Deux conventions pour accélérer l’industrie automobile marocaine

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Tanger a confirmé, lors de la 8ᵉ édition des Automotive Meetings Tangier-Med, son rôle moteur dans le développement de l’industrie automobile nationale. Deux conventions stratégiques ont été signées en marge de l’événement pour accompagner la montée en puissance du secteur et répondre aux mutations technologiques qui le traversent.

La première convention, conclue entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de l’Inclusion économique, l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) et l’Association marocaine pour l’industrie et la construction automobile (AMICA), porte sur le renforcement en compétences de l’écosystème automobile.

Elle vise à promouvoir l’emploi en formant un vivier de talents qualifiés, en parfaite adéquation avec les besoins spécifiques des industriels. Dans un contexte marqué par la transition vers l’électrification, la connectivité et l’intégration de l’intelligence artificielle dans les véhicules, l’enjeu de la formation devient central. La convention prévoit non seulement des dispositifs adaptés aux nouvelles exigences technologiques, mais aussi la facilitation du recrutement pour soutenir la croissance des entreprises du secteur.

Face à l’émergence de nouveaux métiers liés aux batteries électriques, aux systèmes intelligents embarqués ou encore aux process de fabrication décarbonés, l’industrie marocaine se donne les moyens d’assurer la montée en compétences de sa main-d’œuvre et d’anticiper les besoins futurs.

Renforcer l’intégration locale

La deuxième convention signée entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et l’AMICA se concentre sur un autre axe stratégique : le développement de l’intégration locale. L’objectif est clair : augmenter la valeur ajoutée nationale dans les exportations de véhicules et de composants.

À cet effet, un cabinet spécialisé accompagnera l’AMICA pour identifier les nouveaux besoins d’intégration industrielle, détecter des opportunités et concevoir des projets prêts à être proposés aux différents réseaux professionnels. Cette approche vise à encourager l’implantation de nouveaux fournisseurs locaux et à élargir l’écosystème existant autour de la fabrication de pièces et de sous-ensembles automobiles.

L’augmentation de l’intégration locale est aujourd’hui un enjeu de compétitivité majeur. Plus la fabrication locale de composants se renforce, plus les constructeurs et équipementiers peuvent optimiser leurs chaînes d’approvisionnement, réduire les coûts logistiques et répondre aux critères croissants de décarbonation imposés par les marchés européens.

Un secteur en forte croissance

Le dynamisme de l’industrie automobile marocaine ne se dément pas. En 2024, le secteur a enregistré un chiffre d’affaires record à l’export de 157 milliards de dirhams, soit une croissance de 148% en moins de dix ans. Une performance qui place le Maroc en tête des plateformes africaines de production automobile, mais aussi parmi les plus compétitives au niveau mondial.

Avec une capacité de production dépassant le million de véhicules par an, et des exportations équilibrées entre véhicules complets et composants, le pays confirme son statut de fournisseur stratégique pour l’Union européenne, notamment pour les motorisations thermiques et, de plus en plus, pour les véhicules électriques.

L’usine Stellantis de Kénitra, emblématique de cette transformation, produit en exclusivité mondiale trois modèles de véhicules électriques urbains. De son côté, le groupe Renault a affecté à ses sites marocains deux projets de véhicules électriques stratégiques, renforçant encore l’orientation du pays vers une mobilité plus propre.

Automotive Meetings Tangier-Med : cap sur les défis futurs

Organisé par l’AMICA en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, le salon Automotive Meetings Tangier-Med a réuni cette année encore les principaux acteurs de la filière automobile. Placé sous le thème « Industrie automobile, opportunités et risques », l’événement a donné lieu à des rencontres B2B, des conférences et des tables rondes autour des enjeux de la voiture électrique, de la connectivité et de la décarbonation des procédés industriels.

La filière automobile marocaine aborde ainsi une nouvelle phase de son développement, où le défi ne se limite plus à produire plus, mais à produire mieux : intégrer davantage de valeur localement, investir dans les technologies d’avenir et adapter les compétences pour accompagner une industrie en profonde mutation.

Le Maroc, fort de son expérience, de sa position géographique stratégique et de son environnement d’affaires favorable, entend bien consolider son rôle de hub africain et méditerranéen pour l’automobile du futur.

Abdellah Khalil

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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