Du succès du salon M.A.T. et des ambitions pour 2026…

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Après quelques mois de réflexion sur la réussite du salon Moroccan Automotive Technologies (M.A.T.) organisé par le Gipam, l’heure était aux commentaires et qui mieux que son président pouvait nous répondre ? Mohamed El Housni a accepté de nous livrer ses sentiments sans fard et en toute spontanéité. En voici quelques extraits auxquels nous avons ajouté ses propos sur le Gipam et aussi sur sa propre société, Copima.

Fervent promoteur du salon qu’il a fondé avec quelques-uns de ses pairs il y a seulement six ans, Mohamed El Housni a profité de notre question pour revenir sur ce qui fait l’ADN de M.A.T. et son originalité : « Nous ne voulions pas faire un salon comme Automechanika, tout d’abord parce que nous ne savions pas comment procéder et surtout parce que nous n’avions pas la possibilité de nous engager sur un événement de cette ampleur. Ce qui nous animait, c’était rendre compte de nos activités, des expériences des professionnels de la rechange et de la fabrication marocains, des gens qui font le même métier. C’est pourquoi, le modèle a séduit tout de suite au point que nous avons assisté à un plébiscite accru lors de cette édition qui avait affirmé sa spécificité. Sur le salon 2024, en effet, des entreprises qui restaient discrètes, ont décidé d’exposer, de se montrer. Pour nous, que tout le monde se retrouve sur l’objectif commun de mettre en avant notre filière et de travailler sur la professionnalisation, a procuré une grande satisfaction, une sorte d’accord pour nous signifier que nous allons dans le bon sens. Les statistiques du salon que nous avons communiqué sur le salon le prouvent aisément. » (A consulter dans les pages qui suivent, ndlr)

De grandes joies et quelques regrets

Lorsqu’on demande quelque temps après le show à un organisateur ce qui lui a procuré du plaisir, il prend le temps de disséquer les émotions qui l’ont assailli lors de l’événement. Mohamed El Housni n’échappe pas à la règle et nous commente : « Ce qui nous est apparu comme le plus gratifiant, c’est de voir qu’au-delà des exposants de la précédente édition, de nouveaux se sont joints aux premiers et se sont même précipités lors de la première réunion pour réserver un espace. A la suite de la conférence de presse, lors de la réunion qui s’en est ensuivie, 48 h après, plus de 50 % des m² prévus étaient déjà réservés et pour la plupart par des professionnels qui n’avaient pas exposé auparavant. C’est vraiment ce qui m’a frappé »

« L’autre aspect que je veux souligner, c’est la volonté affichée des membres de ne pas se contenter d’un stand banal mais de le préparer bien en amont pour qu’il soit le plus attractif possible et reflète bien les entreprises exposantes. Presque toutes les sociétés ont tenu à investir pour offrir aux visiteurs de beaux stands dans un beau salon, un petit salon mais un beau salon. J’ai toujours milité auprès des futurs exposants pour leur faire comprendre que c’était le moment ou jamais de montrer ses capacités, ses compétences, pour offrir le meilleur accueil et répondre aux attentes de ses invités. Un visiteur est mis en valeur par les attentions qu’on lui porte et se sent respecté. C’est capital. »

Et Mohamed El Housni de renchérir : « Dans un salon comme le nôtre, deux rôles s’offrent à nous. Le premier et le plus important consiste à toucher nos clients, à leur présenter nos dernières innovations en termes de produits comme en ternes de services, à comprendre leurs attentes pour les combler sur le moment ou plus tard, à discuter, échanger, partager avec des professionnels que nous n’avons pas eu forcément l’occasion de voir chez eux ou chez nous. Sur le salon, l’âme de la relation se crée.

Parallèlement, nous devons placer tous nos efforts dans la venue de nos fournisseurs pour de multiples raisons. Parce que nous les représentons et voulons leur montrer à quel point nous nous engageons dans notre part du travail et qu’ils peuvent nous faire confiance. Dans le même esprit, on facilite leurs échanges avec nos propres clients pour qu’ils échangent sur les meilleures façons de proposer le produit. Un produit que nous, distributeurs, nous nous efforçons de placer dans le plus bel écrin sur le salon. Beaucoup de nos fournisseurs européens nous ont confié leur fierté de voir leurs marques autant mises en valeur, et de recevoir autant de questions constructives de la part des professionnels qui arrivaient en permanence sur les stands. »

Des regrets ?

Quand Mohamed El Housni se plaint, il en déroule, sans précautions oratoires, le sujet : « Quelque chose me dépasse et je m’en suis ouvert auprès de la CGM et du Ministère, à savoir qu’une ville aussi importante que Casablanca n’avait pas de parc des expositions dignes de ce nom. Des villes de moindre envergure disposent de lieux opérationnels et attractifs pour organiser des événementiels et nous, à Casa, nous ne pouvons pas bénéficier d’espaces adaptés et de belle ampleur pour organiser un salon alors qu’il n’y a pas une semaine dans cette ville qui ne voit d’expositions de produits se dérouler et ce dans des conditions indignes de leur importance. Beaucoup de beaux projets ont vu le jour à Casa, mais, curieusement, pas dans ce domaine plus que nécessaire dans une cité économique. Et c’est pareil à Rabat, ou à Tanger, où il s’avère plus que dommage qu’on ne mette pas en place des parcs, des espaces attractifs pour recevoir des gens ». (Note de la rédaction : j’ai bien proposé Essaouira avec sa future Cité des Sciences et de la Culture, signée par le grand architecte Oscar Niemeyer, mais le patron du M.A.T. a estimé que c’était trop loin de l’activité économique de l’Aftermarket… ndlr). « Avec des parcs des expositions dignes de ce nom, reprend-il, bien des problèmes disparaîtraient comme la gestion de la restauration pour ne citer que celui-ci ».

Succès également comme espace de rencontres et de formation…

Là où Mohamed El Housni reconnaît que le salon a pleinement et également rempli sa mission, c’est dans le cadre des échanges avec les associations de revendeurs et de réparateurs come il nous l’explique : « Nous devons souligner que les rencontres avec les associations de revendeurs et de mécaniciens ont été un succès pour nous. Nous avons tissé de bonnes relations avec elles, signé des accords entre distributeurs, revendeurs et réparateurs. Des idées sont nées pendant le salon, idées que nous sommes en train de mettre en place et c’est véritablement stimulant ! »

….Mais bémol sur les conférences thématiques

« Nous avons manqué cependant de discernement pour l’organisation des conférences thématiques qui accueillaient des interlocuteurs de très haut niveau. Les conférences ont bien eu lieu et leurs contenus se sont révélées très intéressants et porteurs d’informations primordiales pour la profession mais nous n’avons pas assez « battu le rappel » et préparé en amont des process pour que les professionnels soient plus nombreux à pouvoir les suivre. Ce n’est pas la bonne volonté qui manquait, loin de là, mais lorsque les clients arrivent en masse sur les stands, ceux qui les reçoivent n’ont plus la liberté d’aller écouter les conférenciers. Nous allons prendre des mesures de manière à ce que la prochaine édition règle ce problème et nous fasse bénéficier pleinement des tables rondes et des savoirs des intervenants. Nous étions tellement heureux des thématiques, des sujets, et des intervenants ayant accepté de participer que nous étions sûrs qu’il y aurait beaucoup de monde à se rendre aux conférences. On a juste oublié qu’il fallait mettre en place un système qui, permette aux uns et aux autres de se libérer pour pouvoir y assister. C’est ce qui montre notre passion et aussi, parfois, notre jeunesse dans ce métier d’organisateur de salon ! »

Déception sur le plan de l’implication des fabricants marocains

Choisir de privilégier les exposants nationaux se veut l’expression d’une politique bien marquée des membres du Gipam. Donner la plus grande importance aux marocains, et éventuellement aux fournisseurs européens, tout en ne cédant pas aux sirènes des asiatiques (pourtant générateurs de ressources non négligeables) relève d’une décision collégiale à laquelle on peut ou non adhérer. Mais elle existe et doit être respectée. C’est pourquoi, lorsque ceux qui devaient être privilégiés par ce choix ne répondent pas à l’invitation, cela provoque quelques déceptions. Il en est ainsi pour le manque d’entrain des fournisseurs marocains pour lesquels un pavillon avait été réservé ainsi que des conditions d’exposition particulièrement favorables, manque d’entrain qui laisse un arrière-goût amer chez le président du salon ainsi qu’il nous l’explique : « Lorsque nous avons annoncé l’édition de 2024, nous avions l’ambition de donner une grande visibilité à nos fabricants nationaux, ce qui est dans la raison d’être du Gipam également. Nous avons fait en sorte que le fabricant sente tout l’intérêt qu’il avait à être présent, à exposer ses produits, parce qu’il était important pour nous de mettre en valeur ce qui se fabrique dans notre pays et des produits que nous distribuons aussi. Je ne comprends toujours pas pourquoi, nous avons reçu un accueil aussi timoré de leur part, car à part un ou deux, ils ne sont pas venus. Vous évoquiez le fait de ressentir parfois des regrets après une manifestation même très réussie, celui-là en est un majeur et cela ne m’a pas fait plaisir à titre personnel, car je me suis beaucoup investi pour que nos fabricants locaux soient présents. Pour vendre un produit, il faut qu’il soit visible et attirer l’attention des acheteurs potentiels. Là c’est un peu comme si la mariée devait aller demander au garçon de l’épouser alors qu’on peut supposer que c’est l’inverse qui se joue. Nous nous attendions plutôt à une demande leur part de participer de manière forte à un salon de la profession pour qu’il n’y ait pas que des distributeurs. En tant que distributeurs, nous nous sommes rendu compte que beaucoup de marocains utilisaient des pièces de rechange sans savoir qu’elles avaient été fabriquées localement, y compris même du côté des mécaniciens ! D’où notre déception ! »

Et de renchérir : « Nous avons demandé une réunion auprès de l’AMDIE mais cela n’a pas fonctionné. Ce qui me désole particulièrement, c’est que les fabricants locaux ne cessent de nous reprocher de ne pas acheter chez eux. Je crois qu’il faut être cohérent et montrer au marché marocain qu’on existe et qu’on peut répondre à nombre de leurs demandes. On pensait qu’ils seraient les premiers à se déclarer pour exposer et nous avons échoué, d’autant plus que d’autres professionnels étaient censés être bien plus difficiles à aller chercher comme l’AIVAM, dont les professionnels ne sentent pas concernés par un salon de la pièce de rechange alors qu’ils commercialisent les produits, qu’ils sont actifs sur la réparation, utilisent des équipements de garage, en bref, qu’ils appartiennent au même écosystème que le nôtre. Vendre des voitures ne constitue pas une fin en soi ni une raison de ne pas se mêler aux autres distributeurs…. Nous étions là aussi demandeurs d’exposants qui parleraient aux visiteurs de l’après-vente des constructeurs. Lorsqu’on voit les marques de réparation des constructeurs nous n’avons aucun doute sur la volonté de leur part de prendre de la place sur le marché de l’après-vente ! Qu’on ne se leurre pas, je ne milite pas pour que le M.A.T. bénéficie de plus d’exposants pour gagner plus d’argent ! On en gagne mais ce n’est pas le principal. Si nous avions voulu accroître nos gains, il nous aurait suffi d’accueillir les asiatiques que nous avons refusés. Nous militons, au contraire, pour offrir aux marocains, réparateurs, mécaniciens, peintres, distributeurs revendeurs, fabricants, concessionnaires, équipementiers, écoles, formateurs, institutions etc. un espace d’exposition, et d’échanges constructif et attractif. » Et de rebondir : le salon M.A.T. était déjà rentable lors de la précédente édition et nous avons décidé d’investir dans des bureaux pour notre organisation Gipam plutôt que de payer des loyers. Nous sommes tous co-propriétaires, c’est une réalité et c’est la preuve que nous avons réussi notre salon et la plupart de nos missions ».

« Le GIPAM » va bien !

Président du M.A.T. Mohamed El Housni est aussi ou d’abord celui du GIPAM, raison pour laquelle nous avons profité de l’opportunité de ce compte-rendu informel sur le salon pour parler du GIPAM et de ses avancées sur la professionnalisation du secteur. Après avoir annoncé que « le GIPAM va bien, », le patron a tout de suite reconnu qu’il y avait encore beaucoup de chemin à faire, et que cela passait par toujours plus d’échanges avec les membres, plus de rencontres avec les institutionnels. « Nos relations progressent de manière satisfaisante avec le ministère, avec le CETIEV, avec IMANOR et nous en sommes heureux. Certes, cela prend beaucoup de temps et lorsqu’un accord prend forme, il faut compter avec le temps de mise en place avec les administrations, c’est long, fastidieux mais nécessaire, car on ne change pas de process sans avoir tout validé. Je pourrais vous donner l’exemple du COC »

Le COC, par et pour les distributeurs !

Si le COC ne vous dit rien et que vous êtes importateur distributeur, vous risquez d’essuyer quelques problèmes, heureusement le GIPAM est là pour vous aider. « En effet, précise Mohamed El Housni, jusqu’à présent, l’importation passait par deux éléments distincts, le contrôle avec les organismes certificateurs comme TUV ou Veritas, et les documents attestant de la fabrication par les équipementiers – auxquels il faut ajouter les contrôles sur place des produits marocains par le Maroc. Ce document « COC » n’est autre qu’un certificat attestant de la fabrication par un professionnel, document obligatoire établi par le ministère du commerce et à remplir par le fournisseur. L’importateur n’avait pas de rôle à jouer pour l’obtention de ce certificat jusqu’en 2024 où la responsabilité de réclamer le certificat s’est reportée sur l’importateur. A lui de le réclamer, de le faire remplir par le fournisseur et de l’enregistrer sur une plate-forme sur Internet. C’’est ainsi que trois catégories se distinguent ou trois « routes », Route A « ne fabrique pas » », Route B « fabrique et achète », Route C « ne vend que ce qu’il fabrique ». Pour ces deux dernières, la validité du certificat est d’une année. » – Voir l’encadré plus précis et évitant les erreurs de compréhension et de transcription de Rechange Maroc- Ce qu’il est important de retenir, c’est l’obligation pour l’importateur de réclamer le certificat et de le soumettre. Bien que la plateforme de transcription existe, il n’est pas toujours facile aux importateurs de se plier à ces nouvelles contraintes. C’est pourquoi, le GIPAM se met au service de ses membres pour les aider à remplir ce type de document comme celui d’EUR 1 (voir encadré) qui peut présenter des difficultés quand un produit est fabriqué à 80 % en Europe et à 20 % dans un pays non européen qui ne bénéficie pas de cet accord avec la communauté européenne. Notre travail s’axe véritablement dans l’accompagnement de nos membres pour les aider à se mettre en conformité avec les administrations, comme les ministères et les Douanes etc.

Salamatouna poursuit sa course !

Sur le salon, il a été question de Salamatouna, du nombre croissant d’entreprises accédant à la certification ISO 9001 de manière à obtenir le précieux sésame de Salamatouna : « Nous avons accueilli de nouveaux membres pendant le salon et nous avons organisé une réunion à laquelle plus de 50 personnes étaient présentes. Rappelons que sur 31 certifiés Salamatouna, 30 sont membres du Gipam et deux revendeurs. Bien que l’objectif ne fût pas de parler à nouveau de Salamatouna, il en a été question et surtout de la question de transposer jusqu’aux revendeurs cette directive. Certes, on ne demande pas aux détaillants les mêmes obligations qu’aux importateurs, comme ISO 9001, ce qui n’aurait pas de sens, mais d’adhérer à un mouvement de professionnalisation. C’est ainsi qu’il y a des règles à suivre et des conseils comme d’afficher l’adhésion au label sur la vitrine ou dans le magasin afin d’indiquer aux clients que le produit est de qualité et que les fournisseurs sont identifiés, certifiés et validés par les institutions. Salamatouna se veut une sorte d’assurance que le certificat affiché confirme. C’est pourquoi, le GIPAM organise des réunissions avec les associations de revendeurs et de mécaniciens pour qu’ils soient sensibles au fait d’acheter une pièce qualifiée, et du bénéfice qu’ils peuvent en tirer en termes de crédibilité, de garantie, d’assurance qualité auprès de leurs clients. Il est plus rassurant d’aller acheter une pièce Salamatouna, cela doit être une règle ! Et je terminerais en disant que cela fait sens également au niveau du consommateur qui ne sait pas forcément vers quel produit, ou quel professionnel se diriger. Avec le label, il est sécurisé et sera aussi impliqué dans l’exigence de qualité du secteur ».

Propos recueillis par Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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