Abdellah Abdellaoui, Fondateur du Raid International de Solidarité «Prix Mohamed Mjid»

Abdellah Abdellaoui, Fondateur du Raid International de Solidarité «Prix Mohamed Mjid»

Il est des personnages qui échappe à toute tentative de classification, personnelle comme professionnelle, tant leur énergie s’est déployée à servir des causes aussi diverses que créatrices, tournées vers le business comme le social, pour ne pas dire l’humanitaire, mais avec la même rigueur dans son organisation et son obligation de résultat.

Abdellah Abdellaoui fascine, parce qu’il creuse le bon sens comme d’autres le sillon de terre, avec patience, obstination, conscience, avec, en parfait filigrane, l’objectif d’en tirer le meilleur pour l’avenir d’autrui et de son pays. Refusant l’image du donneur de leçon ou du faiseur de dons généreux et altruiste, façon fondation tiers-mondiste, Abdellah Abdellaoui profite de sa passion pour les véhicules anciens afin qu’ils soient les vecteurs d’un monde (un peu) meilleur, surtout en milieu rural. Un milieu qu’il connaît et respecte depuis l’enfance. C’est le portrait de cet homme-là que vous allez lire, hyperactif, et connu pour son sens du management d’entreprise comme pour son investissement personnel en toutes choses. Moteur.

1982 « L’adoption » par Mohamed Mjid

Fort influente, la Somaca joue un rôle important dans la vie de l’automobile au Maroc, et est, notamment, membre très actif du Royal Automobile Club du Maroc. C’est ainsi qu’Abdellah Abdellaoui, tout jeune cadre à la Somaca, s’implique activement dans l’organisation du Rallye de L’Atlas des années 80, et rencontre un homme, entre autres fondateur et président du Royal Automobile Club à l’époque, qui en est l’âme, l’animateur inspiré, l’aimant des forces vives, il s’agit de Mohamed Mjid, qui fait aujourd’hui partie de l’histoire du Maroc. Notoirement engagé dans la vie sociale et politique du Maroc, Mohamed Mjid fait tout pour faire avancer son pays en s’appuyant, autant qu’il le peut, sur l’associatif et l’apport des hommes de bonne volonté. Il persuade, convainc, et surtout fascine, parce que c’est un homme qui a su se mettre au service de son pays. C’est donc au début des années 80, qu’Abdellah Abdellaoui le rencontre. Entre les deux hommes, le courant passe, très fort, affectif sans aucun doute, constructif certainement, utile bien sûr. « J’ai rencontré Mohamed Mjid , en m’engageant à ses côtés pour le lancement du Rallye de l’Atlas. Cet homme m’a adopté, m’a impliqué dans son action sociale. », commente Abdellah Abdellaoui, souriant au souvenir de cette rencontre, qui allait bouleverser sa vie et devenir une source de projets incomparable.

Un parcours originel

« Je suis arrivé à Casablanca pour m’engager dans la vie active à 24 ans, avec un vieux jean et une chemise comme seuls bagages ! » se rappelle Abdellah Abdellaoui avant de mentionner qu’il était parti d’Oujda, en 1969, faire ses études supérieures, à Dijon, en France. Sans moyens. «un accident de l’histoire », dit-il. Orphelin dès
7 ans, d’un père victime des années de plomb, dans une famille démunie, il dit avoir réussi grâce à la solidarité sociale, l’orphelinat, l’école publique et le militantisme. « Dès mes 16 ans, j’ai obtenu une bourse française pour continuer mes études supérieures à Dijon, et j’ai milité, tout jeune, au sein de l’extrême gauche, ce qui m’a amené, très tôt, à découvrir le sens des responsabilités au bureau de l’UNEM section de Dijon. » Ses activités ne m’empêchent pas de mener ses études jusqu’au bout, et d’obtenir les trois certificats d’Expert- Comptable. Il est engagé à son retour comme auditeur à l’ONA (filiale du groupe SCOA à l’époque) et effectue sa tâche jusqu’à se rendre compte qu’il en a fait le tour et que sa vocation n’y a pas sa place. C’est alors qu’il se tourne vers l’informatique, qui lui apporte son piquant de modernité, entendez par là l’apprentissage de Gamma 10 d’Honeywell Bull (!), l’ensemble électronique de cartes perforées ! Pendant deux ans, il dirige le premier centre de sous-traitance informatique au Maroc filiale de l’ONA (fusion de Sacotec et Utimaco) « une salle immense dédiée au matériel » s’en amuse-t-il encore, sans doute parce qu’il n’y est pas resté longtemps. C’est alors qu’il entre à la Somaca et que son goût pour la création, le développement trouve son accomplissement. Il prend en charge la restructuration de la société et son informatisation, et devient très vite l’artisan du développement de la sous-traitance automobile dans le cadre du programme compensation intégration imposé par l’Etat aux constructeurs présents sur le marché du montage automobile au Maroc.

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La Somaca comme école de formation

Filiale de l’Etat marocain, avec implication au capital de Fiat et Simca (Simca qui sera reprise plus tard par Peugeot), la Somaca assurait aussi le montage des véhicules Renault. «Nous sommes très loin de la robotisation, les mêmes chaînes font défiler en montage quelque 22 modèles de voitures de trois constructeurs différents, je vous laisse imaginer le niveau de qualification nécessaire aux ouvriers et aux techniciens» précise Abdellaoui en rendant hommage à l’ensemble des équipes de l’époque, et d’ajouter «cette expérience a renforcé ma conviction que l’on peut réussir des miracles avec la formation professionnelle. Je rappelle que notre critère de recrutement des ouvriers était juste lire et écrire… ». Si, sur le plan économique, le montage local ne rivalisait pas avec les chaînes de montage dédiées européennes, en revanche, il a servi d’école de formation à des dizaines de techniciens automobiles. « Dans les années 70, environ 60 % des garagistes, presque la quasi totalités des experts automobiles, et les hauts cadres des réseaux automobiles étaient des ex-  Somaca» commente-t-il. Avant de penser tout haut, qu’en réalité, en quittant la Somaca, il n’a rien fait autre que de suivre l’exemple de beaucoup d’ouvriers, qui forts de leur expérience, ont créé leurs petits garages !

Un rallye, une rencontre, un nouveau métier…

« Parfois, il y a des hasards, dit-il, songeur… J’ai lâché la Somaca, et j’ai plongé dans la création de mon entreprise, suite à une rencontre lors du Rallye de l’Atlas, avec le sponsor de l’événement, le géant américain de la location automobile Budget Rent a Car ». Et lorsqu’on lui dit que c’est courageux, il répond par un conseil comme s’il éludait la difficulté : « Les ingrédients pour réussir dans une entreprise de location de voitures, nécessitent de négocier de bons achats de voitures, et d’apprécier leur juste prix de cession en fin d’exploitation, une bonne organisation, de la rigueur et de la transparence, et la marque ont fait le reste ». « Néanmoins, le plus difficile, pour moi, a été de monter le dossier financier, car je partais de rien, et la location de voiture est très capitalistique ». Faut-il alors considérer Abdellah Abdellaoui comme un joueur qui mise tout sur une carte et advienne que pourra ? En réalité, bien que le risque de ne pas réussir ce pari était grand, il s’avérait aussi réfléchi, et tenait compte d’une analyse fine sur un environnement nouveau, un potentiel de développement du tourisme énorme, et l’apparition du voyage touristique en toute liberté de mouvement par opposition aux voyages en groupe. Il nous l’explique en quelques mots : « A l’époque, les trois autres marques internationales de location présentes sur le Maroc, n’étaient pas très innovantes. J’en veux pour preuve le fait qu’en adaptant tout simplement les pratiques internationales Budget au contact marocain, en à peine cinq d’activités, ma société comptait un parc de véhicules équivalent à celui des trois autres concurrents réunis. » Ou comment allier bonnes pratiques et connaissance du marché local…

Du professionnalisme avant toute chose.

La méthode ? Apporter du professionnalisme là où il n’y en avait pas. C’est ainsi que le nouveau venu sur le marché de la location noue des partenariats avec des institutionnels comme la Ram le « fly & drive », L’ONCF (ouverture des agences dans les gares), les voyagistes Fram, Nouvelles Frontières, TUI, (le Maroc en roue libre), crée un réseau de 22 agences, (centres villes et aéroport), investit les grands hôtels comme la Mamounia, Palais Jamai et l’Atlas. Son expérience et sa notoriété personnelle liée à la Somaca, lui permet, en outre, d’entretenir de bonnes relations avec les constructeurs, mais Abdellaoui reste humble et explique que cette ascension fulgurante est due à un très fort investissement dans les ressources humaines et leur formation et avoue qu’il a profité du côté routinier de ses concurrents ! Sans doute. Mais pas seulement comme nous allons le voir. En rapport avec le coeur du métier «tourisme transport», en effet, Abdellah Abdellaoui se lance dans la diversification des services et crée, en 86, une agence de voyages Sun-Flower spécialisée dans l’incentive, dont il rappelle, fièrement, quelques points forts : les circuits 4×4 dans le grand sud, le lancement mondial de la Peugeot 405, le Trophée Camel, ou encore ses responsabilités dans l’organisation de la FIAVET (congrès de plus de 3000 voyagistes Italiens). Trois ans plus tard, il créera la société d’événementiel « Jet Event », qui organisera, notamment, la tournée du Bolchoi au Maroc et la venue du Grand Cirque de Moscou à Casablanca ! Parallèlement, en 87, il met en place une nouvelle société de transport touristique « Tour Vision » dédiée aux circuits en autocar dans le pays. On y voit là, la force de la méthode, qui consiste à cerner les attentes des clients dans un contexte déterminé, et les réponses possibles dans un marché spécifique, afin d’y répondre dans les conditions les mieux adaptées.

La traversée du désert.

A sa créativité et son discernement, il faut ajouter la ténacité, qui s’illustre lors de la première guerre du Golfe, fin 89, début 90. Une ténacité qui s’accompagne toujours des leçons à tirer d’une mauvaise fortune. En janvier 90, seules trois voitures sur les 720 dont il dispose en parc sont louées, puis, pendant un an et demi, le taux d’utilisation ne dépasse guère les 20 %… et il faut tenir pendant une traversée du désert, dont on ne connaît pas la durée. Alors que nombre de ses concurrents doivent jeter l’éponge, Abdellah Abdellaoui s’adosse à une société de capital-risque, filiale d’une banque, qui lui permettra, non seulement de maintenir son entreprise et aussi de « changer de fusil d’épaule, en achetant Locasom premier loueur LLD au Maroc, et société qu’il avait lui-même créée, en 1983, pour le compte de la Somaca, avec la participation La BMCI et Maghreb Bail. Il restructure ainsi Budget et l’oriente sur le premium et le marché d’affaires principalement, allège le poids de l’investissement en retirant le parc voitures propriété de BUDGET, en le remplaçant par un parc en LLD, fourni par Locasom, et filialise le réseau Budget à Locasom, qui devient la société mère. Un véritable magicien de la finance ! « Ce changement de stratégie m’a permis de sortir la tête de l’eau, de rester N 1 du marché, de lancer le premier emprunt obligataire d’une société non institutionnelle, après l’obtention de l’agrément du CDVM, afin de lever des fonds publics pour une première enveloppe de 80 millions de Dh. » conclut-il.

Une sortie qui s’accompagne d’une nouvelle « success story »

Restructuration totale et santé financière retrouvée, il se lance, en 1995, dans ce qui deviendra une nouvelle « succes story » et investit dans les nouvelles technologies : Création de la première plateforme réseau à valeur ajoutée, reliant les assurances à l’ensembles des intervenants dans l’accidentologie automobile, lancement, en partenariat avec Data Mobile (filiale Orange), la géolocalisation et l’optimisation d’itinéraires des véhicules et matériel roulant au sein d’une société baptisée Efficient Technology, qui s’arroge la première place du secteur au Maroc aujourd’hui… la liste est longue ! Toujours dans l’esprit de développement des activités innovantes, il accompagne ses ingénieurs en nouvelles technologies et participe à la création de leur entreprise de Recherche & Développement, «Expert Research», ses ex salariés devenant, ainsi, les fournisseurs de son groupe pour tout ce qui relève des solutions informatiques. Il leur ouvre, alors, des marchés à l’export et leur permet de devenir fournisseurs d’Orange pour les solutions SIG. Puis, en partenariat avec ELECTUDE, Numéro 1 mondial du e-learning automobile, il crée LEA ACADEMY… Ce qui est marquant chez Abdellah Abdellaoui, c’est sa capacité à donner sa chance à ceux qui en ont envie, ou besoin. Plus encore que sa gestion anticipative et ses talents de manager, ce sont ses aptitudes à capter dans les ressources humaines ce qui en est le plus remarquable et à ne pas s’arrêter à ce constat. Tout au contraire, il ne s’arrêtera que dans l’accomplissement des valeurs ainsi détectées. Cela vaudra pour les affaires et aussi dans l’encadrement des actions sociales.

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« Libre comme le vent »

Quatre ans avant d’accéder à l’âge de 60 ans, Abdellah Abdellaoui entend sortir du circuit des affaires l’esprit libre, et toutes ses activités bien rangées, pour une vente franche et massive, à savoir, sortie du groupe Locasom Budget en faveur d’un groupe d’institutionnels Banque Assurance, sortie de la plateforme LEA en faveur du N°1 mondial de cette activité Sidexa, sortie d’Efficient Tecnology par transmission familiale. «A 55 ans, J’ai dit que je ferais autre chose à 60 ans, et j’ai quitté le monde des affaires à 62 ans, deux ans de plus, c’était long « dit-il. Pour autant, ce n’était pas par choix du farniente…

De la passion des voitures anciens comme vecteur d’engagement social

Au cours de sa carrière, Abdellah Abdellaoui est amené à croiser de vieux véhicules, certains de collection, d’autres plus communs, mais attachants, des véhicules qu’il achète en vue de les remettre en état : « J’ai constitué ma collection d’abord par des véhicules que j’ai collectés dans les campagnes, dans un état généralement piteux, et je les ai restaurés avec une première motivation de sauvegarde de ce patrimoine ». Aujourd’hui il s’adonne entièrement à sa passion, et s’il n’est pas un mécanicien, il ne rechigne pas à tâter de la mécanique. Et c’est pour lui un moyen de partager avec des jeunes férus de mécanique, qu’il fait encadrer par des vieux chevronnés. « Pas d’urgence, rappelle-t-il, l’électricien, le garnisseur, le spécialiste de l’échappement ou autre, ont tous des petits ateliers dans la périphérie de Casablanca, ce sont de grands professionnels formés sur le tas généralement, ils viennent ici (chez Retro-Parc, ndlr) nous nous mettons d’accord sur ce qu’il faut faire et ils interviennent quand ils le peuvent. Ils peuvent mettre un mois pour terminer une tache, cela n’a pas d’importance, l’essentiel est que la restauration soit faite dans les règles de l’art et qu’ils transmettent le métier aux jeunes techniciens permanents dans mes ateliers ». Qui plus est, le passionné transmet son goût pour les anciennes aux jeunes qui recherchent des vieilles voitures et s’emploient à les mettre en état dans les ateliers de Retro-Parc (1000 m²), avec, à la clé, la possibilité de participer aux événements qu’organise Abdellah Abdellaoui.

Un raid social et enthousiasmant

Fondateur du Raid International de solidarité, Prix Mohamed Mjid, Abdellah Abdellaoui explique : « Je cherche à institutionnaliser un événement annuel, un parcours en véhicule d’époque, sur les routes marocaines reliant, à chaque édition, le maximum de « Douars » d’une région différente. Le RAID DE SOLIDARITE est d’abord une action humanitaire visant à changer le regard des jeunes sur l’humanitaire, en vivant une expérience au plus près des populations du monde rural des plus démunis et qui souffrent de l’isolement. » Il poursuit : « J’ai accidentellement pris connaissance que, suite à un diagnostic dans 4 écoles du monde rurale, plus de 480 enfants présentaient une déficience oculaire. Comme leurs parents ne le savent pas, les résultats scolaires des enfants sont catastrophiques, et l’abandon scolaire s’affirme comme la seule issue alors que les enfants ont « simplement » des problèmes de vue ! Scandalisé par ce constat, j’ai retenu, pour action sociale du Raid, le thème : «La vue, c’est l’avenir d’un enfant». Ainsi au préalable de chaque édition du Raid, une caravane d’ophtalmologistes bénévoles visitera les établissements scolaires du circuit projeté, et établira les ordonnances nécessaires à la fourniture des lunettes, qui seront distribuées lors du passage du Raid. Lors de l’édition 2017, 1430 enfants ont bénéficié des lunettes, et l’objectif de l’édition 2018 consiste à faire bénéficier 5000 enfants.

Ce qui apparaît encore plus symptomatique de la part d’Abdellah Abdellaoui, c’est qu’il a intégré les lunettes dans un Pack en y ajoutant chaussures de sport, des T shirts, des casquettes, et quelques livres pour que l’enfant bénéficiaire ne ressente pas le don de lunettes comme « étant le moyen de remédier à un problème » mais en éprouve le plaisir de recevoir un cadeau ! L’engagement d’Abdellah va encore plus loin lorsqu’il propose à tous ceux qui veulent participer au « Raid International de Solidarité » de venir sans payer d’adhésion, mais en remplissant leur coffre d’objets utiles et agréables pour les enfants. Ou comment associer passion et plaisir de faire plaisir et oeuvre sociale sans que cela soit « marqué », estampillé comme don. Correction de la vue, sport et lecture sont ainsi retenus pour la thématique des éditions du Raid International de Solidarité des cinq années à venir. L’édition 2018 est programmée du 4 au 8 mai, sur le Circuit Taza – Figuig.

Retro-Parc accueille l’Automobile Club du Maroc.

« Mon idée de création d’un Club à thème « Automobile Club du Maroc » est une consécration de ma passion pour l’automobile et de mon attrait pour les anciennes technologies, qui ont produit ces merveilleuses voitures, dites aujourd’hui de collection » commente Abdellah Abdellaoui. C’est ainsi qu’il a mis, à la disposition des collectionneurs, une plateforme de ressources techniques et humaines, afin de leur permettre de piloter eux-mêmes les travaux de mise à niveau de leurs voitures ou de mener à bien leur projet de restauration, la finalité du projet étant de contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine national de véhicules d’époque alors que la majorité des véhicules restent à mettre en valeur… Abdellah Abdellaoui concluera ainsi : « Performances économiques et utilité sociale me semblent tout à fait compatibles, je cherche donc à créer au travers d’un modèle économique viable, un véritable programme de solidarité, de performances économiques et d’utilité sociale. » Inscrivez-vous !

   Hervé Daigueperce

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