Aziz Dich, Trésorier du GIPAM, Commissaire du salon MAT, et responsable du développement de Capram

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Interviewer Aziz Dich, c’est un peu faire le tour des grands enjeux de la profession et de la professionnalisation du secteur. Ayant passé de longues années à défendre les intérêts d’un équipementier international, il s’est aussi investi dans la création du Gipam aux côtés de Mohamed El Housni (nouvellement réélu comme Président après le mandat de Driss Guennoun) et bien sûr dans l’organisation du salon Moroccan Automotive Technologies, M.A.T., où il a été nommé par le bureau du Gipam comme commissaire. Tour d’horizon.

Autour du GIPAM…

Pouvez-vous nous faire un « bilan » du Gipam, puisque vous avez été trésorier, puis administrateur puis, à nouveau, trésorier dans le nouveau bureau ?

Il faut rappeler les circonstances de la création du Gipam. A l’époque, en 2016, nous avons constitué un petit groupe de professionnels de la distribution de pièces de rechange indépendants, afin de nous dissocier de l’Amica où nous estimions ne pas être représentés à notre juste valeur. Il nous fallait sortir l’écosystème des indépendants de l’aftermarket automobile de ce Groupe. Nous souhaitions défendre notre profession et nos métiers et au sein de l’Amica, nous n’étions pas prioritaires. Surtout, les intérêts des membres de l’Amica pouvaient diverger. C’est pourquoi, nous avons fondé, sous la houlette de Mohamed El Housni le Groupement Interprofessionnel des professionnels de l’automobile au Maroc, une association regroupant les importateurs, distributeurs de pièces et aussi, bien sûr les fabricants de pièces à destination de l’après-vente…

Quelles ont été les principales orientations prises par le Gipam au moment de la création ?

Dès le début, il s’est agi de travailler sur notre représentativité, la raison effective de notre départ. Il nous fallait asseoir l’association au niveau de l’administration, qui ne voyait pas à ce moment-là la nécessité d’avoir deux associations de professionnels liés à l’automobile. Ils ne reconnaissaient que l’Amica puis, lorsqu’ils se sont rendu compte, grâce à notre communication vis-à-vis d’eux, que le secteur de l’Aftermarket était bien différent de celui de la fabrication des pièces automobiles de première monte, ils ont commencé à nous écouter. Le fait qu’on regroupe les professionnels de la vente de pièces de rechange, un organisme qui défendait des métiers différents, a beaucoup fait pour étoffer notre crédibilité. L’administration a pris en compte le fait que nous n’étions pas un commerce ordinaire mais un commerce qui présentait des spécifications importantes (ne serait-ce que par rapport à la technicité nécessaire) et une grande responsabilité auprès des consommateurs. Il faut savoir que les commerciaux de notre profession sont avant tout des technico-commerciaux !

Dans le prolongement de nos actions de représentativité, nous avons lancé le M.A.T. une vitrine de nos métiers par la mise en valeur de ses représentants les distributeurs, des professionnels. Nous nous sommes aussi, rapprochés des réparateurs, des MRA, des spécialistes du refroidissement et des lubrifiants au Maroc. Avec un objectif : une association qui se met en conformité des exigences internationales.

Etes-vous satisfait de l’évolution du Gipam pendant ces années ?

Comment ne pas l’être ? Nous existons au niveau des ministères et de l’administration, et nous avons su attirer d’autres membres au point de passer de 12 à l’origine et d’atteindre les 70 aujourd’hui. Je crois pouvoir dire que tout ce qu’entreprend le Gipam donne envie ! Les professionnels viennent et veulent participer. Si l’on devait illustrer l’investissement de chacun dans l’association, je citerais l’achat du siège du Gipam. Presque tout le monde a participé à l’achat des locaux, donnant un signe fort de la confiance en l’association et de l’esprit de corps des membres, car on n’investit pas dans un domaine auquel on ne croit pas.

Qu’est-ce qui vous a marqué pendant cette période ?

Plusieurs actions sont à signaler à commencer par l’accompagnement de l’administration dans Salamatouna. J’ajouterais que le fait de pouvoir participer aux décisions d’IMANOR en donnant notre avis et en fournissant des éléments d’appréciation de notre profession nous a beaucoup plu. L’aval de l’administration pour le M.A.T. ainsi que la visite du Ministre sur le salon ont eu un effet important sur la profession qui s’est sentie reconnue et a apprécié la confiance que leur faisaient l’administration et leur Ministre de tutelle.

Autour du M.A.T.

Commissaire du salon Moroccan Automotive Technologies, nommé par le bureau du Gipam est un honneur et aussi une source d’engagement fort. Pouvez-vous nous en parler ?

La première édition du M.A.T. avait vocation à être une vitrine de notre profession afin de montrer que nous représentions plusieurs métiers et des milliers de professionnels, ce que l’on oublie trop souvent. C’était une première expérience et nous n’étions pas très rassurés quant à son succès. Pourtant, dès l’origine, nous avons eu une centaine d’exposants pour une surface de 1 200 m², nous avons ainsi obtenu beaucoup plus que ce à quoi l’on s’attendait et les retentissements ont été à la hauteur : nous avons su faire envie à ceux qui étaient hésitants et renforcé les membres dans leur désir de travailler ensemble. Dès la deuxième édition, les effets se sont fait sentir puisqu’on a eu 180 exposants pour 2 200 m² couverts. Et nous espérons bien doubler le nombre d’exposants comme le nombre de m² pour l’édition de décembre 2024 !

Qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué en positif dans cette seconde édition ?

La qualité des stands a vraiment été révélateur de l’envie des exposants de se présenter comme des acteurs de premier plan dans le domaine de l’après-vente automobile. Cela, corrélé à l’engagement très fort des distributeurs, a joué un rôle considérable pour la représentativité du secteur. Il faut savoir que les importateurs se sont mobilisés pour faire venir leurs fournisseurs équipementiers dont de très nombreux acteurs étaient présents et ont participé par des animations, des formations, des présentations au salon. Tout l’écosystème de l’automobile était présent et le résultat en a été l’illustration : 12 000 visiteurs dont 95 % de professionnels ; le salon s’est affirmé comme un rendez-vous professionnel incontournable. Nous avons vu ainsi des industriels, des constructeurs, des pétroliers, des pneumaticiens, des logisticiens, des MRA et des distributeurs, des organismes institutionnels et des banques, le secteur des services etc. Sans compter l’internationalisation du salon qui s’est traduite par la venue de nombreux européens, de turcs, d’asiatiques ou encore de professionnels du Golfe. En conclusion, le M.A.T prend de l’ampleur et fait du bruit à l’international.

Avez-vous des regrets, des points que vous voudriez voir améliorer ?

Les principaux messages que l’on a reçus qui exprimaient des regrets portaient sur l’implication des fabricants marocains. Beaucoup d’acteurs de la distribution et de la réparation souhaiteraient voir plus de fabricants présents afin que nous soyons, également, plus attentifs à leur production de manière à les accompagner davantage. L’idée majeure qui en ressort consiste à voir le salon devenir une réelle plateforme de la pièce de rechange en allant chercher les pays du nord pour exposer et les pays du sud pour constituer un visitorat important. Faire du salon un carrefour de la pièce de rechange international est devenu l’objectif commun des professionnels qui voudraient qu’on communique davantage sur la position stratégique du Maroc dans la région, sur le rôle de passerelle que le pays peut jouer entre le nord et le sud concernant la plateforme de la pièce automobile.

Comment se dessine la prochaine édition ?

Mon sentiment personnel penche vers un doublement de la surface et du nombre d’exposants. C’est aussi le ressenti que nous avons tous en voyant l’accueil que nous réservent les acteurs de la pièce quand on les interroge sur ce sujet. Notre objectif mais c’est celui de tous les organisateurs de salon, je crois, c’est de tout mettre en œuvre pour que le salon soit mieux organisé, que les emplacements soient mieux pensés de manière à réunir les métiers et faciliter la visite des professionnels. Nous envisageons ainsi d’établir une répartition spatiale des stands par métier.

Parallèlement, nous comptons sur l’assistance de notre ministère de tutelle pour nous aider à drainer aussi les équipementiers de rang un, tout l’écosystème des fabricants OEM qui témoignerait de la montée en puissance du Maroc dans le secteur automobile. Ce serait, également, une incitation à venir plus forte pour les fabricants aftermarket marocains. Nous croyons dans le Made in Morocco et la distribution souhaite s’investir davantage auprès des fabricants nationaux. N’oublions pas que le Made in Morocco est un projet étatique que nous sommes les premiers acteurs à soutenir en médiatisant leurs productions et leurs métiers, pas seulement pour en commercialiser les produits mais encore plus sûrement en incitant les professionnels de la rechange à se lancer dans la fabrication de pièces de rechange. Nous sommes convaincus que les grands distributeurs qui maîtrisent bien la pièce de rechange peuvent devenir des fabricants, des sous-traitants des constructeurs ou d’autres équipementiers.

Nous sommes sur les rails et donnons rendez-vous à toute la profession pour cette troisième édition, du 14 au 17 novembre 2024 !

Hervé Daigueperce

Hervé Daigueperce
Hervé Daiguepercehttps://www.rechange-maroc.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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