Mon histoire avec des plaquettes de frein contrefaites…

Mon histoire avec des plaquettes de frein contrefaites…

En ce début d’année 2018, quoi de neuf auprès des revendeurs de la pièce de rechange au Maroc ? Rien de vraiment croustillant, si ce n’est que certains revendeurs continuent toujours autant à exposer les consommateurs aux dangers des pièces de rechange contrefaites !
Je vais d’ailleurs en profiter pour vous parler de mon expérience personnelle à ce sujet.

Il y a deux semaines de cela, je remarque que mes freins à disques produisent un grincement des plus bizarres. Je contrôle mes plaquettes de frein et je constate qu’elles sont plus fines qu’une lame de rasoir. Il est plus que jamais temps de les changer. La marque de ma voiture est japonaise (Une Mitsubishi Pajero de 2009). Je me dirige donc naturellement vers l’un des meilleurs revendeurs de pièces de rechange asiatiques ayant pignon sur rue à Casablanca afin de me ravitailler en plaquettes flambant neuves : celles-ci me sont facturées 450 DH. Un petit tour du côté de mon garagiste préféré et une petite heure plus tard mes nouvelles plaquettes sont installées.

Tout le monde pourrait penser que l’histoire s’arrête ici, mais pas du tout ! Le petit grincement bizarroïde ne disparaissait toujours pas et les nouvelles plaquettes continuaient à faire autant de bruit que les anciennes. Je me suis alors dit qu’il fallait peut être attendre un peu qu’elles soient suffisamment rodées et que l’usure allait très probablement se charger de faire baisser progressivement tous ces affreux décibels. J’avais même trouvé une solution pour tenter d’ignorer la ridicule symphonie métallique produite par mes plaquettes de frein : celle de pousser un peu plus fort le volume de mon autoradio ! Mais le bruit ne s’atténuait pas : au contraire, quatre jours plus tard, il devenait de plus en plus entêtant et même quasiment assourdissant. Pire encore, je commençais à ressentir de drôles de vibrations dans l’habitacle à chaque fois que je sollicitais la pédale de frein. J’effectue un contrôle visuel et, à ma grande surprise, je m’aperçois que les plaquettes « neuves » qui venaient d’être changées il y a moins d’une semaine étaient déjà complètement laminée et usées ! Je n’en revenais pas : je n’avais même pas parcouru 500 kilomètres avec !

Surprise et désillusion !

Je décide donc de ramener mon colosse aux freins d’Achille une nouvelle fois chez le garagiste. Le diagnostic est sans appel : « plaquettes mortes » ! Ce dernier m’apprend aussi que, parfois, certains revendeurs, pas très honnêtes, s’amusaient à fournir aux consommateurs des pièces de rechange automobiles contrefaites. Peut être bien, mais mon revendeur figure tout de même parmi les meilleurs de Casablanca. Comment est-ce possible ? Furieux, je vais voir mon revendeur et je lui dépose sous le nez les plaquettes soit disant neuves et qui sont devenues anciennes en moins d’une semaine ! Ce dernier me répond que c’est impossible que des plaquettes s’usent aussi vite en si peu de temps. Je lui rétorque que, si c’est le cas, c’est bien de sa faute car il doit probablement vendre des plaquettes contrefaites et non homologuées. Je lui parle du nouveau label Salamatouna en lui expliquant que je pourrais le dénoncer tout bonnement et que, dans ce cas, cela pourrait nuire fortement à sa réputation. Je lui parle également du magazine Rechange et de ma qualité de journaliste.

Esbrouffe…

Je n’avais pas fini mon discours que le visage de mon revendeur s’illumine d’un radieux sourire de commercial. Il me propose soit de rembourser mes plaquettes, soit de me les remplacer par d’autres neuves d’une marque très connue et sans que je n’aie à rajouter le moindre centime. Je repars donc satisfait avec de nouvelles plaquettes de marque supérieure sous les bras, mais je demeurais sceptique toutefois avec la tête pleine de questions : comment un revendeur aussi connu pouvait disposer, dans son stock, de pièces de rechange de qualité aussi médiocre ? Qui l’a fourni en pièces contrefaites ? Comment et pourquoi les a-t-il achetées pour les revendre, au risque de nuire à sa réputation ? Qui contrôle vraiment la qualité des pièces de rechange qui sont vendues au marocain ? Le mystère n’est pas encore près d’être éclairci…

  Mohamed Mounadi

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