proximité du terrain associée à une vision globale internationale qui définit la qualité des réponses d’Alex Mungiuri. Une contribution, précieuse à notre appréhension des marchés, que nous partageons systématiquement avec nos lecteurs.

Lorsque nous avons commencé notre interview, à Dubaï, nous avons forcément demandé à Alex Mungiuri ce qui l’animait lors de cette manifestation annuelle. Venu rencontrer des distributeurs de sa grande région, il nous a parlé des nombreux contacts qu’il avait sur le salon avec les professionnels d’Afrique du sud et du Maghreb, de l’Egypte ou encore de Libye, replaçant l’importance du salon dans sa zone géographique élargie. Avant de nous parler de l’Afrique du nord qui nous intéressait plus particulièrement, Alex Mungiuri nous a confié qu’il « comptait développer davantage l’Afrique Sub Saharienne parce qu’il y avait des parts de marché à prendre. C’est l’une des dernières zones où l’on peut grandir et où nous avons du potentiel, tandis que nous ne sommes pas présents directement ». Un challenge comme les aime Alex Mungiuri qui a encore bien des choses à nous dire sur …le Maghreb : « Le marché de l’Afrique du nord est obligé de grandir, il a un potentiel fort dû en majeure partie à la croissance de sa population, à l’amélioration des infrastructures et à celle du parc circulant. A moyen terme, ce marché ne peut que grandir malgré des problématiques économiques qui montent et qui descendent. Dans les 5 ans, nous verrons ce marché croître de manière significative ».

Et plus précisément en Algérie ?

Face au recul des ventes de tous les équipementiers liés aux réglementations, la question de l’intérêt du marché algérien se pose de manière forte. Alex Mungiuri, en sage, partage avec nous sa philosophie : « Aujourd’hui, en Algérie, il faut s’adapter et tenir compte des évolutions du parc circulant. Le fournisseur doit s’adapter à la demande et nous savons le faire, nous savons être à l’écoute avec l’aide de nos distributeurs. Mieux encore, à propos de de ce que l’on peut entendre sur le marché algérien, j’ai tendance à dire « on patiente » car on ne peut rien faire, nous comme les autres, pas un fournisseur n’a la solution, pas un ne peut avoir d’influence sur ce qui se passe. Certes, tout le monde souffre, mais il faut patienter jusqu’à ce que le gouvernement finisse ses ajustements en termes de régulation du marché et de l’importation en règle générale. En attendant, nous sommes tous confrontés à des « dommages collatéraux » liés à une demande largement supérieure à l’offre, ce qui conduit à une hausse des prix et à l’inflation. Nous espérons vivement que les modes d’importation ou les lois vont être rebattus à l’aune de l’inflation pour garantir des prix plus justes aux consommateurs. En fait, il faudrait que les grands importateurs créent une association et fassent du lobbying pour parler avec l’Etat. C’est une grande famille qui doit parler d’une voix unie, via un site, via un sigle d’appartenance à cette famille. Cela permettrait d’évoquer de manière concrète les problèmes de la filière. »

« Schaeffler ne laisse pas tomber ses partenaires »

Revenant sur le marché algérien, le patron de Schaeffler Afrique et Moyen-Orient rappelle « qu’on donne plus d’énergie sur ce marché qu’aux marchés marocains et tunisiens qui bénéficient de bonnes organisations et d’une bonne croissance. Notre objectif reste le même, trouver des solutions et si on trouve les bonnes solutions, nous aurons une forte croissance. Je ne fuis pas les problèmes, j’aime trouver des solutions, et je prends cela comme un challenge nouveau même si, de temps en temps, cela peut apparaître comme démotivant. Cela fait aussi plaisir de chercher des solutions, c’est dans ma philosophie, une philosophie qui s’exprime ainsi : Si le plan A ne fonctionne pas, on prend le plan B, et il ne faut pas se démoraliser car il y a encore 24 lettres qui restent ! Et il y a des solutions qui vont plus vite que d’autres. Donc, patience ! Schaeffler ne laisse pas tomber ses partenaires ».

« Schaeffler s’adapte et l’Aftermarket est en croissance »

Lorsqu’on demande à Alex Mungiuri comment le Groupe Schaeffler se porte au vu des événements internationaux, il nous répond avec clarté : « Comme les résultats que nous avons publiés nous le montrent, l’Aftermarket chez Schaeffler est en croissance. Bien sûr les marchés russes et iraniens sont « morts » pour tout le monde en Europe, c’est un potentiel important que l’on a perdu, mais nous nous sommes déployés davantage sur d’autres marchés dans le monde. Aujourd’hui, nous devons nous adapter aux aléas liés aux crises géopolitiques et aux tensions internationales, et penser aux challenges que cela soulève. On étudie la question et on travaille pour trouver des solutions et au final nous observons une croissance. C’est aussi lié au fait que nous élargissons la gamme et que nous sommes très actifs sur nos marchés. Cela nous permet de faire une croissance même si certains marchés ne sont pas exploités. Et il faut ajouter, que si nous avons cette croissance, c’est que nous travaillons partout dans le monde. Dans la région, c’est grâce à mon équipe au Moyen-Orient, en Afrique du sud ou encore au Maghreb que nous progressons. Nos équipes régionales se parlent, échangent des idées, des solutions, ne restent pas isolées. C’est aussi vrai en Europe. Lorsque j’ai effectué une mission en France, j’étais souvent absent dans ma région, et cela fonctionnait très bien. Preuve, s’il en était besoin que les équipes étaient bien organisées et savaient toujours ce qu’elles devaient faire et comment réagir. Les outils digitaux nous ont bien aidés à améliorer nos performances en ce domaine, en communication comme en data. Nous pouvons faire des statistiques très rapidement et cela influence sensiblement nos décisions. Par ailleurs, nous avons un meilleur suivi grâce au digital. Ce qui ne nous empêche pas de mettre en avant les visites terrain, toujours plus riches et agréables ! »

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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